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FRANCE

"Ne pas conclure un accord serait dangereux pour l’écologie et la gauche"

Texte par Aurélie BLONDEL

Dernière modification : 08/11/2011

Le refus de François Hollande de renoncer à l’EPR sème la discorde entre socialistes et écologistes. Denis Baupin (photo) est catégorique : pas question pour les Verts de participer à une majorité qui construit un réacteur nucléaire.

"Je préserverai (…) la construction d’un EPR." Invité au journal de France 2 lundi soir, François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle de 2012, a prononcé la phrase qui fâche les écologistes, opposés à la poursuite du projet de réacteur nucléaire de troisième génération à Flamanville, dans l'Ouest de la France. La riposte de ces derniers n’a pas tardé : alors que le Parti socialiste (PS) et Europe Écologie-Les Verts (EELV) négocient depuis plusieurs semaines en vue d’aboutir à un socle de programme commun et à un accord électoral pour les législatives, une réunion prévue ce mardi matin entre les négociateurs a été annulée. Les discussions vont-elles se poursuivre ? Pas avant que les écologistes aient obtenu des éclaircissements de la part des socialistes, explique l'adjoint au maire de Paris Denis Baupin, chargé de négocier au nom d’EELV.

FRANCE 24 : Où en sont les négociations avec le Parti socialiste ?

Denis Baupin : Depuis hier soir, nous attendons soit que les malentendus soient levés, soit que l’histoire se termine… En attendant d’en savoir plus de la part du Parti socialiste, nous avons fait savoir que nous n’allions pas tenir les réunions qui étaient prévues. Nous ne participerons pas à une majorité qui construit un réacteur nucléaire après Fukushima. Outre nos convictions écologiques, c’est un délire du point de vue industriel de mettre des milliards d’euros pour une industrie du passé, alors que les emplois sont du côté des énergies renouvelables.

F24 : Comment expliquez-vous la déclaration de François Hollande ? Comment avez-vous réagi ?

D.B. : Nous avons été très surpris d’entendre François Hollande trancher hier soir sur la question de l’EPR alors que nous avions indiqué que c’était pour nous un sujet majeur. Cela me déçoit car on travaille depuis des mois, en essayant que cela n’apparaisse pas aux yeux des Français comme un jeu politicien. Je trouve cela dommage, surtout si cela doit déboucher sur un non-accord, qui serait dangereux pour l’écologie comme pour la gauche.

Mais je tente de ne pas sur-interpréter sa déclaration. Je crois que c’est aussi le contexte de l’interview qui en est à l’origine : la question qui lui a été posée essayait de faire croire que les écologistes lui posaient un ultimatum.

F24 : Le parti Europe Écologie-Les Verts peut-il faire sans les socialistes ?

D.B. : Oui, nous l’avons fait à plusieurs reprises. Mais étant donné le mode de scrutin [aux élections législatives], il est certain que la probabilité d’avoir un groupe à l’Assemblée nationale sans accord est faible. Notre motivation principale n’est pas seulement d’avoir un groupe de députés, c’est aussi de participer à une majorité qui mette en place la politique dont la France a besoin, politique économique et écologique. Nous avions un plan A – un accord avec les socialistes – et un plan B – aucun accord conclu, nous allons seuls aux législatives. Aujourd’hui, le plan B semble en voie de devenir le plan A, c’est le risque, mais ce n’est pas notre volonté.

Et je pense que ce ne serait pas non plus une bonne dynamique pour la campagne de François Hollande. Son atout, c’est sa capacité à rassembler, mais rassembler les socialistes ne suffit pas. Une formation toute seule aura du mal à gouverner. Mais c’est dans notre intérêt aussi, j’en conviens, l’intérêt est mutuel.

Pensez-vous que les négociations auraient été plus simples avec Martine Aubry ?

Ouh la la… Je ne veux pas entrer dans ces considérations, ce serait de la politique fiction.

Première publication : 08/11/2011

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