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New Delhi donne son feu vert aux investissements étrangers dans la grande distribution

Texte par Dépêche

Dernière modification : 24/11/2011

L'Inde libéralise son secteur de la grande distribution et permet ainsi aux grands groupes étrangers comme Carrefour de s'implanter dans le pays. Le marché indien représente environ 470 milliards de dollars.

AFP - L'Inde a approuvé jeudi en conseil des ministres l'ouverture de son marché de la grande distribution aux investissements étrangers, une avancée attendue depuis des années par les multinationales qui pourrait révolutionner le mode de consommation du pays.

L'accord concerne une proposition permettant aux géants mondiaux du secteur de prendre une participation de 51% dans le commerce de détail multimarques, a indiqué à l'AFP un responsable au sein du gouvernement sous couvert d'anonymat.

Concernant les magasins à marque unique, comme Nokia ou Reebok, le conseil des ministres a autorisé 100% d'investissements directs étrangers (IDE).

Les chaînes de grande distribution, à l'image du français Carrefour et de l'américain Wal-Mart, sont déjà présents en Inde, comme grossistes, mais elles ne peuvent vendre directement aux consommateurs du deuxième pays le plus peuplé de la planète, avec 1,2 milliard d'habitants.

Selon le cabinet de consultants indien Technopak, le juteux marché du commerce de détail pèse 470 milliards de dollars, dont seuls 26 milliards proviennent des quelques chaînes locales de grande distribution.

New Delhi avait autorisé en 2006 les investissements étrangers dans le commerce de détail à hauteur de 51% pour les magasins à marque unique, obligeant jusqu'à présent les groupes à signer des accords de franchise avec des sociétés indiennes.

Après des années d'immobilisme, le feu vert du conseil des ministres fait suite à celui d'un comité gouvernemental en juillet et à l'approbation du ministère des Finances ce mois-ci.

Reste pour le gouvernement à affronter les partis d'opposition au parlement.

Le ministre du Commerce, Anand Sharma, a précisé à l'AFP que la décision sera présentée en détail vendredi au parlement. "Je ne peux pas en dire plus car le parlement est en train de siéger", a-t-il indiqué.

L'opposition est farouchement hostile à l'arrivée des multinationales dans le commerce de détail au nom de la protection des petits commerçants.

Des voix dissonnantes se sont aussi élevées au sein de la coalition gouvernementale dirigée par le parti du Congrès (centre-gauche).

Ce projet est "un outil pour tuer l'industrie (indienne) du commerce", a commenté Murli Manohar Joshi, un chef de file du principal parti d'opposition, le parti conservateur hindou BJP.

"Si les investissements directs étrangers sont autorisés dans le commerce de détail, les petits commerçants vont perdre leur travail car leurs produits ne pourront pas rivaliser avec ceux des commerçants étrangers", a-t-il poursuivi.

On compte en Inde 12 millions de "kiranas", ces petites échoppes traditionnelles où s'empilent du sol au plafond boîtes de conserves en tous genres, qui font vivre quelque 25 millions de commerçants.

Les partisans de cette ouverture évoquent, eux, la perspective d'une amélioration de la chaîne d'approvisionnement, d'une réduction des prix alimentaires et d'une baisse de l'inflation, qui flirte avec les 10%.

L'entrée de plein pied des grands groupes étrangers dans le secteur pourrait en outre, argumentent-ils, moderniser les techniques de stockage et les méthodes de transport, réduire le problème chronique du gâchis alimentaire et garantir une meilleure chaîne du froid.

"Les consommateurs auront beaucoup plus de choix, ce sera vraiement un monde sans frontières en terme de produits disponibles", s'est enthousiasmé Gibson Vedamani, un membre du conseil d'administration de l'Association indienne des détaillants.

Le président de la Confédération indienne de l'industrie, B. Muthuraman, a, lui, estimé que l'introduction des IDE dans le secteur de la grande distribution allait "bénéficier aux consommateurs, aux producteurs, aux petites et moyennes entreprises et allait générer un emploi significatif".
 

Première publication : 24/11/2011

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