- Cinéma - Cinéma américain - Cinéma français - Culture
Un relooking 3D pour Tintin
Notre héros de bande dessinée préféré Tintin revient sur grand écran en 3D dans le nouveau blockbuster, "Les Aventures de Tintin : le Secret de la Licorne". Un défi couteux mais visuellement réussi, de Steven Spielberg. Puis, dans un registre complètement différent, coup de cœur pour "Hors Satan" de Bruno Dumont. Un film dur aux références bibliques.
"Hors Satan", entre ciel et terre
Au commencent, le vent soufflait sur les paysages de la Côte d’Opale.
Bruno Dumont vit que la lumière était bonne.
Et Bruno Dumont l’appela "Hors Satan".
Tel est le point de départ du sixième film de Bruno Dumont. Des dunes, du sable, des marais et des bois.
Un cadre minimal où évoluent des personnages sans nom. Au générique, ils sont "le gars", "la fille" ou encore "la mère.
Un ermite joué par David Dewaele marche et dort à la belle étoile. Une fille qui souffre de la vie l’accompagne. Elle demande sa protection et son aide pour se débarrasser de son beau-père qui vraisemblablement abuse d’elle.
Il s’exécute. "On a fait qu’est-ce qu’on avait à faire", dit-il. Pas besoin d’en savoir plus. Ce personnage principal ne parle pas. Quand il ne fracasse pas le crâne des prétendants de la malheureuse, il accomplit des miracles pour les gens du village. La nature l’enveloppe et le protège. Les plans larges magnifient les paysages. Le cadre plus serré filme des visages, des gestes et cet être qui remercie mère nature par d’étranges prières.
Mais "Hors Satan" n’est pas un film sur la ou les religions. Sous ses allures de psychopathe, la création de Dumont n’est ni ange, ni démon. Encore moins humain.
Il projette notre humanité. Où se trouve la frontière entre le bien et le mal ? L’amour et l’hyper violence? Cette frontière existe-t-elle ?
Au cours de cette expérience métaphysique peu ordinaire, on tente de comprendre. Dumont laisse du temps pour répondre. Les scènes de contemplation de la nature côtoient de rares dialogues. Entre ciel et terre, il y a les hommes tout simplement.
En montant son propre film, le réalisateur a décidé de mettre de côté le spectacle et l’artifice. Techniquement, il s’est reposé sur une perche et le son d’un micro cravate pour enregistrer la réalité de la nature. Le souffle du vent et le silence des personnages se répondent…
Regarder "Hors Satan", c’est donc ne pas avoir horreur du vide. Un vide que le spectateur comblera car c’est finalement lui le seul véritable interprète du film.



























Commentaires (1)
TINTIN : LES DENTS DE LA MER-ique
Le rouleau compresseur hollywoodien a allègrement franchi nos frontières culturelles afin de niveler encore un peu plus les cervelles françaises avec une version 3D commerciale de “Tintin”.
Revu, léché, lissé, hight-techisé et surtout boosté à la dynamite made in US, bref consciencieusement américanisé par Spielberg (professionnel de la récupération mercantile des mythes contribuant à l’abrutissement mondial), ce TINTIN-là, comme tout ce qui sort de l’industrie cinématographique yankee, n’échappe pas à sa mission hégémonique : transformer le monde (idolâtre d’images merveilleuses) en vassal de l’Amérique allaitée au coca-cola.
Les gogos par millions vont encore se laisser berner par ces spielbergueries qu’on leur présente comme le banquet de mariage -supposé heureux- de la lourde, indigeste, vulgaire Hollywood avec la fine, élégante, spirituelle Belgique.
Les esprits faibles ferrés depuis leur naissance par le système cinématographique américain se ruent en troupeaux dans les salles de cinéma pour ne pas rater l’évènement, comme si c’était une perte de ne pas partager ces références entre bovins...
Reprendre nos traditions, s’inspirer de notre imaginaire collectif, s’emparer de nos vieux rêves européens, faire revivre nos figures locales en les remodelant à leur sauce ketchup et enfin nous les refourguer avec la caution du “terroir culturel”, voilà le génie criminel du cinéma d’outre-Atlantique !
Cette mouture 3D de TINTIN génératrice de produits dérivés en tous genres n’est ni plus ni moins qu’une pierre supplémentaire dédiée à l’édification de l’idéologie américaine (basée sur la consommation primaire, outrancière alliée à la suprématie militaire la plus brutale).
Retailler nos statues, les uniformiser selon les critères au rabais du marché international, telle est la spécialité des faiseurs d’images de Hollywood.
Pour ça ils sont forts les amerloques !
Avec Spielberg la jolie histoire belge vient de tourner à l’horreur du cinéma mondialiste : TINTIN a vendu sa fameuse mèche au diable.
Raphaël Zacharie de IZARRA
Réagir à cet article