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EUROPE

Le gouvernement de Papadémos a prêté serment

©

Vidéo par Sammy BERRAHMOUN

Texte par Dépêche

Dernière modification : 11/11/2011

Le nouveau gouvernement de coalition, avec à sa tête Lucas Papadémos, a prêté serment ce vendredi avec pour mission d'éviter à la Grèce la banqueroute. Le ministère des Finances reste dans les mains d'Evangélos Vénizelos.

AFP - Le nouveau Premier ministre grec Lucas Papademos a formé vendredi un gouvernement d'union nationale, qui maintient la plupart des ténors socialistes en poste, avec deux cadres conservateurs de premier plan, et vise à rassurer créanciers et partenaires de la zone euro face à la crise.
              
La mise en oeuvre du plan de sauvetage européen de la Grèce reviendra essentiellement au Premier ministre, l'ex-banquier central Lucas Papademos.
              
Artisan de l'entrée de la Grèce dans l'euro, il est crédité de la capacité de rassurer les

"La tâche sera difficile car ce nouveau gouvernement est éclectique"

créanciers privés, qui vont devoir effacer près d'un tiers de la dette grecque, et d'avoir politiquement les mains libres pour faire avaler aux Grecs la pilule amère de nouveaux sacrifices.
              
Pour le seconder, faire voter le budget 2012 et préparer les conditions du versement d'une tranche vitale de 8 milliards d'euros de prêts internationaux d'ici le 15 décembre, le numéro deux socialiste Evangélos Vénizélos conserve son poste clé des Finances et celui de vice-Premier ministre.
              
Il y avait été propulsé en juin lors du dernier remaniement tenté par le Premier ministre sortant, Georges Papandréou, qu'il a depuis contribué à pousser vers la sortie au cours d'un psychodrame politique qui a ébranlé le pays et la zone euro depuis fin octobre.
              
Pressée de ramener la sérénité, la nouvelle équipe, qui peut prétendre à une majorité tri-partite de 254 députés sur 300 au parlement, a prêté serment vendredi après-midi au nom de la "sainte et indissoluble Trinité", comme le prévoit la Constitution grecque, devant le chef de l'Eglise orthodoxe nationale, Mgr Iéronymos.
              
M. Papademos, qui a déjà réuni un conseil des ministres vendredi soir, doit prononcer sa déclaration de politique générale lundi au parlement, avant une investiture probablement mercredi.
              

Portrait de Lucas Papadémos
Il s'est engagé à faire "tout ce qui est possible pour faire face aux problèmes du pays", à l'issue d'une longue poignée de mains avec M. Papandréou, qui lui cédait le palais gouvernemental.
              
M. Papademos a souligné la nécessité d'une "coopération de tout le monde", alors que le ralliement à la politique socialiste de rigueur d'une droite jusque là retranchée sur une opposition frontale, est incarnée par l'arrivée des deux vice-présidents du parti conservateur de la Nouvelle Démocratie, l'ex-commissaire européen Stavros Dimas, aux Affaires Etrangères, et l'ancien maire d'Athènes, Dimitris Avramopoulos.
              
Issus de l'aile libérale et centriste de la Nouvelle Démocratie, ils seront les plus à même de coopérer avec les socialistes. Cela laisse au dirigeant droitiste du parti, Antonis Samaras, dont deux proches sont également inclus dans la nouvelle équipe, une marge pour continuer la joute politique en vue des élections anticipées qu'il réclame pour "bientôt".
              
Parmi les questions laissées en suspens par le nouveau gouvernement demeure en effet celle de sa durée, laissée dans le flou depuis l'accord Papandréou-Samaras prévoyant un recours aux urnes "immédiatement après la mise en oeuvre" du plan de désendettement du pays mis au point par la zone euro fin octobre.
              
Une autre interrogation porte sur la cohésion et l'efficacité d'une équipe gonflée à 47 membres, dont neuf ministres adjoints et 21 secrétaires d'Etat, et qui voit l'arrivée de quatre cadres d'extrême droite, pour la première fois depuis la fin de la dictature des colonels en 1974.
              
Meneur de cette tendance, un avocat de 47 ans, Makis Voridis, est nommé aux Transports, où il devra jongler entre taxis et syndicalistes des autobus et du métro. Son parti, le Laos, occupe 5% des sièges au parlement, avec 16 sièges sur 300.
              
Les autres portefeuilles sensibles, ceux de l'Education et de la Santé, dans un pays en pleine refonte structurelle et à l'Etat providence anémié, restent aux mains de leurs détenteurs précédents. Au total, douze ministres de l'ancienne équipe conservent leur poste, pour seulement deux départs.
              
Le parti communiste, troisième parti parlementaire, et la gauche radicale ont campé sur leur refus d'entrer dans une alliance, étant opposés aux mesures d'austérité.
              
Les deux principaux partenaires de la Grèce dans la zone euro ont salué la formation du gouvernement. La chancelière allemande Angela Merkel a assuré M. Papademos de son soutien, tout comme le président français Nicolas Sarkozy, qui s'est dit "certain" que le nouveau Premier ministre "(aura) à coeur de prendre toutes les mesures nécessaires" pour assurer la sortie de crise.
             
 

Première publication : 11/11/2011

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