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L'opinion de
Sylvain ATTAL

Sylvain ATTAL
Chroniqueur international

Deux journalistes tués à Homs. Une cinquantaine de morts en un jour à Homs. Quelles sont les nouvelles options ?

Le 23-02-2012

Une journée particulièrement dramatique hier. Deux journalistes occidentaux tués qu'est-ce que cela change ?

Pas grand chose hélas ni au calvaire des Syriens ni à l'obstination de Damas qui veut écraser les poches de rébellions sunnite à Homs mais aussi à Idlib et à Hama. La seule chose tangible est la défection hier d'un brigadier général de l'armée, la première, avec 200 hommes. Mais pour autant est-ce que le régime se fragilise de l'intérieur ? Pas vraiment. Interrogé récemment sur cette éventualité, un bon connaisseur du pays qui y réside souvent me disait: une grande partie de la population fidèle au régime (les minorités chrétiennes alaouites, druzes et même kurdes) pense que Bachar est trop mou et que son frère Maher, qui dirige les troupes spéciales, devrait "quitter son pyjama", autrement dit se montrer encore plus sanguinaire.
N'oublions pas que Assad père n'a pas hésité à massacrer 20 000 civils en 1980. Il y a encore de la marge.

Quelles sont les options possibles ?

À L'ONU c'est bloqué pour longtemps encore par l'obstruction russe et chinoise
- La question des couloirs humanitaires est souvent évoquée. Créer une zone de repli pour les civils qui pourraient s'y réfugier. Mais il faudrait une intervention extérieure de pays disposant de moyens aériens et au sol pour la sécuriser.
La France, et particulièrement Nicolas Sarkozy, décisif dans l'affaire libyenne, ne se montre pas très partante. Étonnant d'ailleurs que cette question n'intéresse aucun candidat à l'élection présidentielle. Même chose pour les Américains et les Britanniques. Les Turcs qui ont 800 km de frontière hésitent car ils craignent qu'une entrée en Syrie soit interprétée comme une déclaration de guerre.
- L'armement des rebelles. L'idée fait son chemin aux États-Unis, sous l'impulsion d'un groupe de sénateurs républicains, conduit par John Mc Cain, qui a poussé le département d'État à sortir de sa réserve. Obama craint d'être présenté comme un faible, un naïf en politique étrangère et l'opinion ne semble pas défavorable à cette idée. Mais changera-t-elle le rapport de force ? À defaut, cela fournira une justification supplémentaire à la brutalité d'Assad.
- On parle de deux heures de trêve quotidienne sous l'égide de la Croix- Rouge. C'est de l'infirmerie. Et même cela les Syriens n'ont pas accepté.

Le CNS a appelé pour la première fois hier à une intervention étrangère

Un membre -important certes- du CNS a déclaré qu'il lui semblait de plus en plus que c'était la seule option. Et franchement si l'on veut arrêter le bras criminel, c'est l'évidence, Conseil de sécurité ou pas. Après tout l'Otan s'est bien passée de son feu vert dans le cas du Kosovo. Mais les risques sont importants. C'est une question avant tout morale, même si la realpolitik semble avoir repris ses droits depuis l'affaire libyenne.
Cela fait longtemps que la base de la rébellion souhaite une intervention. La direction du CNS a longtemps résisté à sa pression et d'ailleurs elle est très critiquée et affaiblie. La déclaration de Basma Khoudmani semble indiquer une évolution, mais il reste encore des désaccords. Surtout, le CNS n'a toujours pas convaincu ses meilleurs amis qu'il était prêt à proposer une alternative si jamais Bachar était renversé. Il a trop peu de soutien dans les minorités, qui se sentent protégées par le régime, et il est trop divisé et inexpérimenté. Demander une intervention étrangère ne signifie pas que les Occidentaux bougeront pour autant.
Les Syriens impliqués dans le mouvement ne peuvent plus reculer. Pour eux le choix est entre mourir sous les bombes ou sous la torture, car si Bachar gagne, la répression sera terrible contre tous les opposants. Le régime ne peut plus reculer. C'est comme une corde tendue. Elle lâchera peut-être un jour. Mais il y aura entre temps beaucoup de martyrs.
Il faudra un jour tirer les leçons de cette impuissance.
 

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