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Moyen-orient

Gilad Shalit de retour chez lui, les détenus palestiniens accueillis en héros

Vidéo par Clovis CASALI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 19/10/2011

Après cinq ans de captivité, le soldat israélien Shalit est rentré dans son village. Quant aux 477 ex-prisonniers palestiniens, ils ont été acheminés vers la Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-Est, la Turquie, le Qatar ou la Syrie.

AFP - Le soldat israélien Gilad Shalit a été libéré mardi en échange d'un premier contingent de 477 prisonniers palestiniens, plus de cinq ans après son enlèvement à la lisière de Gaza qui a déclenché un cycle de violences meurtrières entre Israël et le Hamas.

Le sous-officier de 25 ans a regagné dans l'après-midi le village de Mitzpé Hila, en haute Galilée (nord d'Israël), où vit sa famille, quelques heures après avoir été transféré par le Hamas en Egypte, qui a joué les médiateurs dans ce dossier.

Gilad Shalit, qui a aussi la nationalité française, est arrivé dans le village sous les

acclamations et des jets de fleurs des habitants et de sympathisants, selon un journaliste de l'AFP sur place. "Gilad est à la maison sain et sauf", ont-ils chanté, s'embrassant mutuellement.

Tout sourire, il a gagné le village au milieu d'un convoi de la police militaire, après avoir atterri dans un champ voisin à bord d'un hélicoptère de l'armée.

"Comme il est bon que tu sois rentré à la maison", lisait-on sur les façades des maisons et les arbres de Mitzpe Hila.

"Je me sens en bonne santé" après ces "longues années", a affirmé Shalit dans sa première déclaration faite à la télévision égyptienne.

Il a tenu à remercier tous ceux qui ont participé à son élargissement, ajoutant: "Ma famille m'a beaucoup manqué, mes amis aussi". Il a aussi dit espérer que sa libération contre celle de centaines de Palestiniens "aiderait à réaliser la paix".

"Aujourd'hui, nous sommes les témoins de la résurrection d'un fils. Aujourd'hui nous finissons un long et exténuant voyage qui a commencé en juin 2006", s'est réjoui son père Noam Shalit, qui a fait inlassablement campagne pour le faire libérer.

Plusieurs habitants de son village ont éclaté en sanglots à l'apparition de ses premières images à la télévision, le montrant lors de son transfert de Gaza vers l'Egypte.

Shalit est ensuite arrivé en Israël où il a retrouvé ses parents dans la base aérienne de Tel Nof (sud), en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu, du ministre de la Défense Ehud Barak et du chef de l'état-major, le général Benny Gantz.

"Bonjour Gilad, bienvenue pour ton retour en Israël. C'est bon de t'avoir à la maison", lui a dit M. Netanyahu citant les paroles d'une chanson populaire.

M. Netanyahu a promis qu'Israël "continuerait à combattre le terrorisme. Tout terroriste qui reprendra ses activités, que le sang lui retombe sur la tête".

En acceptant de relâcher 1.027 prisonniers, dont beaucoup impliqués dans des attaques meurtrières, Israël a consenti à payer le prix proportionnellement le plus élevé pour récupérer un seul de ses soldats. C'est la première fois depuis 26 ans qu'un soldat israélien capturé est ramené vivant dans son pays.

Capturé par un commando palestinien le 25 juin 2006 en lisière de la bande de Gaza, le soldat a été échangé contre un premier groupe de 477 Palestiniens --en majorité des condamnés à perpétuité-- dont 27 femmes.

Un second groupe de 550 détenus palestiniens doit être libéré dans les deux mois, conformément à l'accord conclu le 11 octobre entre Israël et le Hamas.

Au lendemain de son enlèvement, Israël avait lancé une vaste opération dans la bande de Gaza qui avait fait plus de 400 morts palestiniens et décrété une série de sanctions contre le territoire palestinien.

Ces sanctions ont été renforcées lorsque le Hamas, près d'un an après la capture de Shalit, a pris le pouvoir à Gaza au détriment de l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.

Fin 2008, Israël a lancé une nouvelle offensive à Gaza avec l'objectif affiché de mettre fin aux tirs de roquettes sur son territoire par les groupes armés palestiniens. Quelque 1.400 Palestiniens, essentiellement des civils, et 13 Israéliens, pour la plupart des militaires, ont été tués.

Juste après l'annonce du transfert de Shalit en Israël, les premiers prisonniers ont été relâchés en Cisjordanie et dans Gaza, accueillis par les dirigeants palestiniens et leurs proches au milieu de scènes de liesse.

Un convoi de huit bus transportant 300 prisonniers libérés est entré à Rafah dans la bande de Gaza, venant d'Egypte. Des centaines de leurs proches et des dignitaires, dont le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, les ont accueillis avant qu'ils ne se rendent à Gaza où 200.000 personnes les attendaient selon le Hamas.

En Cisjordanie, un convoi de plusieurs autobus transportant des Palestiniens libérés est arrivé à Ramallah, où les ex-détenus ont été salués par le président Abbas.

Sur les 477 prisonniers, 133 ont été autorisés à retourner chez eux à Gaza, 117 en Cisjordanie et 15 à Jérusalem-Est. En revanche, 204 Palestiniens sont bannis: 164 vers Gaza et 40 vers l'étranger (Turquie, Qatar et Syrie).

Onze d'entre eux, dont une femme, sont arrivés dans la nuit de mardi à mercredi en Turquie, selon Ankara qui a souligné sa "contribution très importante" à la libération du soldat.

"Les efforts de l'Egypte, qui ont contribué au succès de l'accord d'échange de prisonniers, font partie de son soutien aux efforts pour la stabilité et la sécurité dans la région", a déclaré de son côté le Premier ministre égyptien Essam Charaf.

Au Caire, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a remercié l'Egypte pour sa médiation et proposé à M. Abbas de le rencontrer pour faire avancer la réconciliation palestinienne bloquée depuis des mois.

A Paris, le président Nicolas Sarkozy a exprimé l'"immense soulagement" de la France, tout en indiquant que pour considérer le Hamas comme un interlocuteur, "il faudra plus que la libération de Gilad Shalit".

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a salué "la fin de la longue épreuve" subie par Shalit. Toutefois, le département d'Etat a fait part à Israël de son "inquiétude" concernant notamment la dangerosité de certains Palestiniens libérés.



 

Première publication : 19/10/2011

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