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Culture

Le jeu vidéo étale son histoire au Grand Palais

Texte par Yann BUXEDA

Dernière modification : 16/11/2011

Considéré comme un secteur culturel mineur depuis sa création, le jeu vidéo convainc enfin de son caractère artistique et patrimonial alors que s’est ouverte, jeudi 10 novembre, la première exposition française sur l’histoire de cet art ludique.

Un an après le succès de MuséoGames, Mario et Sonic visent un nouveau "high score". Après le musée des Arts et Métiers de Paris l'an dernier où ils avaient attirés 30 000 personnes, les héros pixellisés s’invitent à nouveau dans l’un des hauts lieux de la culture française. Depuis le 10 novembre, la galerie sud-est du Grand Palais, dans le 8e arrondissement de la capitale, accueille Game Story, une exposition dédiée à l’histoire du jeu vidéo.

Pour sa réouverture – l’aile sud-est du musée était en rénovation depuis 2008 – l’espace accueille, jusqu'au 9 janvier 2012, près de 80 jeux et leurs consoles sur une surface de 700 m² où sont retracés quatre décennies de jeu vidéo.

Cette exposition est le fruit du travail de l’association MO5.com, qui milite pour la préservation et la mise en valeur du patrimoine vidéoludique. Le collectif a œuvré en partenariat avec les équipes du Grand Palais et du musée des arts asiatiques Guimet, et présente au Grand Palais les plus belles pièces de sa collection, riche de quelque 30 000 unités.

"Pour les initiés, il s'agit d'une occasion idéale de rejouer à de vieux titres dans des conditions comparables à celles de l’époque", explique Philippe Dubois, commissaire de l’exposition Game Story et président de MO5.com.

Si les "gamers" historiques sont choyés, le commissaire insiste sur le caractère "grand public" de l’événement : "Game Story a été écrite pour être accessible à tous. Et c’est justement le néophyte qui est visé à l'occasion de cette expérience patrimoniale. Nous avons intégré des éléments contextuels de la culture des quatre dernières décennies au sein de l’exposition pour offrir des points de repère et mieux expliquer la place prépondérante du jeu vidéo dans la société moderne".

Same player…

Une fois les portes du Grand Palais franchies, tout est étudié pour faire vibrer la corde sensible du visiteur. À chaque étape cruciale du développement du jeu vidéo, il peut, manette en main, (re)goûter aux charmes des plus anciennes purées de pixels. Arkanoïd, Pac-Man, Barbarian… les tous premiers héros interactifs sont au rendez-vous.

"Pour comprendre l’histoire du jeu vidéo, il faut pouvoir y jouer. C’est un prérequis valable pour l’ensemble du patrimoine culturel numérique. Vous avez beau avoir les meilleurs cours et les meilleurs professeurs du monde, comment voulez-vous vous forger un avis sur un film ou sur un livre si vous ne l’avez pas éprouvé personnellement ?", s’nterroge ainsi Philippe Dubois.

Au Grand Palais, l’expérimentation débute à l’aube des années 70 avec le célébrissime Pong. Ce jeu de tennis rudimentaire, constitué de deux barres verticales situées de chaque côté de l’écran (raquettes) et d’un pixel qui fait un va-et-vient de gauche à droite, y est présenté en de multiples versions.

Quelques challengers moins éternels lui donnent également la réplique, parmi lesquels l'Odyssey, la toute première console commerciale lancée en 1972.

…play again

Ensuite, le spectateur continue son voyage dans le temps avec les premiers jeux en couleurs, à partir de 1977, puis vient la démocratisation des consoles de salon, à la toute fin des années 80. Portés par le succès populaire, Mario, Sonic, Link et bien d’autres sont élevés au rang d’idoles virtuelles et leur image devient gage de qualité.

Quelques mètres plus loin, la 3D fait son apparition. Nous sommes en 1995 et Sony intègre le milieu avec sa mythique Playstation, qui dominera le marché jusqu’à la fin de la décennie face à la Saturn (Sega) puis la Nintendo 64. Avec des titres comme Wipeout ou Tekken, le gamer découvre un nouveau mode de jeu. La liberté générée par la troisième dimension sera même poussée à son paroxysme dans les jeux de rôle, notamment Final Fantasy VII (Playstation).

Une révolution technique qui guide tout naturellement le visiteur vers la conclusion de l’exposition : l’époque moderne, incarnée par les consoles next-gen (Wii, Playstation 3 et Xbox 360). Les bouillies de pixels et les bugs ont laissé place à des productions techniquement léchées, en haute définition.

World of Warcraft, Pro Evolution Soccer et d’autres séries à succès matérialisent sur les murs l’avènement de la HD. Quant aux dispositifs de détection de mouvement (Wii, Kinnect et Playstation Move), ils figurent, eux aussi, en bonne place.

Level up

La formule, elle, semble séduire. "Depuis son ouverture il y a une semaine, l’exposition ne désemplit pas. Jeudi, vendredi et tout le week-end, il y a eu une longue file d’attente. Les plus téméraires ont parfois attendu jusqu’à deux heures avant de pouvoir entrer", explique le président de MO5.com avec satisfaction.

Pour l’association comme pour l’ensemble du secteur, l'enjeu de cette exposition est important. Longtemps marginalisé, le jeu vidéo cherche aujourd'hui à s’imposer comme une forme artistique reconnue. Un premier pas en ce sens a été franchi à l'occasion de cette exposition, comme en atteste son organisation dans l'un des plus grands espaces culturels français et la présence du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, à son inauguration le 10 novembre.

Mais surtout, le secteur espère que l'événement permettra de crédibiliser un peu plus le projet de mise en chantier d’un musée permanent dédié au jeu vidéo. La création de cet espace constitue d'ailleurs l’un des principaux chevaux de bataille de l’association MO5.com : "On travaille sur ce dossier depuis maintenant une quinzaine d’années, et d’autres collectifs plus jeunes participent à cette dynamique. Aujourd’hui, le projet est à l’étude. Il y a des pistes notamment dans le quartier de la Cité des sciences. Mais cela prendra encore quelques années avant de vraiment prendre forme, a priori."

Save

L’expérience d’un lieu consacré au jeu vidéo a déjà été tentée en avril 2010. Le premier musée du jeu vidéo français avait alors ouvert ses portes au sommet de la Grande Arche de la Défense, avec le soutien du ministère de la Culture et de nombreux autres partenaires.

Mais après douze jours d’exploitation et 5 500 visiteurs, le ministère de l’Écologie et du développement durable, propriétaire des lieux, avait été contraint de fermer l’ensemble du monument. Une panne majeure avait été détectée sur les ascenseurs menant au toit de la Grande Arche...

L’interruption dura quatre mois, avant que les responsables du musée n'annoncent finalement la fermeture définitive du lieu. Aujourd’hui, le musée de la Défense est devenu un musée virtuel, disponible sur Internet.

Et la naissance d'un nouvel espace permanent dédié à la mise en valeur du patrimoine vidéoludique est toujours à l'état d'embryon. Avec, déjà, un premier obstacle à surmonter : insert coin to play again…

Première publication : 16/11/2011

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