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Moyen-orient

Human Rights Watch accuse le régime de "crimes contre l'humanité"

©

Vidéo par Sonali BHATTACHARYYA

Texte par Dépêche

Dernière modification : 11/11/2011

L'association de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch, qui fustige dans un rapport l'attitude des forces de sécurité syriennes, demande des sanctions ainsi qu'une traduction du régime de Damas devant la Cour pénale internationale.

REUTERS - Human Rights Watch (HRW) a accusé vendredi le régime syrien de "crimes contre l'humanité", ses forces perpétrant de manière systématique des "abus" contre les civils dans leur répression du mouvement de contestation depuis huit mois.


"violations systématiques et très graves"

Dans un rapport publié alors que la Ligue arabe se réunit vendredi et samedi pour discuter du dossier syrien, HRW a appelé l'organisation panarabe "à suspendre l'adhésion de la Syrie".

Cette association de défense des droits de l'Homme basée à New York a aussi demandé à la Ligue arabe de réclamer à l'ONU un embargo sur les armes ainsi que des sanctions contre des membres du régime, et de déférer la Syrie à la Cour pénale internationale (CPI).

"Le recours systématique aux abus contre les civils à Homs (centre) par les forces du gouvernement syrien, y compris la torture et les exécutions arbitraires, montre que des crimes contre l'humanité ont été commis", affirme l'ONG.

Se basant sur les témoignages de 110 victimes et de témoins, elle indique que ces "violations ont tué au moins 587 civils" à Homs, haut lieu de la contestation, entre la mi-avril et la fin août, et au moins 104 autres depuis le 2 novembre, date de l'accord donné par le président Bachar al-Assad au plan arabe pour l'arrêt des violences.

"Homs est le microcosme de la brutalité du gouvernement syrien", écrit Sarah Leah Whitson, la responsable de la section Moyen-Orient à HRW. "La Ligue arabe doit dire au président Assad que violer l'accord a des conséquences et qu'elle soutient désormais une action au Conseil de sécurité pour mettre fin au carnage".

HRW assure avoir pu vérifier que des dizaines d'attaques avaient été perpétrées par les forces de sécurité et "les milices fidèles au régime" contre des "protestations quasi-entièrement pacifiques".

Les forces de l'ordre "ont utilisé des mitrailleuses lourdes (...) pour tirer sur les quartiers et effrayer les gens avant d'y pénétrer avec leurs transports de troupes. Elles coupent les communications et installent des barrages limitant fortement les mouvements de même que la distribution de produits alimentaires et de médicaments".

Elles ont arrêté arbitrairement des milliers de personnes, y compris des enfants, des femmes et des vieillards, et les ont soumises à des tortures systématiques, ajoute le rapport.

Plusieurs centaines de personnes sont toujours portées disparues, ajoute HRW en soulignant avoir indépendamment confirmé la mort de 17 personnes en détention à Homs, dont 12 sous la torture.

Selon des ex-détenus, les soldats les ont brûlés avec des barres métalliques chauffées et leur ont fait subir des chocs électriques.

L'un d'eux a raconté avoir été torturé après avoir été emmené les yeux bandés dans une base des renseignements militaires à Homs. "Ils m'ont frappé avec des câbles et m'ont accroché par les mains au plafond, sans pouvoir toucher par terre (pendant des heures...). Ils me frappaient et me jetaient de l'eau, puis utilisaient des pistolets électriques".

HRW précise que les manifestants n'étaient pas armés dans la majorité des accrochages, mais que ceux ayant fait défection parmi les forces du régime intervenaient quand celles-ci tiraient sur eux.

"La violence par les protestataires ou déserteurs doit faire l'objet d'une enquête plus approfondie", écrit l'organisation, tout en soulignant que "ces incidents ne justifiaient en aucun cas le recours disproportionné et systématique à la force létale contre les manifestants".

Pour l'ONG, la stratégie du régime a poussé certains manifestants et déserteurs à s'armer et à se battre. "Cela met en lumière la nécessité pour la communauté internationale d'obtenir un arrêt immédiat de la violence létale, de crainte que le pays ne sombre dans un conflit plus sanglant".


 

Première publication : 11/11/2011

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