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L'opinion de
Stanislas DE SAINT HIPPOLYTE

Stanislas DE SAINT HIPPOLYTE
Correspondant à Washington

Cache-cache à Washington : une journée avec Marine Le Pen

Le 03-11-2011

J'avais toujours rêvé faire ça, sauter dans un taxi et crier au chauffeur : “Suivez cette voiture!” (“Follow that car!”). Mon rêve est devenu réalité. Je dois rendre grâce ici à l'équipe de communication de Marine Le Pen.

Pour sa première matinée sur le sol américain, Marine Le Pen devait rencontrer un "membre de la communauté noire” et un “membre de la communauté juive”. Programme relativement flou, d'accord. Ce mercredi matin, nous sommes une trentaine de journalistes français à attendre quelques précisions sur le trottoir devant son hôtel.

Mais finalement la présidente du Front national change son programme et décide de “visiter Washington”. Sans les journalistes. Elle s'engouffre dans un gigantesque 4x4 noir. Micro France 24 en main, nous la prenons en chasse. Deux rues plus loin, nous la perdons. Elle a gagné la première manche du cache-cache.

Un communiqué la veille évoquait une visite au musée de l'Holocauste. Nous y passons. Elle n'est pas passée par là.

Nous revenons donc au Capitole, où elle viendra forcement. Dans ce voyage américain, la partie politique est cruciale. Elle souhaite à tout prix rencontrer un homme politique proche du Tea Party, ce mouvement populaire ultra-conservateur qui bouleverse le paysage électoral américain. “J'ai vu dans leur émergence un parcours parallèle à celui du Front national” nous a-t-elle expliqué.

Depuis quelques semaines, une rencontre avec Ron Paul, candidat à l'investiture républicaine, est annoncée. Ron Paul, élu du Texas, est souvent presenté comme un des “pères spirituels” du Tea Party. Le voir serait un symbole fort pour Marine Le Pen.

Mais lui aussi joue à cache-cache. Trois jours avant l'arrivée de la présidente du Front national, le congressman a annoncé que “pour des questions d'agenda”, il ne serait pas à Washington pour cette rencontre. Jusqu'au dernier moment, le doute plane.

Ayant perdu la trace de Marine Le Pen dans les rues de Washington, nous errons dans les couloirs du Congrès. Et nous tombons nez-à-nez... avec Ron Paul. Il est bien à Washington. Mais il refuse de nous confirmer un éventuel entretien avec la patronne du FN. Le suspense dure. Marine Le Pen arrive. La rencontre aura bien lieu.

C'est une petite victoire pour Marine Le Pen, qui accuse les journalistes français d'avoir “voulu faire de son voyage aux États-Unis un fiasco avant même qu'il ait commencé”. Il n'y aura pourtant pas de photo de presse de la poignée de main Ron Paul - Le Pen. Tout le monde se cache. Ce n'est pas la grande amitié affichée.

Un autre congressman a accepté de rencontrer la Française : Joe Walsh, représentant républicain de l'Illinois. C'est un franc-tireur de la politique américaine. Tous les journalistes découvrent cette entrevue sur le moment même. Plus tard, Marine Le Pen nous confiera : “Nous n'avons pas voulu vous l'annoncer plus tôt pour que vous ne l'effrayiez pas avec vos appels.”

La suite de la journée heureusement pour nous sera plus cadrée. En fin d'après-midi, comme prévu, Marine Le Pen s'est arrêtée devant le Fonds monétaire international pour un “point presse sur la situation économique mondiale”. Pas de tribune, pas d'invitation officielle du FMI. Un simple coin de trottoir et une forêt de micros français pour l'écouter dénoncer “la faillite de l'euro” et prédire l'échec du sommet du G20 à Cannes.

Pour peaufiner sa stature internationale, Marine Le Pen va poursuivre la partie à New York et en Floride.

En 1987, le précédent dirigeant du Front national, son père Jean-Marie Le Pen, avait rencontré Ronald Reagan. Marine, elle, ne rencontrera pas Barack Obama. Le président américain est justement en France pour le G20.

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