Dernière modification : 27/10/2011 

- Crise financière - Économie européenne - Grèce - José Manuel Barroso - Union européenne - Zone euro


José Manuel Barroso : "L'Europe est désormais plus forte"

Dans un entretien exclusif accordé à RFI et France 24, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, revient sur l'accord conclu à Bruxelles entre les dirigeants de la zone euro pour résoudre la crise de la dette.

Par FRANCE 24 (vidéo)
FRANCE 24 (texte)
 

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a accordé un entretien à France 24 et RFI, quelques heures après l'accord européen sur la dette obtenu au forceps dans la nuit de mercredi à jeudi à Bruxelles. Il se montre très optimiste sur les effets du plan européen qui prévoit notamment un effacement de la moitié de la dette grecque, tout en rappelant qu’il reste de lourdes tâches à accomplir. "Il faut maintenant nous concentrer sur l’exécution de ces mesures", explique-t-il.

"C’est une décision très importante que nous avons prise cette nuit. […] Nous avons réalisé des progrès très importants, plus importants que prévus, déclare-t-il. Nous avons proposé une solution d’ensemble qui pourrait en même temps porter une réponse à la question grecque mais aussi aux questions des banques, […], de la stabilité en Europe et quelques mesures pour renforcer la gouvernance de la zone euro."

"Les banques ont fait le bon pari"

Au terme de l’accord conclu cette nuit à Bruxelles, les banques créancières de la Grèce ont accepté de renoncer à la moitié de leurs créances, soit 100 milliards d’euros, effaçant ainsi une grande partie de la dette de la Grèce qui s’élève à 350 milliards d’euros.

"C’est un accord volontaire, assure José Manuel Barroso. Les banques se sont dit : ‘Est-ce que nous prenons le risque de tout perdre ou est-ce que nous nous assurons d’être remboursé à hauteur de 50% de nos prêts ?’ Elles ont fait le bon pari : celui de travailler à rendre possible le remboursement de la dette grecque", comment José Manuel Barroso.

En échange de l'effort demandé au secteur bancaire, une recapitalisation des établissements a été décidée. Les besoins ont été chiffrés à 106 milliards d'euros par l'Autorité bancaire européenne (EBA), bien que les marchés et le Fonds monétaire international (FMI) les estiment supérieurs.

Athènes recevra en outre de nouveaux prêts de 100 milliards d'euros d'ici à fin 2014 de la part de l'Europe et du FMI, dans le cadre d'un programme qui remplace celui de 109 milliards d'euros décidé en juillet.

Pour le président de la Commission européenne, "la Grèce a du potentiel si elle va au bout des réformes structurelles qu’elle aurait dû entamer il y a longtemps, elle est capable de connaître une croissance bien plus élevée que celle qu’elle a connue ces dernières années".

Les pays de la zone euro ont également prévu de faire appel aux pays émergents comme la Chine ou la Russie pour l’aider à résoudre la dette, en particulier pour financer le Fonds européen de stabilité financière (FESF), dont la capacité de prêt a été élevée à 1 000 milliards d’euros. Cette enveloppe devrait permettre d’éviter que la crise de la dette ne gagne l’Italie et l’Espagne, mais l’appel aux finances étrangères provoque nombre de critiques en Europe.

"La zone euro a besoin d’une véritable gouvernance économique"

Il ne s’agit pas d’un appel à l’aide, répond en substance le président de la Commission européenne, mais d’une possibilité d’investissement pour ces économies excédentaires. "Aujourd’hui, nous sommes interdépendants, rappelle José Manuel Barroso. Dans l’économie globale dans laquelle nous évoluons, il y a un intérêt d’ensemble à la stabilité de l’euro. Nous ne sommes pas en train de faire des demandes spécifiques [à ces pays] mais ce que nous proposons, c’est que ces pays qui ont un excédent financier puissent renforcer leurs contributions pour la stabilité financière."

Pour ce faire, le président de la Commission européenne rappelle la nécessité d’une politique économique commune aux dix-sept membres de la zone euro. Ils ont d’ores et déjà décidé de se réunir deux fois par an sous la présidence de l’actuel président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy. "Il est évident que la zone euro a besoin d’une véritable gouvernance économique. Il faut qu’une union économique vienne compléter l’union monétaire", explique Barroso. Il annonce également la création d'un "super-commissaire à l'euro" avec l'élargissement des fonctions d'Olli Rehn, le commissaire chargé des Affaires économiques et monétaires.

"L’Europe est aujourd’hui beaucoup plus forte qu’il y a quelques temps, conclut José Manuel Barroso. Nous avons montré toute la détermination dont nous avons su faire preuve pour faire face à cette crise."

En savoir plus
Réagissez à cet article
Commentez cette article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(18) Réactions

euro

on a sauver les riches mais le pires c et pour nous qui trinquont

les talons d'Achille

L'Europe n'est pas plus forte, elle subit les évènements et répond toujours avec un temps de retard, et encore les derniers accords ne concernent que l'économie; mais l'Europe n'existe toujours pas au niveau politique internationale et si peu en terme d'harmonie sociale

inquiet

Je suis tres inquiet sur l'intervention de la Russie dans les affaires economique du monde civilisee. Rappelons nous que la meme Russie a maintenu tout l'est de l'Europe dans un etat de sous-developpement pendent 50 ans.
Aussi, le plan accepte resout pour le moment les problemes financieres de la zone euro, mais il ne reverse pas la tendence des derniers 20 ans quand au lieu de la production des biens qui sont vedus pour avoir de l'argent pour la consomation on trove cet argent par des manipulations financieres qui sont tres proches du vol purement et simplement.

Poudre aux yeux ou incompétences ?

Comment être satisfait alors que rien n'est accompli, pire, l'Europe qui était déjà conçue sur un modèle erroné, à perdu ses paramètres fondamentaux de maîtrise : L'intervention de zones tiers comme la Chine, va permettre aux dirigeant de la zone Asie, pilotée par un concept communiste, donc très différent, de fixer le cours de l'Euro qui les arrange, en fonction de leurs objectifs d'exportations et d'investissements.
Une Europe qui mobilise 27 pays, met en difficultés les trésoreries des pays adhérents, pour un hypothétique sauvetage d'un adhérent, la Grèce qui ne compte que 11 millions d'habitants qui ne paient pas leurs impôts, et ou la fraude fiscale semble être le sport national depuis de nombreuses années;
Créer une séparation, sous une forme de "désadhésion" partielle ou totale avec ce pays, eût été une solution plus raisonnable pour tout le monde, y compris les Grecs qui se trouvent dans un cumuls de Plans qui de toutes façon ne sont ni viables, ni concrètisables dans le temps.
Félix Auxonne

europe d

l'europe est consternante
"ils"veulent gérer la profondeur des preservatifs et sont incapable de gérer une crise ,sauf quand on est dans le trou

c'est du bouillon pour les

c'est du bouillon pour les morts donner l'argent du contribuable c'est du vol les caisses des rois ne sont remplie que par l'argent des pauvres.

M. BARROSO

Que je voudrais vous croire mais là non vous rêvez.

euro summit

Premièrement les infos ok mais pas à moitié pas distillées et dirigées svp. Hier madame Merkel a téléphoné à monsieur Berlusconi en s'excusant de son attitude involontaire entrainée par celle de sarkosy qui par son attitude grotesque et enfantine aurait pu le blesser ! Deuxièmement que sarkosy arrête de parler toujours de paris et berlin ! c'est Europe entière qui s est démenée hier pour arracher une solution positive à la crise de l euro et de la dette. Puis arrêté de mettre l'Italie dans le même panier que la Grèce les deux situations de crise sont totalement différentes ! La gauche (politiques et médias) mettent les bâtons dans les roues de Berlusconi qui doit faire face non seulement à la crise mais à une opposition obtue malsaine et de mauvaise foi.

 
 
 
Fermer