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Moyen-orient

La Turquie s'inquiète à son tour des risques d'évolution vers une guerre civile

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 18/11/2011

Après la Russie hier, c'est le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, qui a évoqué un risque de guerre civile en Syrie. Il a par ailleurs indiqué qu'il aiderait le Conseil national syrien à se développer au niveau international.

AFP- Il y a un "risque d'évolution vers la guerre civile" en Syrie, a déclaré vendredi le ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, dans une entretien à l'AFP.

Des déserteurs de l'armée syrienne "se manifestent ces derniers temps, et de ce fait il y a un risque d'évolution vers la guerre civile", a-t-il estimé.

Jusqu'à présent, "il est difficile de parler de guerre civile, parce que dans une guerre civile, il y a deux parties qui se battent. Et dans le cas présent, ce sont la plupart du temps des civils qui sont attaqués par les forces de sécurité. Mais il y a toujours le danger que cela se transforme en guerre civile", a-t-il ajouté.

Des affrontements sont de plus en plus souvent signalés entre déserteurs de l'armée syrienne et forces régulières dans différentes parties de la Syrie.

Pour la première fois depuis le début de la contestation en Syrie, un centre des services de renseignements aériens, situé à l'entrée de Damas, a été attaqué mercredi à l'aube à la roquette par des soldats dissidents dont le chef, le colonel Riad al-Asaad, est réfugié en Turquie.

L'Armée syrienne libre, qui a revendiqué cette attaque, affirme compter des milliers de soldats ayant fait défection pour se joindre à la révolte.

Interrogé sur le fait que le colonel Al Asaad fait des déclarations politiques en Turquie, où il a trouvé refuge, M. Davutoglu a affirmé que cet officier déserteur n'a été accueilli en Turquie que sur des "bases humanitaires".

"Tous les Syriens qui ont échappé aux opérations ou aux massacres (en Syrie) sont des hôtes", a-t-il dit.

"Pas seulement le colonel Asaad, mais environ 8.000 Syriens, séjournent en Turquie avec le même statut. Ils sont aidés sur des bases humanitaires", a-t-il précisé.

M. Davutoglu a déclaré par ailleurs que son pays va aider le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la plupart des courants de l'opposition syrienne, à se développer en Syrie et au niveau international.

"Nous aiderons le CNS à se renforcer en développant ses relations avec la communauté internationale et avec le peuple syrien", a déclaré le ministre turc.

"A ce stade il est important que le CNS ait accès à la communauté internationale, au peuple syrien, et qu'il se dote d'une base solide en tant qu'organisation du peuple syrien", a-t-il ajouté.

M. Davutoglu a déjà rencontré deux fois les représentants du CNS, qui a été créé à l'issue de plusieurs réunions en Turquie.

Interrogé sur la mise en place d'une zone tampon en Syrie ou d'une zone d'interdiction de survol du territoire syrien, pour protéger les civils, le ministre turc a répondu que de telles décisions dépendent de l'évolution de la situation.

"Cela dépend des développements", a-t-il dit, ajoutant: "La Turquie seule ne peut pas décider de cela, il doit y avoir un consensus international sur ces questions".

Concernant les sanctions contre la Syrie, M. Davutoglu a confirmé que la Turquie a l'intention de prendre des décisions en ce sens, en accord avec la Ligue arabe.

"Nous avons l'intention de le faire, mais en consultation avec la Ligue arabe", a-t-il déclaré.

"Les ministres de l'économie de la Ligue arabe et de la Turquie vont se réunir et nous verrons ce qui se passera. La plupart des sanctions seront économiques", a-t-il ajouté.

La Turquie a coupé les ponts avec le régime de Damas, son ancien allié, pour protester contre la répression des manifestations anti-gouvernementales dans ce pays.

Elle s'est associée à la Ligue arabe, qui a donné mercredi à la Syrie un nouveau délai de trois jours pour mettre fin à la répression sanglante, faute de quoi des "sanctions économiques" seront adoptées contre le régime de Damas.

Première publication : 18/11/2011

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