Dernière modification : 19/10/2011 

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Manifestations record en Grèce contre un nouveau plan d'austérité

Alors que le Parlement grec examine un nouveau plan de rigueur dont l'adoption est prévue jeudi, plus de 125 000 personnes sont descendues dans les rues pour protester. Des violences ont éclaté en marge du cortège à Athènes.

Par Alexia KEFALAS , correspondante à Athènes (vidéo)
Dépêche (texte)
 

REUTERS - Une grève générale de 48 heures, la plus importante depuis des années, a débuté mercredi en Grèce et de violents affrontements se sont produits à Athènes entre forces de l'ordre et manifestants cagoulés devant le siège du parlement.

Malgré ce vaste mouvement de contestation, les députés, dont les 154 élus socialistes, ont adopté dans la soirée en première lecture un nouveau plan d'austérité. Ils devront encore se prononcer jeudi article par article.

Ce nouveau train de mesures comprend notamment une réduction des salaires et des retraites dans la fonction publique, une hausse des impôts, une suspension des accords salariaux de branche et l'instauration du droit de licenciement dans l'administration.

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La grève de 48 heures entamée mercredi concerne les administrations, les entreprises, les services publics mais également les commerces de détail.

Plus de 100.000 personnes sont descendues dans les rues d'Athènes.

"C'est l'une des plus grandes manifestations de ces dernières années. Les gens montrent qu'ils sont déterminés à manifester contre les politiques suivies", a témoigné une manifestante, Mary Bossis, professeur à l'Université du Pirée.

"Nous n'en avons pas fini avec les manifestations. Nous sommes arrivés à un point où les gens ont le sentiment que le gouvernement ne les représente plus, où ils veulent un changement radical", a-t-elle ajouté.

Impopulaire, le Premier ministre socialiste George Papandreou a réclamé le soutien de ses concitoyens sur sa politique d'austérité qu'il juge indispensable pour sortir la Grèce de son endettement.

Après deux ans de ce régime drastique, la colère était évidente mercredi chez les manifestants furieux non seulement contre leur propre gouvernement mais aussi contre les créanciers internationaux exigeant une telle politique d'austérité.

Cocktails molotov

"Qui essaient-ils de tromper? Ils ne nous sauvent pas. Avec ces mesures, les pauvres deviennent plus pauvres et les riches plus riches. Et bien je dis: 'Non merci. Je ne veux pas de votre aide'", a déclaré un fonctionnaire de 50 ans, Akis Papadopoulos, dans un défilé.

S'exprimant avant le vote, Nikos Kioutsoukis, l'un des responsables du syndicat du secteur privé GSEE, a jugé que les députés auraient dû rejeter les nouvelles mesures d'austérité "s'il leur reste encore un peu d'humanité, de décence, de fierté et d'esprit national".

Malgré le déploiement de plus de 7.000 policiers dans la capitale, des manifestants casqués et cagoulés, vêtus de noir, ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre qui ont riposté en tirant des grenades lacrymogènes place Syntagma, devant le parlement.

De violents affrontements s'étaient produits fin juin au même endroit lors d'une précédente manifestation.

Pour la première fois, les manifestants sont arrivés jusqu'aux marches de l'édifice, forçant les policiers à reculer. L'odeur des gaz lacrymogènes était perceptible à l'intérieur du parlement.

Au milieu des détonations provoquées par les grenades lacrymogènes, des colonnes de fumée noire provoquées par les cocktails Molotov se sont élevées sur la place. Après plusieurs heures de confrontation, la police a fini par vider la place mais des heurts se sont poursuivis dans des rues adjacentes.

Au moins sept personnes ont été hospitalisées et d'autres ont souffert de problèmes respiratoires, de brûlures légères ou de coups à la tête. Des affrontements ont aussi été signalés sur des avenues loin du principal rassemblement.

Au moins trois agences bancaires et trois hôtels ont été endommagés tandis que l'Acropole disparaissait derrière un nuage de fumée provenant d'amas de détritus en feu. Un bâtiment occupé par une banque a été évacué après avoir été incendié par des cocktails Molotov.

"La limite du supportable"

La police a aussi fait état de violences en Crète, où plus de 20.000 personnes ont manifesté contre l'austérité, et dans les villes de Thessalonique, Volos, Lamia et Patras.

Quelque 400 dockers se sont rassemblés à l'entrée du port du Pirée tandis qu'un millier de gardiens de prison se sont réunis devant le ministère de la Justice.

Les contrôleurs aériens ont décidé d'assouplir leur mouvement et d'observer un débrayage de douze heures seulement (de minuit à midi) pour ne pas pénaliser les voyageurs. Un porte-parole de l'aéroport d'Athènes a indiqué que 150 vols nationaux et internationaux avaient été annulés tandis que 16 vols ont été reportés.

Cette grève survient avant un sommet de l'Union européenne dimanche consacré à la crise de la dette souveraine dans la zone euro et à la question du déblocage d'une nouvelle tranche d'aide pour permettre à la Grèce de faire face à ses échéances financières au-delà du mois de novembre.

George Papandreou dispose d'une courte majorité de quatre sièges au Parlement mais il a réussi à maintenir la discipline au sein du groupe parlementaire du Pasok, dont les 154 députés ont voté en faveur de son projet.

Le malaise est pourtant perceptible chez les députés socialistes, dont un a démissionné lundi en signe de protestation contre l'austérité.

"Il est évident que la société a atteint la limite du supportable", a déclaré une députée Pasok, Elpida Tsouri.

Le ministre de la Réforme administrative, Dimitris Reppas, a pour sa part évoqué le sentiment d'isolement qui règne au sein du parti au pouvoir, se comparant à un homme "jeté aux lions". "Au gouvernement, on se sent comme des gens dans le Colisée, face au monstre de la dette, sous l'oeil de la foule dans les tribunes", a-t-il dit.

La Grèce qui connaît une troisième année de récession accuse une dette publique qui s'élève à 162% de son produit intérieur brut (PIB).

Commentaires (10)

Revoir la formule de calcul du PIB

Il convient de revoir la formule de calcul du PIB qui sert de grandeur pour mesurer le niveau d'endettement d'une nation. En effet le PIB d'une nation est la somme de richesses créées par ladite nation y compris celles créées par le secteur privé. Cependant, le rapport entre ledit PIB et la dette publique d'une nation qui détermine le niveau d'endettement de ladite nation est grandement captieux. Car il conduit les nations à se prévaloir d'une capacité d'endettement qui n'ont pas. Et ceci pour une raison fort simple, de fait, le PIB étant l'ensemble de la richesse créée aussi bien par le secteur public que le secteur privé conduit à un ratio qui traduit non seulement la capacité d'endettement public mais également celle d'endettement privé. C'est pourquoi nous suggérons aux économistes contemporains et aux politiques de faire la part entre la richesse créée par le secteur public et celle créée par le secteur privé. Autrement dit, faire la part entre le PIB d'une nation généré par le secteur public et celui généré par le secteur privé. De ce fait il serait plus juste de rapporter la dette publique au PIB généré par le secteur public afin de déterminer la capacité d'endettement de ladite nation. Et par là, éviter l'endettement démesuré des nations.

Mayotte

Un reportage aussi sur l'ile de Mayotte. Les manifestations se poursuivent contre la cherté de la vie. On a enregistré un mort aussi ce jour la le 19-10-2011.
Merci

la dette grecque est structurelle.

La dette publique grecque résulte d'une déficience de la capacité de production de l’État en tant qu'agent économique. Laquelle capacité n'est plus à même de générer autant de richesses pour résorber non seulement ses dépenses de consommations étatiques mais également et surtout ses dettes publiques. A partir de ce moment là le problème est plus structurel que conjoncturel, alors des mesures drastiques comme la réduction des dépenses de consommation, la privatisation (une pire des mesures car étant de nature à réduire la capacité de production de l’État, ce qui à moyen et long terme aggrave la situation d'endettement) ou l'augmentation des recettes fiscales ne sont pas de nature à remédier à la crise grecque car il ne s'agit pas "d'un phénomène de mode". Dès lors, penser à un accroissement des investissements productifs, c'est un début de solution.

No Way....

Est ce que ces rassemblements d'indignés de par le monde servent à quelque chose ? En commençant par la Grèce, en passant par l'Espagne et en atterrissant en Amérique, les leaders politiques, n'ont feront qu'a leurs têtes. Si la Grèce reste la partie visible de l'iceberg, le futur semble nous réserver pire. Dans moins de 3 mois, on sera fixé sur la France. Dans le cas où Moody's décide de dégrader l'hexagone, je me demande quelle tournure prendrait la situation en Europe?

@ ; heureusement le ridicule ne tue pas

Je n'ai pas lu tout tes messages qui sont d'un ridicule absolu, tu n'y connais visiblement rien du tout en économie. J'ai jute relevé une phrase au hasard dans un tes commentaires (que j'avais déjà lu ailleurs, tous les gens comme toi nous ressorte toujours la même rengaine quelque soit l'article sur lequel ils écrivent):
"Il laissera probablement une dette proche des 100% du PIB à la fin de sa présidence en 2012. Un tel niveau caractérise les pays du tiers monde ou... les pays en voie de tiers-mondisation."

^^Avais-tu mis tes lunettes de soleil avant de tenter ce coup de bluff? Visiblement non car ça ne marche pas.
Bon juste pour ton info les pays du "tiers monde" sont parmi les pays les moins endettés du monde (tout simplement parce que personne ne leur prête d'argent, c'est pas hyper compliqué à comprendre je pense) donc ton argumentation...
Les infos sur les pays les plus endettés tu les trouveras je pense en environ 3s en cherchant sur google et tu verras que la dette ne caractérise PAS DU TOUT les pays auxquels tu penses!!!

Indignons-nous!

Indignons-nous!

la grèce n'est que le début

Plus jamais ce gouvernement...
de toute façon NS nous a mis sur la voie de la dégringolade.
plus de retour possible.....les notes vont êtes baissées pour chacun des pays européens tour à tour... actuellement la France est un à taux d'endettement le plus élevé de l'europe= 1640 milliards d'euros; ce qui représente 40 milliards d'euros d'intérêts annuel.
La note de la France ne va pas tarder à être baissée après l'Italie et l'Espagne.. et ce sera 70 milliards d'intéret annuel....
l'europe va sombrer, et pour cela pas besoin de boule de cristal.
Quand vous lisez cela :http://www.syti.net/Agents.html, vous comprendrez que Hollande ne fera que poursuivre la même politique, avec plus de démocratie pour faire passer la pilulle.Vous vous êtes trompés de candidat PS... mais est il PS ?


la grèce, l'italie, l'espagne, la france, l'aeemagne..

L'endettement est un moyen pour réduire inexorablement les ressources financières des états, et donc leur capacité d'action, conformément au projet "libéral" qui vise à réduire les états à l'impuissance, afin de laisser un champ d'action maximal aux entreprises.

En appauvrissant l'état, l'endettement entraîne une réduction progressive du financement des services publics et des prestations sociales (retraites, assurance-maladie, assurance chômage), dont les déficits ou l'inefficience servent ensuite de prétexte pour présenter les privatisations comme une "solution".

De plus, l'accroissement de l'endettement permet d'amener le pays au bord de la faillite, afin de contraindre l'état à privatiser pour rembourser la dette, quelle que soit la couleur politique du gouvernement choisi par les électeurs. Ce n'est pas un hasard si ceux qui ont le plus endetté la France sont aussi les plus "libéraux": Edouard Balladur (avec Nicolas Sarkozy au ministère du budget) et Jean-Pierre Raffarin.

Président le plus "libéral" et le plus à droite, Nicolas Sarkozy a dépassé de loin les "performances" de tous ses prédécesseurs. En seulement 3 ans, il a réussi a faire passer l'endettement de 65% à 85% du PIB, pulvérisant les limites fixées par le "Pacte de stabilité" européen. Il laissera probablement une dette proche des 100% du PIB à la fin de sa présidence en 2012. Un tel niveau caractérise les pays du tiers monde ou... les pays en voie de tiers-mondisation.

La grèce, puis l'europe vont sombrer

Alain a tout compris, et pourtant pas simple d'échanger ici, car la censure sévit...
logique poursuite de l'organisation d'une crise voulue
tout était prévu :
Le LEAP 2020 (Laboratoire Européen d'Anticipation Politique) est un think tank européen de prospective qui avait annoncé dès 2006 une crise financière systémique et ses conséquences en chaine, en décrivant précisément les différentes phases de la crise et leur timing:
- phase 1: déclenchement (ce fut la crise des "sub primes")
- phase 2: accélération (extension à l'ensemble du système financier)
- phase 3: impact (transmission de la crise à l'économie réelle)
- phase 4: décantation (appronfondissement de la crise économique, récession mondiale)
http://blog.syti.net/index.php?article=96
le LEAP annonce désormais une 5è phase de "disloquation géopolitique mondiale" avec un risque de guerre civile...

Europe

La zone Euro va devenir un échec total, prévu d'avance.Cette zone Euro mise en place uniquement pour des gros financiers. Jamais, ces gens la ont pensé à la partie sociale des peuples, mais uniquement au frics.
Mais les variations des cours de la bourse leurs profite quand même.

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