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EUROPE

Deuxième jour de grève générale à Athènes

©

Vidéo par Aude SOUFI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 20/10/2011

La Grèce a vécu un deuxième jour de grève générale marqué par des affrontements entre policiers et manifestants. Alors que les députés doivent voter le plan d'austérité approuvé hier, les médias grecs ont annoncé la mort d'un homme blessé à la tête.

REUTERS - Des affrontements entre groupes de jeunes cagoulés et simples manifestants ont éclaté jeudi lors du rassemblement contre l'austérité devant le Parlement grec, à Athènes.

Plus de 60.000 personnes, selon la police, s'étaient rassemblés depuis le début de la journée, avant le vote par les députés d'un nouveau train de mesures contre l'austérité.

Sous le regard de la police, des centaines de jeunes ont jeté pierres et cocktails Molotov sur les manifestants rassemblés derrière la bannière du PAME, le syndicat communiste qui privilégie les rassemblements organisés et pacifiques.

Au moins six personnes ont été blessées et secourues par des secouristes bénévoles. L'ambiance était restée calme jusqu'à ces affrontements, sous les vitres des hôtels de luxe de la place Syntagma. Mercredi déjà, les manifestations avaient tourné à
l'affrontement avec les forces de l'ordre.

De nombreux protestataires présents jeudi portaient des masques chirurgicaux pour se protéger des gaz lacrymogènes.

Les parlementaires grecs devraient donner leur feu vert dans la soirée à cette nouvelle cure de rigueur pour résoudre la sévère crise de la dette grecque.

Le texte prévoit une réduction de 20% des salaires de la fonction publique et un abaissement du seuil du niveau d'imposition.

"Ce n'est pas un jeu"

"Vous devez adopter la loi avec toutes ses dispositions", a dit le miistre des Finances, Evangelos Venizelos, aux députés. "Ce n'est pas un jeu. Si quiconque pense pouvoir tester notre marge de manoeuvre, il se trompe."

Le gouvernement de coalition peut compter sur une majorité de 154 sièges sur 300 au Parlement.

Deux élus de la coalition au pouvoir avaient assuré qu'ils voteraient contre le texte mais ils ont changé d'avis à l'issue d'un bras de fer avec les dirigeants du Parti socialiste (Pasok)
au pouvoir.

"Mais c'est la dernière fois. Je me bats avec ma conscience", a dit le député Vasso Papandreou. "Trop c'est trop, la société désespère, le pays s'effondre", a-t-il lancé sous les applaudissements de ses collègues.

Un député est encore réticent à voter cette nouvelle cure de rigueur mais sa voix seule ne devrait pas suffire à empêcher son adoption.

Ce texte vise à montrer la détermination des autorités grecques avant le sommet européen de dimanche, au cours duquel sera discuté le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide.

Dans son projet de rapport, la "troïka" des bailleurs de fonds de la Grèce (Union européenne-Banque centrale européenne-Fonds monétaire international), recommande de verser dès que possible à Athènes une sixième tranche d'aide dès que les réformes "en matière de consolidation budgétaire, de privatisation et de réforme du marché du travail" auront été adoptées.

"Aujourd'hui, nous devons armer le Premier ministre (George Papandreou) avant des négociations qui diront si la Grèce peut payer les salaires et les retraites, l'essence et les médicaments, si elle peut continuer à être membre de l'Union européenne", a dit la ministre de l'Education, Anna Diamantopoulou.

Mobilisation en baisse

Les observateurs s'attendent à voir la rue continuer à manifester son mécontentement, les Grecs ayant le sentiment que la cure d'austérité exigée touche les plus démunis sans affecter les fraudeurs et les hommes politiques jugés corrompus.

"Les gens ont adressé mercredi le message que la limite a été atteinte, qu'ils ne peuvent pas supporter plus d'austérité", dit Theodore Couloumbis du cercle de réflexion Eliamep. "Toutefois, ce genre de manifestations ne pourra pas renverser le gouvernement. Je ne vois pas ça se produire maintenant".

La grève générale de deux jours est l'une des plus importantes depuis le début de la crise de la dette en Grèce, il y a deux ans. Mercredi, le pays était paralysé 100.000 personnes au moins ont défilé dans les rues d'Athènes.

Un porte-parole du syndicat GSEE représentant le secteur privé a reconnu que le nombre de grévistes avait quelque peu diminué jeudi, un certain nombre d'employés ne pouvant se permettre de perdre une seconde journée de salaire.

Les magasins ont rouvert mais les ministères, les écoles et d'autres bâtiments publics étaient fermés. Les services de transport et les hôpitaux fonctionnaient a minima.

 

Première publication : 20/10/2011

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