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EUROPE

Le gouvernement de Rajoy envisage une aide internationale pour restaurer ses finances

Texte par Dépêche

Dernière modification : 25/11/2011

Le nouveau gouvernement de droite de Mariano Rajoy étudie la possibilité de recourir à une aide internationale - du FMI ou du Fonds européen de stabilité financière - afin d'éviter au pays la récession économique.

REUTERS - Le nouveau gouvernement de droite espagnol, qui doit être officiellement investi à la mi-décembre, envisage, entre autres options, de demander une aide internationale pour restaurer les finances publiques du pays, apprend-on de sources proches du Parti populaire.

Le Parti populaire (PP) va devoir résoudre les problèmes d’une économie au bord de la récession, avec un objectif de déficit public difficile à atteindre en 2012, d’une hausse des coûts de financement sur des marchés obligataire et monétaire nerveux et d’un secteur bancaire plombé par des milliards d’euros d’actifs douteux.

Portrait : L'austère Mariano Rajoy

“Je ne pense pas que la décision (de demander de l’aide) ait été prise (...), mais c’est l’une des possibilités sur la table, parce qu’on m’a interrogé à ce sujet. Mais nous avons besoin de plus de temps et de plus d’informations en l’état actuel des choses”, a-t-on dit à Reuters.

Si un financement externe s’imposait, provenant soit du Fonds européen de stabilité financière (FESF), soit du Fonds monétaire international (FMI), il vaudrait mieux, d’un point de vue politique, le décider rapidement que de le faire ultérieurement sous la pression des marchés, explique-t-on.

“Si nous devons le faire, il faudra le faire tout de suite”, a-t-on ajouté.

Interrogé sur la possibilité de solliciter une aide extérieure, un responsable du PP s’est refusé à tout commentaire.

La BCE en premier

Le FMI a lancé mardi une ligne de liquidité à six mois, ouverte à des pays poursuivant des politiques solides mais néanmoins exposés à la crise de la dette de la zone euro.

Un consultant du PP interrogé par Reuters a souligné que solliciter un crédit du FMI n’était qu’une des hypothèses à l’étude. Ce serait insuffisant en soi et de nature provisoire, a-t-il ajouté.

Le futur président du gouvernement Mariano Rajoy a dévoilé peu de chose de ses projets économiques durant la campagne pour les législatives qui s’est soldée par la victoire écrasante du PP sur les socialistes dimanche dernier.

Mariano Rajoy a rencontré cette semaine les dirigeants des grandes banques espagnoles pour se faire une idée plus précise de l’état de santé économique du pays et prendre ses premières décisions, a ajouté la source.

Le nouveau chef du gouvernement s’est engagé à s’en tenir à un objectif d’un déficit représentant 4,4% du PIB en 2012, ce qui nécessiterait une réduction des dépenses énorme, ainsi qu’une refonte en profondeur d’un secteur financier touché de plein fouet par l’effondrement de l’immobilier.

Le Trésor espagnol devra en 2012 rembourser quelque 120 milliards d’euros de dette, tout en finançant son déficit. Le tout représente un total de 200 milliards d’euros au moins.

L’une des solutions couramment évoquées pour résoudre le problème de l’Espagne, ou d’autres pays de la zone euro en difficulté, est un assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne, qui ferait tourner la planche à billets pour racheter de la dette. Une solution que rejette avec force l’Allemagne et certains des responsables de la BCE.

“L’Espagne choisirait la solution de la BCE en premier mais si c’est impossible, il faudra se financer à l’extérieur”, a expliqué le consultant.

 

Première publication : 25/11/2011

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