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Culture

La National Gallery célèbre le peintre Léonard de Vinci

Texte par Dépêche

Dernière modification : 08/11/2011

Jusqu'au 5 février, la National Gallery de Londres accueille une exposition de peinture consacrée à Léonard de Vinci. Si la Joconde est absente, l'exposition réunit neuf des quinze toiles peintes par l'artiste et inventeur italien.

AFP - Il n'y aura pas la Joconde et son insaisissable sourire, mais l'exposition consacrée à Léonard de Vinci qui s'ouvre mercredi à Londres est d'ores et déjà célébrée au Royaume-Uni comme "historique".

La National Gallery a, il est vrai, réussi un joli coup: tout à la fois inventeur, anatomiste, scientifique, philosophe, architecte et artiste, de Vinci n'a peint au total qu'une vingtaine de toiles, dont 15 seulement sont arrivées jusqu'à nous.

Le grand musée londonien est parvenu à en réunir neuf, "le plus grand nombre jamais rassemblées au même endroit" et les seules que les musées étrangers ont accepté de laisser voyager. Certaines n'avaient d'ailleurs jamais encore quitté l'Italie ou la France. "C'est un grand triomphe de la diplomatie", commente le directeur de la National Gallery, Nicholas Penny.

De nombreuses expositions ont, bien sûr, déjà été consacrées aux multiples talents de l'artiste italien. Mais la National Gallery a choisi cette fois de se focaliser uniquement sur sa peinture et ses dessins, dont une cinquantaine sont présentés, mettant en exergue l'intense travail de préparation de ses toiles. Des oeuvres datant des 17 années durant lesquelles de Vinci, fils illégitime d'un notaire et d'une paysanne, fut artiste de la cour du duc Ludovic Sforza à Milan, libéré des contraintes matérielles.

Jusqu'au 5 février, les visiteurs pourront ainsi voir pour la première fois côte à côte les deux versions profondément différentes de la "Vierge aux rochers", celle appartenant au Louvre et celle de la National Gallery, qui a été restaurée mais qui, comme beaucoup des oeuvres de Vinci, est inachevée.

"Quand vous regardez de près le tableau (...), vous vous apercevez que certaines parties ont à peine dépassé le stade de l'ébauche", souligne Larry Keith, le conservateur du musée. "Une bénédiction cachée" qui permet de découvrir les techniques utilisées par l'artiste, mais aussi la "marque d'une oeuvre toujours en devenir".

L'exposition présente également trois portraits considérés comme ayant révolutionné le genre: "Le Musicien", l'unique portrait d'homme réalisé par de Vinci, "La Belle Ferronnière" et surtout "La Dame à l'hermine", une peinture sur bois décrite comme le chef d'oeuvre de ses années lombardes et le premier portrait réellement moderne où l'expression du visage reflète l'intériorité du personnage.

Volée par les nazis, cette toile, qui représente probablement la maîtresse de Sforza, a été restituée à la Pologne après la seconde guerre mondiale. Déjà exposée cette année à Madrid puis à Berlin, où elle a suscité des queues de huit heures devant le Bode Museum, elle regagnera ensuite Cracovie pour ne plus en bouger pendant au moins dix ans, a averti le ministre polonais de la Culture.

Autre attraction: "Salvator Mundi", une toile représentant un Christ tenant dans une main un globe de verre et dont on a cru pendant des siècles qu'elle était l'oeuvre d'un des élèves du maître. Elle ne lui a été attribuée que dernièrement.

De quoi assurer au musée l'affluence des grands jours, d'autant que les places sont accessibles depuis mai: "Nous avons vendu un nombre de billets sans précédent", reconnaît la National Gallery.

500 tickets seront toutefois disponibles chaque jour pour les acheteurs de dernière minute. Et pour ceux qui ne pourront se rendre sur place, une projection est organisée dans 40 cinémas mardi soir, une première.

Soucieux d'éviter la cohue provoquée par l'exposition Gauguin l'an dernier à la Tate Modern, le musée a décidé de limiter le nombre de visiteurs simultanés à 180, au lieu des 230 habituellement autorisés. Conséquence : il affiche déjà complet jusqu'à mi-décembre.
 

Première publication : 08/11/2011

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