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FRANCE

La justice française autorise Monsanto à cultiver son maïs transgénique

Texte par Dépêche

Dernière modification : 28/11/2011

Le Conseil d'État a annulé, lundi, la suspension de la culture en France du maïs transgénique Monsanto 810 décidée en 2008. Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, est déterminé à examiner "tous les moyens de ne pas cultiver" ce maïs.

AFP - Le Conseil d'Etat a annulé lundi la suspension de culture du maïs OGM Monsanto prise par le gouvernement français en février 2008, mais les ministres de l'Agriculture et de l'Ecologie ont affirmé que tous les moyens étaient à l'étude pour l'interdire en France.

"Tirant les conséquences de l’arrêt de la Cour de justice européenne (en septembre), le Conseil d’État relève que le ministre de l’Agriculture n’a pu justifier de sa compétence pour prendre les arrêtés, faute d’avoir apporté la preuve de l’existence d’un niveau de risque particulièrement élevé pour la santé ou l’environnement", a dit le Conseil.

"Je suis plus déterminée et plus convaincue encore qu'en 2008 de la nécessité pour nous d'interdire la culture du Monsanto 810 en France et nous sommes en ce moment même en train d'étudier les modalités juridiques pour poursuivre cette interdiction", a déclaré la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet à l'AFP.

"Quatre études sont venus conforter les inquiétudes qu'on avait en 2008", a-t-elle ajouté en précisant que le Haut Conseil des biotechnologies avait notamment fait état de "lacunes dans la surveillance" des effets du Monsanto 810 sur les insectes.

Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire, s'exprimant devant quelques journalistes à l'Assemblée nationale, a lui aussi affirmé que le gouvernement restait "défavorable" à ce type de culture car "il reste encore trop d'incertitudes sur les conséquences pour l'environnement".

Le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande, par la voix de sa porte-parole, a demandé le dépôt d'une "nouvelle procédure activant la clause de sauvegarde sur des bases juridiques plus solides".

Du côté des ONG le même appel à l'action rapide du gouvernement a été lancé: "Si le gouvernement ne fait pas le nécessaire, en mettant en place une nouvelle interdiction, on risque de voir réapparaître les OGM dans nos champs dès le printemps prochain", a prévenu Sylvain Tardy, directeur des campagnes de Greenpeace France.

"Il ne se passe pas une semaine depuis 2008 sans qu'une nouvelle information ne vienne étayer le dossier à charge contre la variété de maïs de Monsanto 810", a, de son côté, réagi l'eurodéputé EELV José Bové.

Président de la commission Agriculture du Parlement européen José Bové a rappelé que le MON 810 produit la toxine Bt pour éliminer les insectes. Selon lui, des chercheurs canadiens ont trouvé des traces de Bt dans le sang et le cordon ombilical de femmes enceintes.

"Et la Cour européenne de Justice a interdit récemment la commercialisation du miel contaminé par le pollen de ce maïs transgénique",a-t-il ajouté en proposant son aide à la ministre de l'Ecologie pour la rédaction d'une nouvelle "clause de sauvegarde solide et conforme au droit européen".

"Le Conseil d'Etat n'interdit pas d'interdire, il dit simplement qu'il faut le faire selon une procédure différente, avec une question mieux posée et une décision au final qui soit mieux motivée", a déclaré à l'AFP l'avocat spécialiste des questions environnementales Arnaud Gossement.

Les semenciers ont accueilli la décision du Conseil d'Etat "positivement".

Pour Initiatives Biotechnologies Végétales (IBV), un regroupement de professionnels qui promeut la culture du maïs OGM, "le gouvernement doit désormais prendre ses responsabilités et garantir aux agriculteurs de manière concrète la liberté de cultiver des OGM en France".

Première publication : 28/11/2011

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