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EUROPE

À la veille du G20, Sarkozy et Merkel tentent de désamorcer la bombe grecque

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 02/11/2011

À la veille de l'ouverture du G20 à Cannes, la France et l'Allemagne tentent d'endiguer les effets potentiellement désastreux du référendum grec sur le plan d'aide européen décidé par le Premier ministre grec Georges Papandréou.

REUTERS - Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont de nouveau joué mercredi les artificiers pour tenter de désamorcer la bombe jetée au coeur de la zone euro par George Papandréou à la veille du sommet du G20 sous présidence française à Cannes.

Le président français et la chancelière allemande ont convié George Papandréou à les rejoindre dans cette cité de la Côte d’Azur, pour qu’il s’explique sur sa décision de soumettre à référendum le plan européen de sauvetage financier de la Grèce, laborieusement conclu jeudi dernier à Bruxelles.

Nicolas Sarkozy réunira jeudi matin, avant l’ouverture officielle du sommet, les représentants des pays de la zone euro membres du G20 - France, Allemagne, Italie, Espagne - et des institutions européennes, pour parler crise grecque.

Alors que la question d’une sortie de la Grèce de l’euro n’est plus taboue, France et Allemagne tentent de limiter les effets dévastateurs de l’annonce unilatérale d’un référendum, qui a semé la consternation en Europe et enflammé les marchés.

« Les Grecs doivent dire vite et sans ambiguïté s’ils choisissent ou non de conserver leur place dans la zone euro », a ainsi déclaré mercredi le Premier ministre français, François Fillon, lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale.

A Cannes, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont d’abord accordé leurs violons en fin d’après-midi avec les dirigeants des institutions européennes et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, lors d’une première réunion à laquelle la chancelière allemande est arrivée avec 40 minutes de retard.

A la fin, peu avant 19h30, seul Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, a parlé à la presse : « Nous avons pris il y a une semaine des décisions à 17, nous n’accepterons pas que quelqu’un se dissocie de la décision des 17 », a-t-il dit.

Les mêmes sont revenus une heure et quart plus tard au Palais des Festivals, alors que Nicolas Sarkozy achevait un dîner de travail avec son homologue chinois, Hu Jintao.

George Papandréou est arrivé cinq minutes plus tard avec son ministre des Finances, Evangelos Venizelos. Hormis le chef du protocole de l’Elysée, personne ne l’a accueilli.

Selon des sources gouvernementales françaises, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel devaient lui proposer une feuille de route en trois points : obtenir de son Parlement un vote positif sur le plan européen et ses contreparties, fixer la date la plus proche possible pour le référendum et choisir une question qui mettent les Grecs face à leurs responsabilités.

Un vote positif du Parlement grec vaudrait engagement à respecter les contreparties demandées à la Grèce en matière de réformes économiques et financières, en échange de la solidarité des autres pays de l’euro, fait-on valoir à Paris.

Ce serait “un élément extrêmement apaisant, à la fois pour les autres Etats membres et pour les marchés”, a dit à Reuters le ministre français des Affaires européennes, Jean Leonetti.

Boite de Pandore

La question de savoir si ce vote interviendrait après le vote de confiance demandé par George Papandréou vendredi ou à cette occasion reste pour le moment sans réponse.

Mais il est clair que “l’état des marchés montre qu’il faudra un geste assez rapide”, souligne-t-on du côté français.

S’il paraît difficile de contraindre George Papandréou à renoncer à son projet de consultation, les partenaires de la Grèce jugent impossible d’attendre le début de 2012.

« Le Premier ministre grec a ouvert une boîte de Pandore qui est dangereuse pour son peuple, dangereuse pour la Grèce et dangereuse pour la zone euro », a ainsi déclaré sur France 2 le ministre français de l’Agriculture, Bruno Le Maire.

« Tout ce qui peut nous permettre d’aller rapidement, donc de ne pas laisser les marchés financiers dans un état de panique (...) sera une bonne décision », a-t-il ajouté.

La France souhaite que le référendum, si référendum il y a, ait lieu au plus vite, si possible avant l’échéance du prochain versement de l’aide européenne à la Grèce à la mi-décembre, a confirmé à Reuters Jean Leonetti.

Pour les dirigeants français, la question qui sera alors posée aux Grecs ne peut en aucun cas porter sur un accord conclu à 17 et qui impose des sacrifices à toutes les parties.

Selon des sources gouvernementales françaises, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel devaient d’ailleurs rappeler à cet égard à George Papandréou ses engagements et lui signifier qu’ils sont indissociables de l’aide européenne.

Pour les dirigeants français, la seule question qui vaille d’être posée aux Grecs par référendum est, comme l’ont dit avec insistance François Fillon, Jean Leonetti ou Bruno Le Maire : « Voulez-vous ou non rester dans la zone euro ? »

Faute d’accord mercredi soir, les derniers rebondissements de la crise de la dette grecque risquent de polluer le sommet du G20, dont le président français voulait faire un temps fort de la fin de son quinquennat.

 

Première publication : 02/11/2011

  • GRÈCE

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