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Amériques

Les républicains divisés sur les questions de sécurité et de politique étrangère

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 23/11/2011

À l'occasion d'un débat télévisé, les huit candidats à la primaire républicaine ont fait montre de leurs divergences sur le "Patriot Act" ainsi que sur les questions de politique étrangère.

AFP - Newt Gingrich a conforté mardi son statut de principal rival de Mitt Romney dans la course à l'investiture républicaine pour la présidentielle américaine, lors d'un débat sur la sécurité où les huit candidats ont affiché leurs divisions sur l'Iran, le Pakistan ou l'immigration.

Pour la première fois, l'ancien président de la Chambre des représentants Newt Gingrich se présentait à ce débat --le 11e depuis le début de la campagne pour la primaire républicaine-- dans les habits du favori des sondages que l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney a longtemps revêtu jusqu'ici.

Tout au long de la soirée, organisée à Washington, les deux hommes se sont gardés de toute attaque trop virulente, veillant à se placer au-dessus de la mêlée.

M. Gingrich a attaqué le débat avec fracas en assurant que les Américains seraient tous "en danger pour le reste de leur vie" et qu'il fallait pour les protéger renforcer le "Patriot act", une loi antiterroriste votée sous George W. Bush après les attentats du 11-Septembre.

Il a aussi, de façon assez iconoclaste pour un républicain, défendu une régularisation, sous certaines conditions, des sans-papiers qui ont une famille aux Etats-Unis. M. Romney a répliqué qu'il était opposé à toute "amnistie" qui permettrait aux clandestins de rester légalement aux Etats-Unis.

Et c'est à l'occasion d'un échange sur l'Afghanistan que M. Gingrich s'est directement adressé à son rival qui souhaitait reprendre la parole: "Et les autres? Et ceux qui n'ont pas encore pu répondre?", a lancé le nouveau favori des sondages à M. Romney dans un rare acte de défiance.

Ce dernier a marqué les esprits en annonçant que son premier voyage à l'étranger, s'il était élu, l'emmenerait en Israël, alors que les nouveaux présidents américains se rendent traditionnellement au Canada ou au Mexique.

Cette sortie s'inscrit dans le soutien que M. Romney apporterait à l'allié de Washington si Israël devait s'attaquer à l'Iran, Téhéran étant accusé par les Occidentaux de chercher à se doter de l'arme nucléaire. M. Gingrich s'est dit lui prêt à bombarder les installations nucléaires iraniennes.

Pour le quotidien USA Today, M. Gingrich a été "au centre jeu", porté par "son assurance et son attitude professorale". Le Washington Post estimait pour sa part que Mitt Romney, "s'il n'a pas livré sa performance la plus aboutie, a réussi, une fois encore, à éviter les tacles de ses rivaux".

Le New York Times soulignait enfin que le débat a jeté un "éclairage cru sur le manque d'unité du parti (républicain) sur la sécurité nationale une décennie après les attentats du 11-Septembre".

Ainsi sur l'Afghanistan, M. Romney a plaidé pour le maintien d'une force susceptible de collecter des renseignements et d'effectuer des opérations spéciales. "L'Amérique ne doit pas battre en retraite", a-t-il dit.

Jon Huntsman, ancien ambassadeur en Chine, a aussitôt répliqué en prônant une baisse drastique et rapide du contingent américain, soulignant que les Etats-Unis avaient atteint "des objectifs importants en Afghanistan", comme l'élimination du chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden.

Autre sujet de divergence entre les candidats : le Pakistan, qui cultive une relation de plus en plus tendue avec les Etats-Unis depuis l'élimination sur son sol de Ben Laden par un raid américain.

Le Pakistan "est l'un des pays les plus violents et instables qui soient", a souligné Michele Bachmann. "A ce stade, je maintiendrais (donc) l'aide" américaine à Islamabad, a dit la candidate ultraconservatrice, s'attirant aussitôt une réplique sèche du gouverneur du Texas, Rick Perry.

"Le fond du problème, c'est que (les Pakistanais) montrent jour après jour qu'on ne peut pas leur faire confiance. Et jusqu'à ce que le Pakistan montre clairement qu'ils ont les intérêts américains à l'esprit, je ne leur enverrais pas un penny", a-t-il dit.

Première publication : 23/11/2011

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