Dernière modification : 27/10/2011 

- François Hollande - Nicolas Sarkozy - UMP


Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP

Pour cette première édition du Rendez-vous France 24-RFI, Roselyne Febvre (France 24) et Clarisse Vernhes (RFI) interrogent Jean-François Copé, secrétaire général de L'UMP sur l'état de son parti, sur ses relations avec Nicolas Sarkozy et sur les jugements qu'il porte sur François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle.

Roselyne FEBVRE.- Bonsoir. Bienvenue dans le rendez-vous RFI/France 24, la nouvelle émission politique en partenariat avec RFI, diffusée en même temps sur les ondes de la radio et à la télévision. A mes côtés j'accueille avec plaisir Clarisse Vernhes.
Clarisse VERNHES.- Bonjour.
Roselyne FEBVRE.- Vous êtes donc au service politique de RFI. Bonsoir Clarisse. Ensemble nous recevons pour cette première le patron de l'UMP. Jean-François Copé, bonsoir.
Jean-François COPÉ.- Bonsoir.
Roselyne FEBVRE.- Merci d'avoir accepté notre invitation. Depuis le quinquennat de Nicolas Sarkozy vous n'avez pas figuré au générique des ministres des gouvernements Fillon. Nicolas Sarkozy voulait vous mettre dans un placard à balais en vous donnant le groupe UMP à l'Assemblée nationale. Vous en avez fait une force. Puis, à l'arraché, vous avez pris la machine de guerre UMP. Certains vous soupçonnent de faire main basse sur le parti pour préparer votre tour de piste en 2017. Bien que musicien de jazz à vos heures perdues s'il y en a encore, vous ne débutez pas dans le music-hall politique. La stratégie, c'est votre affaire. Aujourd'hui vous pilotez la war-room 2012. Si vous vous positionnez en 2017, avez-vous intérêt à l'élection de Nicolas Sarkozy en 2012 ?
Jean-François COPÉ.- C'est une drôle de question à laquelle j'ai déjà eu l'occasion de répondre à plusieurs reprises. Il est vrai que lorsque, il y a de cela quelques années, vos confrères m'ont posé la question du sens que je donnais à mon engagement, j'ai évoqué pour ce qui me concernait une rencontre avec les Français qui serait postérieure par définition à 2012, en l'occurrence 2017, mais je dois vous dire qu'aujourd'hui je ne suis pas du tout du tout du tout dans ça. Mon seul sujet, vous l'avez d'ailleurs rappelé, matin, midi et soir, c'est un engagement total au côté du président de la République. Je le dis d'autant plus qu'il m'est arrivé d'avoir des différences avec lui, vous le savez, tout au long de ces dernière années mais que je considère que, lorsque les échéances sont importantes, lorsque la situation l'exige, et c'est le cas - la crise mondiale, les inquiétudes des Français -, notre famille doit être rassemblée. C'est la raison pour laquelle j'ai pris les responsabilités qui sont celles que vous savez aujourd'hui : l'animation de notre parti politique avec un objectif : tout faire pour que Nicolas Sarkozy soit réélu en 2012. C'est aujourd'hui ma seule et unique préoccupation.
Clarisse VERNHES.- Jean-François Copé, pour l'actualité heureuse, Nicolas Sarkozy est devenu papa pour la quatrième fois mercredi soir. C'est la première fois que cela arrive à l'Elysée. Est-ce que vous avez une réaction et est-ce que vous pensez que ça pourrait être un argument de campagne ?
Jean-François COPÉ.- Non, non. D'abord je n'ai aucune réaction publique à faire sur ce sujet qui relève de la seule vie privée du président de la République et de son épouse. Je lui ai naturellement adressé comme il se doit un message très sincère et personnel de félicitations mais n'attendez pas que je fasse aucun autre commentaire sur ce sujet.
Roselyne FEBVRE.- Cette semaine, vous avez quand même eu deux mauvaises nouvelles. La première, c'est l'investiture de François Hollande au Parti socialiste. La deuxième, c'est la menace de la dégradation du triple A de la France. Alors, si la France perd sa note 20/20, Nicolas Sarkozy ira au piquet. En clair, est-ce que c'est l'échec assuré pour 2012 ?
Jean-François COPÉ.- D'abord, l'amalgame que vous faites entre la nomination de François Hollande comme candidat socialiste et la question de la note de la France est un amalgame intéressant. Vous dites que ce sont deux mauvaises nouvelles. Je ne sais pas si nous le vivons de la même manière mais une chose est certaine : entre les deux, il y a eu un événement. Oh, petit ! Comme ça vient de l'UMP, c'est tout petit. Les grands événements viennent du Parti socialiste. Mardi, nous avons très modestement organisé une convention pour chiffrer le projet du Parti socialiste.
Clarisse VERNHES.- Très modestement, vous dites ?
Jean-François COPÉ.- Vous savez, nous, à l'UMP, le peu de place que nous avons, nous l'utilisons pour dire quelques idées sans vouloir déranger en rien l'ordonnancement ambiant qui vise à montrer que tout ce qu'il se passe au Parti socialiste est extraordinaire. Mais enfin, qu'avons-nous fait pour apporter notre petite contribution à l'édifice ? Nous avons chiffré le projet du PS : 255 md€. A l'heure où je vous parle, ces chiffres ne sont pas contestés. Ils sont même confortés puisque l'Institut de l'entreprise a obtenu exactement le même résultat hors chiffrage du retour de la retraite à 60 ans. Nous sommes tout de même le seul pays au monde où un Parti socialiste préconise la baisse de l'âge de la retraite.
Pourquoi je vous dis tout cela ? Parce que, en cette période, imaginer de proposer un projet à 255 md€ de dépenses publiques supplémentaires sur cinq ans, c'est tout de même absolument hallucinant au regard de la réalité de la crise que nous traversons.
Roselyne FEBVRE.- Le programme socialiste peut éventuellement évoluer et changer.
Jean-François COPÉ.- Vous ne croyez pas si bien dire. Voilà des candidats qui ont fait campagne pendant deux mois, matin, midi et soir, pour nous expliquer que c'était le projet du Parti socialiste et il arrivé ce jeudi matin un événement assez extraordinaire.
Michel Sapin, proche de François Hollande, quasi ministre des Finances futur dans l'esprit du PS puisque vous savez qu'en ce moment, avec les sondages, ils considèrent que c'est à peine s'il faut faire une élection, donc ils se répartissent déjà un peu les postes et je crois comprendre que M. Sapin serait, dans l'hypothèse de la victoire de M. Hollande, le ministre des Finances. Il vient de nous annoncer ce matin chez vos confrères de RTL qu'il ne fallait pas s'occuper du projet du PS, que tout était mis à la poubelle, qu'ils allaient faire un autre projet. Bon.
Clarisse VERNHES.- Un programme, disait-il. Ils faisait la différence entre projet et programme.
Jean-François COPÉ.- Vous avez raison. Nous, on nous loupe pour moins que ça mais vous avez raison : rien ne vaut quelques nuances. Donc ce n'est pas un projet, c'est un programme, ce qui donc n'a strictement...
Clarisse VERNHES.- C'est en tout cas ce qu'il disait.
Jean-François COPÉ.- Oui. Et puis, comme vous le sous-entendez très justement, un projet, c'est une chose ; un programme, c'en est une autre. Donc je crois comprendre que les projets, ce n'est pas grave ; seuls les programmes comptent. C'est le nouveau truc qui vient de sortir, donc tout est exonérable quand ça vient de chez François Hollande. Mais enfin quand même. Voilà donc des gens qui, pendant deux mois, ont fait des campagnes pour les primaires. Ils ont donc dérangé des gens puisque des gens sont allés voter quand même.
Clarisse VERNHES.- De leur plein gré a priori.
Jean-François COPÉ.- Mais absolument. Et à qui on a dit : « Vous venez vous prononcer sur un candidat et sur un projet PS » puisque tout le monde avait expliqué que c'était ça. Et voilà que, deux jours après, on dit : « Non, non. Non, non. Ça, c'était pour baratiner les gens, hein. En fait, on va refaire un autre projet. » Donc le chiffrage que nous avons fait à l'UMP les a peut-être un peu ébranlés quand même.
Clarisse VERNHES.- Est-ce que vous pensez que cette querelle de chiffres intéresse vraiment les Français aujourd'hui ?
Jean-François COPÉ.- Ah oui !
Roselyne FEBVRE.- Est-ce qu'ils y comprennent quelque chose ?
Jean-François COPÉ.- Et je pense que ça doit même intéresser les journalistes. Les journalistes et les Français. Pour une fois les deux ensemble. Et vous savez pourquoi ? Parce que, derrière cela, l'avenir de notre pays est en jeu. En période ordinaire, normale, à la limite on peut y aller sur les promesses inconsidérées. Nous sommes en crise majeure. Vous savez que le Conseil européen de dimanche est un Conseil extraordinairement important pour l'histoire de l'Europe puisque, en réalité, il nous faut nous mettre d'accord, en particulier avec les Allemands et puis avec tous nos partenaires. Si nous ne le faisons pas, la zone euro est en risque, notre système bancaire est en risque, au-delà même de la seule question de la Grèce. Donc effectivement, oui, les chiffres, ça intéresse les Français.
Vous savez, je tourne dans toute la France en ce moment. Je suis très impressionné de voir que ceux qui viennent écouter à nos meetings et qui ne sont pas tous militants...
Roselyne FEBVRE.- Sur les 60 000 professeurs, par exemple, est-ce qu'il n'y en a pas qui sont soulagés de dire : « Dans le fond, il y a besoin de profs pour l'éducation. L'éducation, c'est l'avenir de notre pays, l'avenir de nos enfants. » Là-dessus vous avez des réactions ?
Jean-François COPÉ.- Je pense que les profs sont surtout demandeurs d'une réforme de l'Education nationale à l'image de celle que nous avons faite sur l'université. De telle manière que l'on pose clairement un certain nombre de sujets. Comme, par exemple, la question du collège qui ne peut plus être unique. Comme, par exemple, la question de la programmation de l'enseignement en primaire par rapport à l'entrée en sixième - vous savez qu'il y a de gros problèmes d'illettrisme - et par rapport aux questions de sécurité.
Je vois avec beaucoup d'inquiétude le très grand malaise des professeurs qui aujourd'hui se trouvent confrontés à des problèmes qui les dépassent. Donc oui. Effectivement. Mais on ne va pas régler le problème en augmentant les effectifs des professeurs. Parce que, en plus, on ne va pas pouvoir payer. Là encore, 60 000 enseignants supplémentaires, ce n'est pas 2,5 md€ comme l'a dit François Hollande mais 7,5 md€ sur le quinquennat. Nous n'avons absolument pas les moyens de le financer, tout le monde le sait.
Roselyne FEBVRE.- Donc on a compris que ça allait être une riposte immédiate.
Jean-François COPÉ.- Elle a eu lieu et, visiblement, elle n'a pas si mal marché puisque Sapin est allé s'excuser ce matin en disant : « Surtout, que l'UMP ne se fatigue pas sur le chiffrage : on va tout changer. »
Roselyne FEBVRE.- Est-ce que vous ne donnez pas l'impression, Jean-François Copé, d'être dans l'opposition ? N'est-ce pas un signal que vous envoyez là ? Est-ce que vous ne faites pas ce que vous avez souvent reproché au Parti socialiste, c'est-à-dire critiquer sans rien proposer ?
Jean-François COPÉ.- Vous auriez tout à fait raison si, dans le même temps, nous ne faisions pas notre propre projet/programme - je vous laisse choisir. Vous savez, moi, je ne suis pas très fin. Les histoires de choisir entre projet et programme, c'est vous qui voyez.
Roselyne FEBVRE.- Alors votre programme, vous allez le pondre quand ?
Jean-François COPÉ.- D'abord nous avons choisi une autre méthode. Vous savez que le PS a eu cette idée, assez sympathique d'ailleurs, de tout faire en deux jours. Entourés de trois ou quatre techniciens, de quelques éléphants du PS, ils ont fait un projet en deux jours et c'est devenu ce projet à 255 md€.
Clarisse VERNHES.- Vous alignez les chiffres comme ça, Jean-François Copé. Est-ce que vous pensez que François Hollande - qui a été désigné candidat, désigné et élu, au moins avec les sympathisants plus les Français qui ont bien voulu se déplacer pour voter - a une envergure de chef d'Etat ?
Jean-François COPÉ.- Je ne peux pas répondre.
Clarisse VERNHES.- Parce que là, vous critiquez le programme.
Jean-François COPÉ.- Je ne peux pas répondre à cette question. Je n'en sais rien. Ne serait-ce que parce que, par définition, je sais assez peu de choses de son expérience politique.
Clarisse VERNHES.- Vous le connaissez. Il est député.
Jean-François COPÉ.- Vous savez qu'il n'a pas exercé de fonction ministérielle. Il est difficile de savoir.
Clarisse VERNHES.- Vous l'avez croisé dans les couloirs de l'Assemblée.
Jean-François COPÉ.- Oui. Enfin, bon, encore une fois, moi, je ne suis pas là pour tout à fait parler des personnes. La seule chose que je peux dire, c'est que nous avons...
Roselyne FEBVRE.- Non mais est-ce que vous dites comme Fabius la petite phrase méchante : « François Hollande président de la République, on rêve ! »
Jean-François COPÉ.- Il le connaît mieux que moi. La seule chose que je peux vous dire, c'est que nous avons un doute. Un doute. Est-ce qu'il est capable, dans les temps difficiles, et nous vivons des temps difficiles, de prendre des décisions courageuses pour la France ? Qu'est-ce qu'une décision courageuse ? C'est une décision qui peut être impopulaire. Vous voyez, quand Nicolas Sarkozy a pris la décision de réformer notre système de retraite pour le sauver, c'était une décision très impopulaire et nous l'avons fait pour le bien de notre pays. Les socialistes nous ont combattus avec une violence incroyable. Aujourd'hui, François Hollande dit : « On reviendra à la retraite à 60 ans. » Coût : 87 md€. Vous imaginez, dans ce domaine...
Roselyne FEBVRE.- Sauf pour ceux qui ont cotisé 41,5 années.
Jean-François COPÉ.- Mais il existe déjà des dispositifs pour les longues carrières. Si ces dispositifs sont renforcés, alors c'est un coût que nous ne pourrons pas payer, un coût qui se chiffre en dizaines de milliards d'euros.
Roselyne FEBVRE.- Jean-François Copé, il y a une question quand même fondamentale. On a vu que, pour l'instant, François Hollande fait des étincelles, y compris dans les sondages. Le dernier est quand même hallucinant : Nicolas Sarkozy est au tréfonds et François Hollande l'emporterait au second tour avec 64 % des voix. Quand Nicolas Sarkozy doit-il partir en campagne ? Officiellement si ce n'est déjà fait officieusement ?
Jean-François COPÉ.- D'abord, les sondages ne vont sûrement pas dicter le calendrier.
Clarisse VERNHES.- Non mais ils donnent peut-être une tendance.
Jean-François COPÉ.- Une tendance ?
Clarisse VERNHES.- En tout cas c'est le deuxième sondage - un hier, un aujourd'hui - qui confirme la tendance, du moins jusqu'à aujourd'hui.
Jean-François COPÉ.- Ah ben alors ! Mais est-ce que vous nous autorisez quand même encore à aller aux élections ?
Clarisse VERNHES.- Oui !
Jean-François COPÉ.- Bon. D'accord. Parce que c'est un sondage. Sur 987 personnes. Très bien. Moi, vous savez, j'ai une thèse, j'ai été élevé si j'ose dire à l'école chiraquienne, donc on sait ce que c'est que les très mauvais sondages d'octobre, on sait même ce que c'est que des très mauvais sondages en janvier.
Roselyne FEBVRE.- En 2017 vous les regarderez. Même en 2016 vous les regarderez peut-être plus précisément.
Jean-François COPÉ.- Ecoutez, nous en reparlerons, ce n'est vraiment pas le sujet du jour. Moi, je vais quand même vous dire juste une chose. Nous allons partir en campagne.
Clarisse VERNHES.- Quand ?
Roselyne FEBVRE.- Quand ?
Jean-François COPÉ.- Le moment venu en ce qui concerne le président de la République. Moi, j'y suis déjà comme vous le voyez. Bon. Mais le président de la République, aujourd'hui, il préside le pays, il gère une crise extrêmement grave. Les Français ne comprendraient pas qu'il soit en campagne aujourd'hui.
En revanche, que François Hollande soit en campagne aujourd'hui, c'est parfaitement compréhensible. Ce serait même bien qu'il utilise ce temps de campagne pour dire un certain nombre de choses, pas simplement pour faire de l'eau tiède.
Roselyne FEBVRE.- Donc pour l'instant il essaie d'éteindre l'incendie.
Jean-François COPÉ.- Quel incendie ?
Roselyne FEBVRE.- L'incendie en Europe.
Jean-François COPÉ.- Le président de la République ?
Roselyne FEBVRE.- Oui. Bien sûr.
Jean-François COPÉ.- Oui. Mais moi, je vous parle de François Hollande en vous disant qu'il est normal que François Hollande, lui, soit en campagne et je souhaite qu'il utilise ce temps de campagne - François Hollande - pour dire maintenant les choses. Est-ce que, oui ou non, il va revenir à la retraite à 60 ans ? Est-ce que, oui ou non, il va démanteler la filière nucléaire ? Est-ce que, oui ou non, il va faire son contrat de génération à 40 md€ ?
Roselyne FEBVRE.- Non mais moi, je vous parle de vous, je vous parle de l'UMP, je vous parle de Nicolas Sarkozy. Vous, Jean-François Copé, vous pouvez tout à fait nous donner votre avis personnel.
Jean-François COPÉ.- Mais je vais d'ailleurs vous le donner, ne vous inquiétez pas.
Roselyne FEBVRE.- Si vous deviez donner un conseil à Nicolas Sarkozy, vous lui diriez : « Ecoute, tu devrais partir en campagne dès le mois de février » comme le dit Guéno ? Dès le mois de novembre ? Tout de suite ? Quel est votre conseil ?
Jean-François COPÉ.- Moi, depuis le début, je suis sur la même ligne. Il est aujourd'hui en charge du pays et donc pas en campagne. C'est donc plutôt...
Clarisse VERNHES.- Donc il faut qu'il parte le plus tard possible ? Février ?
Jean-François COPÉ.- « Le plus tard possible »... En tout cas certainement pas dans l'immédiat. Peut-être effectivement en février. Nous avons largement de quoi travailler jusqu'à cette période.
Roselyne FEBVRE.- Votre programme ou votre projet, ce sera en décembre ?
Jean-François COPÉ.- Voilà. Exactement. C'est ce que je voulais vous dire tout à l'heure. Le PS a fait en deux jours, dans l'urgence, ce programme qui finalement a donné lieu d'une certaine manière à un avis d'enterrement ce matin par le plus proche conseiller financier de M. Hollande. Très bien. Nous, notre démarche est différente. Un, nous allons faire un projet qui coûtera 0 € au contribuable en termes de dépenses publiques supplémentaires. Deux, ce projet sera organisé autour de trois thématiques que nous présenterons à Lille, Lyon et Marseille fin novembre, début décembre. D'un point de vue économique et social autour du thème du courage. Du point de vue régalien : justice, sécurité, laïcité, éducation autour du thème de la nation rassemblée. Et puis enfin, la troisième question qui, pour moi, est essentielle : celle du rôle de la France en Europe et dans le monde. Je suis, moi, pour que l'on ait vis-à-vis du monde un regard beaucoup plus orienté sur ce que l'on appelle le benchmarking, que l'on s'inspire des pratiques internationales plutôt que de rester dans le domaine franco-français, ce qui est plutôt un mal français, loin de ce qu'il se passe dans le reste du monde.
Roselyne FEBVRE.- Nicolas Sarkozy doit-il se recentrer face à François Hollande ?
Jean-François COPÉ.- Je ne sais pas ce que veut dire le mot « recentrer ».
Roselyne FEBVRE.- On a entendu la droite populaire, la droite un peu plus dure ces derniers temps. Est-ce qu'il faut qu'il se recentre ?
Jean-François COPÉ.- Moi, je pense que le rôle du président de la République est de rassembler notre pays dans ces périodes de crise. Nous ne sommes pas là pour savoir si nous sommes aux extrêmes ou au centre ; nous sommes là pour faire ce qui est nécessaire pour le pays.
Roselyne FEBVRE.- A la fin de la semaine vous partez en Côte d'Ivoire. Vous allez rencontrer Alassane Ouattara et les Français de l'étranger.
Jean-François COPÉ.- Oui.
Roselyne FEBVRE.- Clarisse, je crois que vous avez une question à ce sujet.
Clarisse VERNHES.- Est-ce que la France, Jean-François Copé, a un rôle à jouer dans la réconciliation entre les partisans d'Alassane Ouattara et ceux de Laurent Gbagbo ?
Jean-François COPÉ.- Enfin, « un rôle »... Ne nous trompons pas. Il s'agit d'abord d'une mission qui est dévolue au Président Ouattara. C'est l'un des éléments, si je puis dire, de la feuille de route qu'il a tracée devant l'ensemble du peuple ivoirien, c'est-à-dire à la fois un travail de réconciliation, un travail institutionnel qui doit être poursuivi du point de vue démocratique et aussi du point de vue économique.
Ne nous trompons pas. Il y a là pour le Président Ouattara un défi extraordinaire à relever. Le rôle de la France dans ce domaine ne peut en aucun cas être autre chose que dans le cadre du dialogue, de l'amitié entre nos deux pays et puis aussi de l'amitié entre les deux chefs d'Etat. Vous savez le lien très amical qui unit le président de la République française avec le Président Ouattara.
Je dois dire que j'ai moi-même la chance de connaître Alassane Ouattara depuis plusieurs années, d'avoir des relations que je qualifierais d'amicales avec lui. Il va effectivement me recevoir ce samedi. Je verrai les Français, bien sûr, la communauté française. Je verrai également nos militaires. Le tout effectivement pour apporter un message d'amitié de la France à la Côte d'Ivoire.
Roselyne FEBVRE.- La France est intervenue militairement en Côte d'Ivoire. Elle maintient aujourd'hui un contingent militaire. Est-ce que ça ne sent pas encore un petit peu la Françafrique ?
Jean-François COPÉ.- En aucun cas. Et vous le savez bien, d'ailleurs. Ce terme est galvaudé. Il ne veut plus rien dire. On voit bien qu'on y mélange un peu tout et n'importe quoi, y compris des choses qui n'ont rien à voir avec le souci qui est le nôtre de construire les relations entre la France et un certain nombre de pays africains - non pas l'Afrique ; un certain nombre de pays africains - pour les années qui viennent en se tournant vers l'avenir et pas simplement vers le passé. Voilà.
Et donc en réalité, vous le savez, la France, sous mandat de la communauté internationale, a joué le rôle que chacun connaît. Maintenant, nous sommes évidemment dans une approche d'amitié, de coopération, de dialogue. Et - je le répète - tournés vers l'avenir.
Roselyne FEBVRE.- Je ne voudrais pas faire d'humour noir mais j'imagine que, dans votre valise, vous ne reviendrez qu'avec des vêtements qui vous appartiennent.
Jean-François COPÉ.- Je ne comprends pas la question.
Roselyne FEBVRE.- C'était de l'humour, bien sûr, par rapport aux histoires de valises qu'on a entendues.
Jean-François COPÉ.- Ah mais là, ce n'est pas de l'humour ; c'est une insulte, donc je pense que vous ne la pensez pas une seconde.
Roselyne FEBVRE.- Non, non. Mais c'était... Mais bien sûr. Oui, oui. Tout à fait.
Jean-François COPÉ.- Donc le débat est clos.
Roselyne FEBVRE.- Merci. En tout cas merci. C'est la fin de ce rendez-vous RFI/France 24. Merci Clarisse.
Clarisse VERNHES.- Merci.
Roselyne FEBVRE.- Merci Jean-François Copé et à la semaine prochaine. Merci.

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Commentaires (4)

Lamentable

Lamentable cette blague sur les valises, le niveau zéro du journalisme!! Et on vous paye pour ça dire des trucs pareils?? Arrêtez le journalisme, vous n'avez pas le niveau.

debat france 24 et RFI

Roselyne Febvre, la blague sur les valises n'as pas passe lolllllllllll dommage alors c’était bien essayé.

kadafi

vraiment disons la vérité barack obama et sarkozy ils ont tué kadafi à cause de leurs propre intérêt mais ce n'est eux c'est nous les africains c'est pas fini pour libye seul c'est fini pour l'afrique on peut dire même dans le monde. c'est comme le cas irak. dans monde entier il n'y a pas president comme kadafi il a fait tout pour libye mais les libyens vont commencer de soufrir epuis de partir aux aventures. ni salaire gratuit ni maison gratuit. je dis et je redis libye est foutu et tous les libyens sont foutu

abdoulkarim (COMORES)

ON VOIT QUE LE CAMP UMP EST FORT EN CAMPAGNE, HIER MR COPE A SU REPONDRE AVEC AISANCE LES QUESTIONS QUI LUI ON ETE POSEE, CELA MONTRE UN CAMP BIEN DIRIGE!!1

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