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FRANCE

L'opposition appelle de nouveau à la démission de Bernard Squarcini

Texte par Dépêche

Dernière modification : 19/10/2011

De nombreuses voix se sont élevées pour réclamer le départ du chef des renseignements, mis en examen dans une affaire d'espionnage d'un journaliste. Bernard Squarcini, qui a admis les faits, explique avoir obéi à sa hiérarchie.

AFP - Le chef du renseignement intérieur Bernard Squarcini, dont l'opposition a encore réclamé le départ mardi au lendemain de sa mise en examen, a admis devant la justice avoir cherché à identifier une source du journal Le Monde, expliquant avoir agi après une demande de sa hiérarchie.

Selon les extraits de son audition publiés dans Le Monde, il a reconnu l'analyse par ses services des factures téléphoniques détaillées ("fadettes") du journaliste Gérard Davet. "Je fais ce que l'on me dit de faire avec les outils que l'on me donne", a expliqué lundi le directeur central du renseignement intérieur (DCRI) à la juge d'instruction Sylvia Zimmermann.

Selon Le Monde, la magistrate a estimé lors de cette audition que la défense de M. Squarcini n'était "conforme ni à la lettre ni à l'esprit de la loi".

Lundi, le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande avait le premier réclamé le départ de M. Squarcini, mis en examen notamment pour "atteinte au secret des correspondances" et "collecte illicite de données".

Sa concurrente écologiste Eva Joly lui a emboîté le pas mardi, pendant que les socialistes maintenaient la pression à l'Assemblée sur le ministre de l'Intérieur Claude Guéant.

Le Modem a jugé "moralement et politiquement indéfendable et inacceptable" le maintien de M. Squarcini, la présidente du FN Marine Le Pen suggérant qu'il aurait pu agir "sur ordre".

Comme François Fillon lundi, M. Guéant a de nouveau exclu mardi tout départ du directeur "remarquable d'un service qui est essentiel à la sécurité des Français", appelant au respect de la présomption d'innocence.

Le chef de la DCRI a expliqué à la juge avoir reçu en juillet 2010, alors qu'il était en Corse, un appel du directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, l'informant d'un article du Monde.

Péchenard bientôt entendu

Dès lors l'enquête de la DCRI est lancée, et il est décidé "de faire une vérification technique sur les +fadettes+" de Gérard Davet "sur quatre jours uniquement", selon l'extrait publié dans Le Monde.

Cette enquête avait été lancée hors de toute procédure judiciaire, le parquet de Paris ayant indiqué n'avoir été informé que début septembre 2010 des "vérifications techniques" réalisées par la DCRI.

Selon son entourage, M. Squarcini a expliqué à la juge que la décision d'analyser les "fadettes" avait été prise "d'un commun accord" avec son adjoint à la DCRI, Frédéric Veaux, et non avec M. Péchenard qui n'aurait donné aucune consigne quant aux moyens pour y parvenir.

"M. Péchenard a simplement demandé à M. Squarcini d'identifier la source qui avait violé le secret de l'instruction" dans l'affaire Woerth-Bettencourt, a expliqué à l'AFP l'avocat de M. Squarcini, Me Patrick Maisonneuve.

M. Péchenard est prochainement convoqué comme témoin assisté par la juge. En septembre, il avait assumé avoir demandé à la DCRI "d'identifier le haut fonctionnaire" susceptible d'être la source du Monde.

Fin juillet 2010, David Sénat, conseiller de la garde des Sceaux de l'époque, Michèle Alliot-Marie, avait été informé que les services secrets avaient acquis la certitude qu'il s'agissait de lui, selon son récit paru dans le livre "Sarko m'a tuer". Il avait été relevé de ses fonctions.

Me Maisonneuve s'est étonné que Le Monde, qui a accès aux pièces du dossier en tant que partie civile, ait été en mesure de publier des extraits des PV d'audition aussi vite et a dit envisager une plainte pour violation du secret de l'instruction.

Première publication : 19/10/2011

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