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Revue de presse : "Puisse sa fin sans gloire servir de leçon"

Texte par Ségolène ALLEMANDOU

Dernière modification : 21/10/2011

Vendredi, les clichés du cadavre de Kadhafi font la Une des quotidiens français et britanniques. Si des éditorialistes s'inquiètent pour "la nouvelle Libye", d'autres estiment qu'il s'agit d'un avertissement pour les régimes syrien et yéménite.

En France et outre-Manche, la quasi-totalité des quotidiens titrent sur "la fin" de Mouammar Kadhafi. Une mort qui, selon eux, doit servir d’avertissement à tous les autres dictateurs du monde arabe. La presse s’inquiète aussi de l’avenir du pays, qui doit s’organiser après 42 années de dictature.

Les images sanglantes du corps de Mouammar Kadhafi, qui font la Une des quotidiens, font couler beaucoup d’encre ce matin. Sans toutefois susciter une émotion particulière à l'égard du Guide. "Il est difficile de plaindre la mort de Mouammar Kadhafi", peut-on ainsi lire dans le quotidien régional français La République du centre.

Aussi insoutenables soient-elles, ces photos sont entrées dans l’Histoire et font écho, selon Le Progrès, à d’autres exécutions de dictateurs. "Rappelez-vous vos livres d'Histoire. La photo de Mussolini et sa maîtresse pendus à un balcon devant une foule en liesse. Souvenez-vous aussi des images du couple Ceaucescu, jugé sur un coin de table avant d'être fusillé. Ou encore du visage émacié, mangé par la barbe, de Saddam Hussein, débusqué dans une cave puis pendu en public après un très long procès... "

Ces clichés, notamment celui du corps de Kadhafi emmené à l’arrière d’un pick-up, devraient faire réfléchir tous les despotes encore accrochés au pouvoir, estiment de leur côté les quotidiens britanniques. "C'est le sort qui pourrait attendre Al-Assad, ainsi que le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, et il faut qu'ils le sachent", indique le quotidien britannique de gauche, The Guardian. Le journal populaire The Daily Telegraph appelle pour sa part "Bachar al-Assad à se lancer dans des réformes politiques".

"Puisse sa fin sans gloire servir de leçon"

Mais la mort de Kadhafi suscite aussi beaucoup de réactions concernant son absence de jugement. "Cette mort enterre avec elle tous les espoirs de connaître la vérité sur les crimes commis par Kadhafi et ses proches", souligne notamment le journal régional La Marseillaise. À ceux qui auraient préféré que "le maître de la terreur réponde de ses crimes devant un tribunal", le journaliste du Figaro Pierre Rousselin répond : "Puisse sa fin sans gloire servir de leçon." Un procès n’aurait probablement pas révélé de choses que le monde ne sache déjà, rétorque pour sa part The Times.

À l’image des Libyens et de la communauté internationale, les médias sont impatients de tourner la page Kadhafi. Rares sont les journaux qui reviennent sur les circonstances de la mort du dictateur. Seul François Sergent s’y attarde dans Libération. "Le nouveau régime va d’abord devoir s’expliquer sur les conditions de l’exécution de Kadhafi s’il veut rester crédible, mais aussi la France, qui a bombardé son convoi", indique-t-il.

"Le plus dur commence"

La plupart des médias préfèrent se tourner vers l’après-Kadhafi et la "nouvelle Libye". "Le prochain chapitre de l'histoire de la Libye vient de commencer", estime The Guardian. Le Daily Telegraph évoque lui une "carte politique redessinée" dans cette région agitée.

Mais la reconstruction du pays est loin d’être une étape facile, jugent les quotidiens. Libération note que la chute n’est que "le premier pas" vers la démocratie. "Le plus dur commence", relève Les Dernières Nouvelles d’Alsace, qui met en garde contre "une guerre civile entre tribus".

Pour Le Journal de la Haute-Marne, le nouveau pouvoir que représente le Conseil national de transition (CNT) suscite aussi des interrogations. "Sa composition est extrêmement élastique. On y trouve d'authentiques démocrates, mais aussi des membres qui ont flirté avec Al-Qaïda. Il ne faut pas se faire d'illusions : maintenant que l'hypothèque Kadhafi est levée, le risque est grand de voir les factions s'entre-déchirer pour garder la main sur la révolution", peut-on y lire.

Pour assurer une stabilité dans la transition démocratique, la presse est divisée sur le rôle que doivent tenir les grandes puissances libératrices. Si The Guardian incite les dirigeants libyens "à construire en Libye un avenir assurant […] l'indépendance de toute interférence étrangère", Libération estime que "la communauté des nations s’est donné un droit d’ingérence en Libye qui la rend comptable de l’après-Kadhafi."

"L'Occident a fait trop d'erreurs en cajolant Kadhafi à un moment de sa vie de tyran. Il ne faudrait pas recommencer en fermant les yeux sur l'émergence de nouveaux apprentis dictateurs", conclut Le Journal de la Haute-Marne.

Première publication : 21/10/2011

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