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Moyen-orient

La répression se poursuit malgré l'ultimatum de la Ligue arabe

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 18/11/2011

Au lendemain de la suspension de la Syrie par la Ligue arabe, qui a donné trois jours à Damas pour mettre fin à la répression, les forces du régime de Bachar al-Assad ont bombardé deux villages du nord du pays. Huit personnes ont été blessées.

REUTERS - L’armée syrienne a bombardé deux villages du nord du pays dans la nuit de jeudi à vendredi peu après une attaque perpétrée par des déserteurs contre les forces loyales au président Bachar al Assad, rapportent des militants de l’opposition.

Cette nouvelle offensive des forces syriennes survient au lendemain de la suspension de la Syrie par la Ligue arabe qui a donné mercredi trois jours à Damas pour accepter de mettre fin à la répression des manifestations anti-gouvernementales qui a fait plus de 3.500 morts depuis la mi-mars selon l’Onu.
 
En raison du nombre croissant de soldats déserteurs, le mouvement de contestation populaire lancé dans le sillage des révolutions tunisienne et égyptienne tend à se transformer en un conflit armé, incitant les dirigeants de l’opposition à appeler au respect du principe de non-violence.
 
Huit villageois ont été blessés lors des bombardements et des tirs de mortiers qui se sont abattus dans la nuit pendant trois heures sur Tal Minnij et Maarshamsheh et des villages alentour, ont indiqué des militants.
 
“Des centaines de familles ont dû partir. L’électricité et Internet ont été coupés”, a dit l’un des activistes, Raed.
 
Ces informations sont impossibles à vérifier de source indépendante en raison des restrictions imposées à la presse étrangère par les autorités syriennes.
 
Selon l’agence de presse officielle syrienne, les forces de sécurité ont mené “une opération qualitative” dans la région, arrêtant 58 personnes recherchées.
 
Des déserteurs de l’armée avaient auparavant lancé une attaque contre un bâtiment des forces de sécurité près de dépôts militaires dans la zone de Wadi al Deif proche de la ville de Maarat al Numaan, située à 290 km au nord de Damas, rapporte l’opposition.

Raids

La ville de Maarat al Numaan a été le théâtre régulier de manifestations hostiles au régime de Bachar al Assad, qui a succédé à son père en 2000, et de raids de l’armée syrienne.

Quarante agents des forces de sécurité ont été tués ou blessés jeudi à Maarat al Numaan, selon un habitant, et au moins dix civils ont été tués dans le reste du pays.
 
Les autorités syriennes imputent les violences à des “groupes terroristes armés” soutenus par l’étranger et font état de 1.100 soldats et policiers tués depuis mi-mars.
 
Selon l’agence de presse officielle, huit des “terroristes les plus recherchés” ont été arrêtés jeudi dans la ville de Homs (centre) où des chars de l’armée ont été déployés.
 
Sur le plan diplomatique, la Russie, l’un des derniers soutiens extérieurs de Damas, a estimé que l’attaque d’une base militaire par “l’Armée syrienne libre” mercredi ressemblait “déjà complètement à une vraie guerre civile.”
 
Cette affirmation a été rejetée par le porte-parole du département d’Etat américain, Mark Toner. “C’est le régime Assad menant une campagne de violence, d’intimidation et de répression contre des manifestants innocents”, a-t-il dit.
 
De son côté, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a plaidé pour des pressions soutenues sur la Syrie.
 
La Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et plusieurs pays arabes espèrent soumettre mardi prochain au vote de l’Assemblée générale de l’Onu une résolution condamnant la Syrie pour la répression des manifestations antigouvernementales.
 
Alors qu’une intervention militaire en Syrie n’est pour l’heure pas envisagée par l’Occident, un dirigeant des Frères musulmans syriens a indiqué que le peuple syrien accepterait une intervention militaire de la Turquie.
 
L’attaque d’une base militaire près de Damas a été menée par des soldats “qui ont refusé de tuer leur propre peuple”, a également déclaré Mohamed Riad Chaqfa lors d’une conférence de presse à Istanbul.
 
“Nous réaffirmons le caractère pacifique du soulèvement. Nous appelons les civils à ne pas prendre les armes.”

 

Première publication : 18/11/2011

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