Dernière modification : 04/11/2011 

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Comment l’Italie est devenue le nouveau maillon faible européen

Comment l’Italie est devenue le nouveau maillon faible européen

Depuis quelques semaines, la pression exercée par les marchés financiers s’est portée sur l’Italie. À tel point que le pays semble être promis à un destin à la grecque. Une situation dans laquelle Silvio Berlusconi porte une part de responsabilité.

Par Sébastian SEIBT (texte)
 

Grâce à un Premier ministre grec, Georges Papandréou, qui a focalisé toute l'attention du G20, ces 3 et 4 novembre, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a pu passer un séjour cannois relativement calme. La chancelière allemande, Angela Merkel, a eu beau lui faire la leçon, jeudi, sur l’urgence de réduire la dette publique italienne, qui s’élève à près de 2 000 milliards d’euros (120 % du PIB), le "Cavaliere" a assuré le minimum syndical en promettant des mesures d’austérité dans les 15 jours à venir, comme l’a rapporté l’agence de presse Reuters.

Un petit échange d’amabilités qui reflète mal la zone de fortes turbulences dans laquelle l’Italie est rentrée ces dernières semaines. En cause : une défiance grandissante des investisseurs à l’égard de la troisième économie de la zone euro. Ils voient de plus en plus le pays comme le prochain sur la liste des États européens à devoir faire appel à une aide financière internationale.

Ainsi, depuis la mi-octobre, Rome doit-elle payer un taux d’intérêt supérieur à 6 % pour pouvoir emprunter de l’argent sur 10 ans sur les marchés financiers. “C’est un niveau alarmant, surtout que l’Italie devrait entrer en récession dans les prochains mois”, estime Rebecca Wilder, économiste au sein de Global Team Invest, une société d’investissements américaine. “Au-delà du taux lui-même, c’est son augmentation rapide - il était à un peu plus de 5 % en août - qui est de mauvais augure”, rajoute Céline Antonine, spécialiste de l’économie italienne à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Le problème Berlusconi

“L’économie italienne a, en fait, un grave problème qui s’appelle Silvio Berlusconi”, écrivait, jeudi, sur le blog américain Econospeak, Barkley Rosser, un économiste à l’Université de Madison (Wisconsin). Les marchés financiers ne croient plus dans la capacité du “Cavaliere” d’imposer les mesures qui seraient nécessaires à faire baisser la dette. Ils doutent même de sa survie politique.

Le président du Conseil a, en effet, subi une série de rebuffades politiques ces derniers jours. Son cabinet a refusé, mercredi, de lui accorder le droit de recourir au décret pour faire entrer en vigueur des mesures d’austérité d’urgence. De plus, Silvio Berlusconi a appris, jeudi, depuis Cannes la défection de six députés de sa majorité qui ont appelé à la constitution d’un nouveau gouvernement. La nouvelle est d’autant plus mauvaise que Silvio Berlusconi doit faire adopter par le Parlement la semaine prochaine une réforme budgétaire cruciale et que sa majorité se réduit comme peau de chagrin.

Un climat politique délétère qui aboutit à ce que “sur les deux plans de rigueur adoptés en juillet et août dernier pour économiser environ 100 milliards d’euros d’ici 2014, seuls 30 milliards d’euros d’économie ont clairement été budgétés”, rappelle Céline Antonin pour qui la priorité pour rassurer les marchés est de résoudre la crise politique italienne.

Avis à Merkel et Sarkozy

Mais la politique ne fait pas tout. Les fondamentaux de l’économie font aussi grise mine. L’Italie est le pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à avoir enregistré le plus faible taux de croissance en 2011. Il a été de 0,1 % contre une moyenne de 0,8% pour l’ensemble des 27 États membres de l’organisation. “À cause de sa dette très élevée, l’Italie n’a pas pu, comme la plupart des autres pays, mettre en place un plan de relance et son économie n’a donc absolument pas pu rebondir après la crise”, explique Céline Antonin.

Dans ces circonstances, le destin économique de l’Italie n’est plus vraiment entre ses mains. “Si Rome veut éviter de se retrouver dans une situation à la grecque, elle doit espérer que la Banque centrale européenne (BCE) continue à racheter de la dette italienne et surtout que les autres pays de la zone euro réussissent à sauver la Grèce pour rassurer les marchés sur l’avenir de la monnaie unique”, affirme Céline Antonin. Message transmis à Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.

Commentaires (10)

Que c'est triste

C'est malheureux que l'économie d'un pays tienne à une personne. Mais est-ce vrai? Il y a dans les faits une armée de fonctionnaires qui eux ont les vrais pouvoirs. Ceci dit, vous connaissez la citation : un pays a le gouvernement qu'il mérite.

Comment l'italie est devenue...?

Ma pense va avec l'Italie;L'italie doit compté avec Silvio -berlusconi jusqu'à son fin de mandat enfin que le pays(italie)trouve sa place européenne d'avant et après ça..?

Crise de l'Europe

L'Italie doit de séparer de Berlusconi, et la France de Sarkozy.
Personne n'ait dupe le plan d'austérité que la France est en train de mettre sur pied est dicté par les agences de notation.C'est le plan que Sarkozy aurait annoncé si par malheur il était réélu en 2012. Mais la France est rattrapée par les agences!! Dieu mer ci avant 2012!!

Je pense que la crise des

Je pense que la crise des dettes souveraines a déterminé que l’unité de l’Italie n’est plus soutenable avec une économie qui marche a deux vitesses. Par exemple le taux de croissance 0,1% en 2011 n'est pas une figure cohérente étant le résultat du Nord qui marche mieux que la moyenne européenne et le Sud qui est au même niveau de la Grèce. Cela est le problème principal de l’Italie et l’origine de son dette publique. Je suis d’accord que Berlusconi porte un parte de responsabilité mais il n’est pas la cause de tous les problèmes comme l’opposition veut faire croire. Je m’excuse pour mon française mais je suis Italien.

Il est venu le temps du réveil

Réapprenons à ne plus consommer plus qu'on ne produit, à ne plus dépenser plus qu'on ne gagne, à faire les efforts nécessaires pour redevenir compétitifs ...
Pour combler les déficits issus d'un désir de tous, de maintenir un niveau de vie, les États ont emprunté et les banques ont spéculé.Il est venu le temps de cesser de rêver.

le sérieux est le premier fondement d'un gouvernement

Lorsque les bouffonnades se substituent au sérieux politique, cette dernière se réduit en opéra bouffe, ou pour mieux dire, en œuvre mélodramatique.
Ayant vécu pendant des décennies en Italie, je dois avouer que la politique italienne ne peut être comparée à celle des autres pays européens qui s’acharnent à rechercher le meilleur équilibre pour le bien de la Nation.
La Nation, comme le sens de l’Etat, et encore pire, celui de la Patrie. Il suffit de vérifier la déontologie de ses ministres, tel Bossi qui offre aux photographes son célèbre geste quotidien du doigt médian pour témoigner son niveau culturel !
Il ne s’agit que d’un détail concernant le sérieux de la politique italienne. Toutefois, ce qui est encore plus alarmant c’est le mensonge sur les résultats économiques et financier de son ministre des finances, Tremonti, qui élève le pourcentage de la dette extérieure de son pays presque chaque jour.
Draghi, le nouveau président de la BCE, précédemment président de la Banque Centrale Italienne, lance des avertissements au gouvernement italien sur la nécessité de réduire leur dette.
Je me demande comment M. Draghi n’a pas pu s’apercevoir de ces dépassements de budget lorsqu’il dirigeait la Banque d’Italie…
La politique italienne est très différente des autres pays européens, parce que l’Italie, en réalité a connu, en 1861, une union formelle de différentes Régions et non la constitution d’un Etat qui a connu la cohésion sociale grâce à des valeurs que parfois nous sous-évaluons en France, à savoir : Liberté, Egalité et Fraternité, fondements de notre nation.
Pour conclure, le problème principal de l’Italie est que ni les partis de la majorité, ni ceux de l’opposition se rendent compte du désastre à la Grecque à laquelle leur nation est en train de connaître.
Raphaël D’Arcangelo.

Le manque de sérieux est le premier enjeu de la politique

Lorsque les bouffonnades se substituent au sérieux politique, cette dernière se réduit en opéra bouffe, ou pour mieux dire, en œuvre mélodramatique.
Ayant vécu pendant des décennies en Italie, je dois avouer que la politique italienne ne peut être comparée à celle des autres pays européens qui s’acharnent à rechercher le meilleur équilibre pour le bien de la Nation.
La Nation, comme le sens de l’Etat, et encore pire, celui de la Patrie. Il suffit de vérifier la déontologie de ses ministres, tel Bossi qui offre aux photographes son célèbre geste quotidien du doigt médian pour témoigner son niveau culturel !
Il ne s’agit que d’un détail concernant le sérieux de la politique italienne. Toutefois, ce qui est encore plus alarmant c’est le mensonge sur les résultats économiques et financier de son ministre des finances, Tremonti, qui élève le pourcentage de la dette extérieure de son pays presque chaque jour.
Draghi, le nouveau président de la BCE, précédemment président de la Banque Centrale Italienne, lance des avertissements au gouvernement italien sur la nécessité de réduire leur dette.
Je me demande comment M. Draghi n’a pas pu s’apercevoir de ces dépassements de budget lorsqu’il dirigeait la Banque d’Italie…
La politique italienne est très différente des autres pays européens, parce que l’Italie, en réalité a connu, en 1861, une union formelle de différentes Régions et non la constitution d’un Etat qui a connu la cohésion sociale grâce à des valeurs que parfois nous sous-évaluons en France, à savoir : Liberté, Egalité et Fraternité, fondements de notre nation.
Pour conclure, le problème principal de l’Italie est que ni les partis de la majorité, ni ceux de l’opposition se rendent compte du désastre à la Grecque à laquelle leur nation est en train de connaitre.
Raphael D’Arcangelo.

l'Italie nouveau maillon faible de l'Europe

A quand le tour de l'Espagne et de la France ?

En tant qu'italien, je suis

En tant qu'italien, je suis profondément fâché. L'attitude de notre "casta" face à la crise est tout simplement ridicule et irresponsable. Mais on le sait bien, messieurs les politiques vivent sur nos épaules depuis bien longtemps sans se soucier des vrais problèmes du pays. Ce que je trouve vraiment affreux, c'est que pour avoir une idée de tout cela, on n'ait d'autres moyens que de se syntoniser sur une chaine étrangère. Bravo à la rédaction de France24 pour son reportage à propos des privilèges «à l’ancien régime » dont jouissent nos parlementaires.

M. BESLUSCONNERIE

Comment croire ce triste personnage si ceux si sont comme lui et il y en a beaucoup.

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