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Afrique

Soldats maliens et français s'activent pour retrouver les deux Français enlevés

Texte par Dépêche

Dernière modification : 25/11/2011

Épaulée par des soldats français, l'armée malienne continue ses recherches dans la région d'Hombori pour retrouver les deux Français kidnappés dans la nuit de mercredi à jeudi. Les ravisseurs seraient liés à la branche maghrébine d'Al-Qaïda.

AFP - L'armée malienne, épaulée par des soldats français, recherchait activement vendredi dans la région d'Hombori (nord du Mali) deux Français enlevés la veille à leur hôtel par des hommes armés soupçonnés d'appartenir ou d'être liés à la branche maghrébine d'Al-Qaïda.

Aux côtés de militaires maliens, un journaliste de l'AFP a vu dans la région d'Hombori une dizaine de ces soldats français dans des véhicules légers, venus de Sévaré, près de Mopti (nord), où ils forment habituellement des soldats d'élite de l'armée malienne.

Cinq personnes ont été interpellées depuis jeudi à Hombori, dont le guide des Français, Ibrahim Ould Bah, a-t-on appris de source policière.

Les deux hommes ont été enlevés jeudi vers 01H00 (locale et GMT) à l'hôtel "Le Dombia" d'Hombori, bourg situé entre Mopti et Gao, par sept hommes armés.

Ils y étaient arrivés mardi vers 20H00 pour le compte d'une société malienne, Mandé Construction Immobilière (MCI), afin de faire des prélèvements de sols en vue de la construction d'une cimenterie.

Au "Dombia", ils n'ont pas rempli de fiche à leur arrivée, mais leurs noms ont été consignés dans un cahier par la direction de l'établissement qu'a pu consulter l'AFP: Philippe Verdon et Serge Lazarevic.

Ces mêmes noms se retrouvent sur l'ordre de mission de MCI signé de son directeur, Djibril Camara. Philippe Verdon y apparaît comme "chef de mission", Serge Lazarevic comme "chef minier".

Serge Lazarevic, décrit comme un "colosse métis arabe" par des témoins et Philippe Verdon, "d'allure plutôt frêle", venaient d'effectuer leur première journée de travail sur le terrain lorsqu'ils ont été enlevés.

Selon le gardien de l'hôtel, les "kidnappeurs étaient armés jusqu'aux dents". "J'ai été ligoté, obligé d'indiquer les chambres des deux Français qui ont été pris avec brutalité", a-t-il raconté.

"Bien organisé"

L'enlèvement "a été bien organisé", a affirmé une source sécuritaire à Hombori. "Nous pensons que des gens sont venus d'un pays voisin du Mali pour participer à l'opération", a affirmé cette source.

Elle a précisé que "deux Sahraouis, deux Algériens et un Malien connus pour faire un trafic de drogue entre les camps de Tindouf (ouest de l'Algérie) et le Sahel, sont activement recherchés".

Des interrogations subsistent sur les activités réelles des deux Français présentés comme des géologues, leurs noms - si ce ne sont pas des homonymes - apparaissant sur des sites Internet relatant diverses et troubles activités passées aux Comores et à Madagascar pour M. Verdon, dans les Balkans et dans l'ex-Zaïre (actuelle République démocratique du Congo) pour M. Lazarevic.

Une source policière malienne a cependant appelé "à la plus grande prudence" concernant ces informations. "Il faut laisser l'enquête se poursuivre, et ne pas se contenter des informations glanées sur Internet", a-t-elle dit.

"Ce qui est sûr, c'est que les deux Français avaient des connaissances sur les roches", a affirmé un géologue malien rencontré à Hombori.

Les ravisseurs sont soupçonnés d'être membres d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou d'être des "sous-traitants" travaillant pour cette organisation à laquelle ils remettent des personnes enlevées en échange d'argent.

Plus de 24 heures après, Aqmi n'a pas revendiqué les enlèvements, les premiers dans une région située au sud du grand nord désertique malien, près du pays dogon, zone touristique malienne, et du Burkina Faso.

Le grand nord du Mali abrite des bases d'Aqmi d'où elle commet au Mali et dans d'autres pays du Sahel (Niger, Mauritanie et Algérie) des attentats, procède à des enlèvements d'Occidentaux et se livre à divers trafics.

L'enlèvement de ces deux Français porte à six le nombre de ressortissants français retenus au Sahel, s'ajoutant aux quatre enlevés en septembre 2010 à Arlit (Niger), sur un site d'extraction d'uranium du groupe français Areva.

Les derniers enlèvements ont eu lieu peu après un incident au cours duquel un ancien militaire français, impliqué dans les négociations pour la libération des quatre otages d'Aqmi enlevés à Arlit, a été blessé par balle à l'épaule dans le grand nord malien.
 

Première publication : 25/11/2011

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