Dernière modification : 24/10/2011 

- Crise financière - Grèce - Zone euro


"La crise de la dette provoque une Europe à deux vitesses"

"La crise de la dette provoque une Europe à deux vitesses"

L'altercation entre Nicolas Sarkozy et David Cameron, lors du sommet européen sur la dette dimanche, illustre bien le différend qui oppose les pays de la zone euro aux pays de l'UE n'ayant pas adopté la monnaie unique.

Par Ségolène ALLEMANDOU (texte)
 

Le fossé se creuse entre les dix-sept pays de la zone euro et les dix autres États de l'Union européenne, Grande-Bretagne en tête. Pour preuve, les joutes verbales échangées ce dimanche lors du sommet européen sur la dette.

Mécontent d’apprendre qu’une réunion des pays de la zone euro se tiendrait mercredi à Bruxelles pour entériner le plan d'aide aux banques européennes, le Premier ministre britannique David Cameron s'est indigné : "La crise de la zone euro affecte toutes nos économies, y compris celle de la Grande-Bretagne". Il a donc exigé et obtenu qu'un sommet des Vingt-Sept soit aussi convoqué, en amont. Pour l'occasion, Il a dû reporter les visites officielles qu'il devait effectuer en Nouvelle-Zélande et au Japon ce mercredi.

"Il est dans l'intérêt de la Grande-Bretagne que les pays de la zone euro règlent leurs problèmes. Mais cela devient dangereux -et j'en ai parlé franchement avec eux-, s'ils prennent des décisions vitales pour les autres pays du marché unique, comme des décisions sur les services financiers qui concernent tout le marché unique", a-t-il insisté.

"On en a marre de vous entendre nous critiquer"

Ce à quoi Nicolas Sarkozy lui aurait répondu, en aparté : "Vous avez perdu une bonne occasion de vous taire. On en a marre de vous entendre nous critiquer et nous dire ce que nous avons à faire". Ces propos font la Une du Daily Telegraph et de The Guardian, qui citent des sources diplomatiques. "Vous dîtes détester l'euro, vous n'avez pas voulu le rejoindre et maintenant vous voulez vous ingérer dans nos réunions", aurait ajouté le président français.

Les critiques de Nicolas Sarkozy à l'encontre de David Cameron ne semblent pas choquer l'opinion publique : 77,7 % des internautes ont indiqué que le président français avait marqué un point contre le Premier ministre britannique, selon un sondage réalisé par The Guardian. "Des critiques totalement justifiées", affirme de son côté Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, qui travaille sur les questions européennes. "Les Britanniques jouent sur tous les tableaux : ils veulent être associés aux discussions sur l’euro et de l’autre côté, ils veulent sortir de l’Union européenne. "

Le Premier ministre britannique doit justement faire face, ce lundi, à une vaste fronde au sein des rangs conservateurs -eurosceptiques- sur l’organisation d’un référendum quant à l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’Union européenne. Hautement symbolique, le vote est purement consultatif et la motion n'a aucune chance de l'emporter. Il s'agit néanmoins de la rébellion la plus sérieuse depuis l'accession de Cameron au pouvoir.

Les membres et non membres de la zone euro

Les dix-sept pays de la zone euro :

Créée en 1999, elle se compose d'abord de onze membres : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal. Puis la Grèce en 2001, la Slovénie en 2007, Chypre et Malte en 2008, la Slovaquie en 2009 et l’Estonie en 2011.

Les dix pays de l'UE hors zone euro : Le Royaume Uni, la Suède, la Pologne, la Bulgarie, la République tchèque, le Danemark, la Lettonie, la Lituanie, la Hongrie et la Roumanie.

Pour Caroline de Camaret, spécialiste des questions européennes pour FRANCE 24, cette altercation illustre surtout le problème d'une Europe à deux vitesses. "Les dix pays qui n'ont pas adopté la monnaie unique reprochent aux membres de la zone euro de s’organiser comme un gouvernement à 17 sous la houlette de Herman Van Rompuy". Ce dernier, déjà président du conseil européen a été élu, dimanche, président des sommets de la zone euro.

En effet, la crise de la dette contraint les Dix-Sept à se réunir régulièrement pour s’efforcer de rapprocher leurs politiques économiques nationales et durcir leur discipline budgétaire commune. "Le problème, c’est que toute concertation visant à modifier les traités concerne les Vingt-Sept contrairement à la crise de la dette qui touche plus spécifiquement les Dix-Sept", souligne Caroline de Camaret.

Participer à son avenir politique

Les non-membres ont tous des intérêts à ce que la zone euro se stabilise. "Il faut distinguer les pays comme la Grande-Bretagne et la Suède qui ont fait le choix de ne pas adopter la monnaie unique mais qui veulent quand même participer aux débats pour des raisons économiques, de ceux qui sont en train de s’efforcer d'intégrer la zone euro et qui veulent participer à leur avenir politique."

La Grande-Bretagne n'est pas le seul État à critiquer cette mise à l'écart. Le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, est monté au créneau dimanche pour critiquer ces sommets ouverts aux seuls membres de la zone euro. Les Pays-Bas et la Finlande ont de leur côté lancé une mise en garde en estimant que "tous les États membres doivent être impliqués dans les décisions" pour préserver la prospérité économique du continent, dans une lettre cosignée par la Suède.

Les dix États ont reçu le soutien du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. "Il ne devrait pas y avoir de séparation entre la zone euro et le reste de l'Union européenne", a-t-il fait savoir.

Commentaires (10)

answer

To know just about this post, the students buy research papers and custom essays at the term paper writing service. The numbers of essay writing services provide the essay writing about this good post.

Oui ! mais

Les dix sept vont ils avoir une politique économico-sociale-financiére commune ?
Les impôts et les taxes vont elles avoir une convergence commune ?
Un espace économique commun ?

La Crise en France

En plus de la crise européenne, il ne faut pas oublier le cas particulier de la France. Depuis bientôt 5 ans, on nous oblige à travailler plus (HEURES SUP - RETRAITE RETARDÉE - RALLONGEMENT DE LA DUREE DU TRAVAIL - ...) autant de "conditions" qui réduisent les possibilité de création d'emplois. Ceux qui travaillent travaillent plus et le nombre de chômeurs s'accroit. Et tout ça aggrave les difficultés des plus modestes et par voie de conséquence accentue le déficit de consommation. Ralentissement de la croissance et récession.

L'Angleterre

Ils ne s'intéressent qu'à ce que l'Europe peut leur apporter, et ce depuis des décennies, Le Grand Charles avait compris depuis longtemps, mais la France et ses dirigeants successifs ont rien compris!!

Les donneurs de leçons n’aiment pas être contrariés

N S a eu raison de rappeler à ce Monsieur qu’il faut de temps en temps participer et se mouiller pour pouvoir critiquer.(il n’est pas le seul pour la critique) Car la critique est facile ,mais l’art est difficile.

Bruxelles capitale du vide européen.

L'europe à deux vitesses : Bruxelles, sera toujours l'image de l'europe : La pauvreté est même dans la capitale de cette grande europe sociale. Bruxelles la grande vitrine de cette magnifique institution. Où le chômage jeune arrive à 35%, le francophone n'a plus de droit que de se taire, pour les autres régions. Et où le riche écrase le pauvre. Bruxelles reste bien la capitale. http://www.rtl.be/info/votreregion/bruxelles/832561/bruxelles-1-enfant-s...

dedans/dehors....

Les «10» européens hors Euro veulent être entendus dans une problématique qu'ils ont éludée. Pour avoir droit au chapitre, c'était, c'est simple: une entrée dans la zone Euro. Cela s'applique en particulier aux britanniques qui de plus critique sans cesse la politique de la zone,
Il est vrai que les turbulences actuelles provoquée par la dette souveraine de certains membres de l'U.E.a permis de mettre en évidence les déficiences du système monétaire actuel et la nécessité d'une gouvernance «financière» centrale de l'Union. Il est clair qu'une telle avancée, pour nécessaire et évidente qu'elle soit, participe à une plus grande intégration européenne qui se fera peut-être à 17 et non à 27. Il est temps que l'Europe reconnaisse sa puissance réelle, certes en accomodant les personnalités nationales, en renforcant réellement une politique commune. Il est temps enfin de dépasser le traité de Verdun liquidant l'empire de Charlemagne.

Monnaie et Europe

Messieurs les Anglais, début les débuts del'histoire Europenne, vous avez toujours un pied dedans et un pied dehors. Vous ne versez pas un kopec dans les caisses Europeenes puisque vous récupèrez la totalité depuis le dame de fer. Vous n'avez pas voulu errez dans l'Euro monnaie Unique et vous voulez venir donner des ordres ou plutôt transmettre ces de votre grans frère les USA, dans les réunions ou vous n'avez rien a faire. Plutôt faire une fois de plus capoter les avancements qui sont en train de se mettre en
place. Oui a une Europe Fédérale , même impôts, même législation sociale, droit, donc un véritable intégration , avec un seul gouvernement Politique, financier, un seule armée, etc, etc..... Le petit Sarko êta chancelière allemande devant des gouverneur dans leur propre pays . Alors un peu de courage et d'abmegation, de générosité pour la France et les Européens. vIVE L'EUROPE.

LA GRANDE-BRETAGNE dans la Zone Euro??

Comme disait le Général DE GAULLE, qui en ce temps-là avait plus d'un siècle d'avance, sur l'intelligence de nos comtemprains de politicards ! " Faites l'Europe que vous voulez, mais n'y méttez jamais l'Angleterre!!! Vous verrez pourquoi??? Le DGénéral avaot mille fois raison. L'Angleterre, n'a pas l'Euro, mais donne son avis, sur la ruine de l'Euron inspirée des ministres des fianances de cette Europe... Des inconditionnels des mauvaises décisions...

51eme etat americain...

Il est bien connu que l'angleterre est le 51eme etat americain et son PM le caniche des US...

Alors qu'ils mange dans sa gamelle et laisse l'europe resoudre ses problemes.
Les US et l'angleterre en ont plus que leur dose de problemes et n'ont aucune lecon a donner a l'europe.

Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet

 
 
 
Fermer