Dernière modification : 17/11/2011 

- Élection présidentielle française - Énergie nucléaire - Europe Écologie-Les Verts - France - Parti socialiste


Le PS et les écologistes réaccordent leurs violons sur l'avenir de la filière Mox

Le PS et les écologistes réaccordent leurs violons sur l'avenir de la filière Mox

Après la polémique qui avait suivi le retrait d'un paragraphe de l'accord sur le nucléaire obtenu à l'arraché mardi entre le Parti socialiste (PS) et Europe Écologie-Les Verts (EELV), les deux partis ont fait une mise au point.

 

AFP - Le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts ont assuré jeudi s'être accordés sur le sort de la filière du combustible nucléaire Mox après plus d'une journée d'incertitude sur ce point, nouvelle illustration de divergences profondes entre les deux camps.

Le retrait mardi soir par la direction socialiste d'un paragraphe sur "la reconversion à emploi constant de la filière de retraitement et de fabrication du Mox", sur fond de lobby d'Areva, a plongé les écologistes dans la stupeur. Le texte initial, incluant ce paragraphe, avait en effet été validé un peu plus tôt par Martine Aubry (PS) et Cécile Duflot (EELV).

Signe de l'embarras côté PS, François Hollande, assailli jeudi matin par la presse lors d'un déplacement à Paris, a refusé de répondre sur le sujet. "Il n'y a aucune déclaration à faire de plus", a-t-il dit, parlant comme Benoît Hamon la veille de deux "interprétations" différentes d'un même texte.

Mais en début d'après-midi les deux négociateurs Michel Sapin (PS) et Jean-Vincent Placé (EELV) ont fait une mise au point commune, précisant que la filière Mox faisait bien partie de l'accord entre leurs deux formations. Bref, le paragraphe disparu réapparaissait dans le texte final...

Reprenant en tous points dans leur communiqué la formulation présente dans l'accord signé mardi soir, les deux responsables soulignent qu'il est bien prévu d'accompagner la baisse de la part du nucléaire dans la production électrique (de 75 à 50% d'ici 2025) "d'un plan de reconversion" de la filière Mox "permettant de maintenir le nombre d'emplois par la mise en oeuvre de centres d'excellence du traitement des déchets et du démantèlement".

Le chargé du projet présidentiel de François Hollande et le conseiller politique de Cécile Duflot précisent également qu'en cas de victoire de la gauche en 2012, "les activités dans les filières concernées de retraitement et de production de combustible avec les emplois afférents seront maintenues dans les deux sites de production, La Hague et Marcoule".

Les deux partis s'affrontaient depuis mercredi sur l'avenir de cette filière entre proches de François Hollande jugeant nécessaire de poursuivre le Mox notamment pour le bon fonctionnement de l'EPR de Flamanville et écologistes (opposés au réacteur de troisième génération) estimant que le combustible "n'est absolument pas indispensable au fonctionnement de la filière".

Et malgré la mise au point des états-majors, il reste encore au conseil fédéral d'EELV à valider -ou pas- l'accord de samedi.

Ce couac est en tout cas l'illustration des désaccords profonds entre EELV et le PS, lui-même divisé sur le nucléaire. Daniel Cohn-Bendit avait déploré que le PS se soit mis au "garde à vous" sur le combustible après un coup de fil d'Areva, jugeant cela "pas très jojo" quand M. Placé dénonçait "un entourage très productiviste, pronucléaire", qui devient "extrêmement arrogant" autour de François Hollande.

Il avait prévenu dans la matinée : "s'il y a des petits amis à lui qui mettent du blanco sur des textes vus par la première secrétaire du PS et la secrétaire nationale d'EELV, ce n'est pas un bon début. Cela peut même être le début de la fin."

Mais au-delà du nucléaire, c'est aussi sur le modèle de société que socialistes et écologistes s'affrontent. Pascal Durand, porte-parole d'EELV, explique: "Le PS et François Hollande restent dans une logique de relance de la croissance et de la production. Nous, nous portons un modèle qui tend vers la sobriété, la protection des ressources et donc la sortie du nucléaire".

Nicolas Sarkozy s'est invité dans ce duel à gauche en mettant en garde jeudi contre "les dommages considérables" pour l'industrie française qu'entraînerait une réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité.
 

Commentaires (8)

nucléaire

Ce qui peut paraitre, également, étonnant c'est que le passage à une autre forme d'énergie semble impossible par les tenants du nucléaire qui plus est ils accusent les opposants ou sceptiques à cette forme d'énergie d'adversaire du progrès !
Ne pensez vous pas qu'avec les moyens mis en recherche depuis au moins 60 ans dans le nucléaire nous pouvons trouver des énergies moins dangereuses et moins polluantes ? Et que penser le contraire est bigrement conservateur ?Qui aurait imaginer les voyages dans l'espace 60 ans plus tôt ou les transplantations cardiaques, etc...
Le programme de sortie du nucléaire sera long (20 à 30 ans),raison de plus pour commencer maintenant. Il sera couteux mais surtout parce que le coût de démantellement a été largement (sciemment?)sous estimé.Ce secteur reste après tant de temps très opaque (peu d'informations,des informations cachées, des estimations qui varient de 1 à 4(voire plus)...). Une fois de plus la population n'est pas pensée comme bénéficiaire et commanditaire mais comme consommateur. Les secteurs de l'énergie, du transport, de la santé et de l'éducation doivent être considérées comme du service public et non comme une prestation de service ou une marchandise et donc comme un bizness. Nous ne pouvons laisser une telle forme d'énergie aux mains de marchand et c'est ce qui est en train de se passer !

Politiciens et nucléaire dit "non militaire"...

Selon l’Union Française d’électricité – association de professionnels autour d’EDF – le coût du Méga-Wattheure électrique augmentera d’ici 2030 de plus de 30% avec 70% de nucléaire, mais seulement de 25% avec 20% de nucléaire !
(http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Sortie-du-nucleaire-Cope-suresti... JDD 18-11-2011).
Et selon S. Lhomme ("Sortir du nucléaire") :
"La fermeture de 24 réacteurs nucléaires n'est pas une concession du PS : conçus pour durer 30 ans, ces réacteurs auront de 43 ans à 48 ans en 2025, encore heureux qu'ils soient fermés à cette date !
En 2025, les 24 plus vieux réacteurs auront été mis en service depuis 43 à 48 ans :
48 ans pour Fessenheim 1 et 2 ;
47 ans pour Bugey 2 et 3 ;
46 ans pour Bugey 4 et 5 ;
45 ans pour Tricastin 1 et 2, Dampierre 1 et 2, Gravelines 1, 2 et 3 ;
44 ans pour Gravelines 4, Tricastin 3 et 4, Dampierre 3 et 4, Saint-Laurent 1 et 2, Blayais 1 ;
43 ans pour Blayais 2 et Chinon 1 et 2."
Quand au MOx, toutes les centrales nucléaires fraçaises PWR (toutes sauf les surgénérateurs, les premières chaudières "atomiques" à eau lourdes et l'expérimental ITER) ont été conçues (y compris l'EPR !) pour fonctionner à l'Uranium (sans Plutonium) comme le montre l'enquête d'utilité publique concernant la construction de l'EPR de Flamenville !
AREVA EDF, la Droite et le PS mentent effrontément et se moquent des citoyens.
Est-il anormal, que - face a cette situation ou le mensonge est devenu la règle, et où elles est inaudible - Eva Joly, femme d'honnêteté, prenne le temps de la réflexion ?
En tout cas cela conforte les écologistes dans leur refus de voter pour tout ceux qui mentent.
Jean Cohenny

Le bon sens

Les écologistes devraient commencer à mettre un peu de bon sens sur leurs croyances en matière d'énergie renouvelable.
Ils ont raison de pointer l'avenir sur ces nouvelles techniques énergétiques,mais la réalité demande un peu de modestie pour parvenir à un résultat concret et efficace ,afin de passer successivement à une reconversion d'emploi pour les salariés en activités.
Demain dépend d'une politique courageuse et juste surtout pour les plus démunis,car une société qui évolue ne peut le faire en laissant sur le coté la misére humaine .
ARGENT est un moyen et non une référence pour se différencier des laisser pour compte en les exploitants.

messonge au sujet de la reconversion

il est évident que si ont arrêtent les centrales nucléaire ont aura également beaucoup moins de déchets à retraiter et donc moins besoin de personnel pour cela, qui entrainera n'ont pas une reconversion des personnes Licencier, mais des Licenciement de plus dans la filière de retraitement des déchets radioactif.

PS-Verts

On se demande ce que vient faire l'avis de Barkosy dans cette affaire. Nous voulons sortir du nucléaire, ce qui ne signifie pas moins d'emplois. branir la menace du chômage est un argument de la droite,notamment de Le Pen, pour attirer les malheureux exploités que nous sommes. Et ils s'y laissent prendre.

nucléaire

Flamanville est en échec dans un site dangereux. On peut se désengager progressivement du nucléaire, qui ne peut qu'entraîner des catastrophes et mettre tous l'argent et tous les emplois sur la sécurité, la recherche intensive et la mise en service des énergies douces, qui sont nombreuses (ni charbon, ni gaz, ni combustible vert).Les demandeurs d'emploi n'ont pas de souci à se faire, ils auront du travail, du chercheur au technicien de base, non plus que les financeurs qui se lanceront dans la filière écologique. les premiers installés gagneront des fortunes, dans cette société qui ne voit que l'argent, se moque de l'avenir de ses enfants...

De 75% a 50%...

c'est un voeux pieu et bien ambitieux mais est-ce bien realiste.

Est-il possible en moins de 15 ans de remplacer 25% de nos besoins en electricite par des eoliennes et du solaire. Peut-etre veut-on faire comme les ecolos germains et reouvrir des centrales a chabons !?! :-)

Autre petite contradiction, les memes ecolos qui veulent supprimer le nucleaire... ne veulent pas des eoliennes dans leur jardin, pourtant c'est du renouvelable!

Alors il y a aussi les centrales a gaz et a petrole, mais bon ca c'est pas ecolo non-plus.

L'hydro avec de nouveaux barrages... va y avoir des ecolos pas d'accord, pourtant c'est propre et renouvellable.

Je crois qu'on va bien se marrer avec les accords ecolos et socialos!

MOX et LIENS ETROITS

Cette affaire met une fois plus en avant les liens étroits existants entre professionnels de la politique et grands groupes industriels....et financiers( 0 Bruxelles et Paris comme ailleurs dans le monde).Après les cris d'effroi, à l'automne 2007, de nos élus nous promettant la régulation indispensable du système financier (souvenez vous !) RIEN n'a été fait depuis. Au contraire nous découvrons (?)le pouvoir de la finance qui s'impose aux états recherchant toujours plus l'accroissement de leurs profits sous peine des pires catastrophes. Nous savons qu'avec la loi de 1973 (passage de l'emprunt à la banque nationale aux banques privées et donc remboursement avec intérêts) celle de 1983 (abandon de l'indexation des salaires sur l'inflation)et quelques autres du même goût,nous nous en sommes remis entièrement aux règles du privé et donc du profit ,1er objectif de toute entreprise privée!).Hollande ne semble, hélas, ne pas déroger à la règle. Non seulement avec cette affaire mais également avec ses conseillers économiques issus de pensée libérale (proches d'Atalli, de S.Kahn, 1 conseiller de la banque rotschild, etc...
Il existe pas mal de propositions fiables et viables visant a inverser la tendance. Car ce sont les mêmes qui ont intérêt a entretenir des valeurs de ségrégations (couleur de la peau, sexisme, etc..), à exploiter la planète jusqu'a épuisement. En bref en n'ayant pour unique valeur la possession sans limite (donc pour un nombre très limité de personnes (5% env.) au détriment du bien vivre ensemble (respect et échange).
Le système financier n'est qu'un outil au service de ces deux valeurs.Qui nous propose de le remettre à sa juste place ??

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