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FRANCE

Immigration : l’UMP chasse sur les terres du FN

Texte par Ségolène ALLEMANDOU

Dernière modification : 30/11/2011

À six mois de la présidentielle, l’UMP, à l'image du ministre de l’Intérieur Claude Guéant qui a déclaré qu’il y a "trop d’étrangers en France", invite le thème de l'immigration dans la campagne, en espérant prendre des voix au Front national.

L’UMP serait-elle en train de rejouer la même partition que durant la campagne présidentielle de 2007 ? En tout cas, le ton est donné : le parti présidentiel, qui dévoilait mardi 29 novembre, à Lyon, le volet régalien de son projet pour le scrutin présidentiel, a ressorti son thème favori : l’immigration.

Alors que Nicolas Sarkozy n’a pas encore présenté officiellement sa candidature à la présidentielle de 2012, le parti du chef de l'État a proposé plusieurs points pour "mieux maîtriser les flux migratoires". Parmi les mesures phares : le durcissement des conditions du regroupement familial et d’obtention de la nationalité française, l'augmentation du nombre de reconduites à la frontière et l'accroissement de la capacité d'accueil des centres de rétention administrative.

Des propositions qui font écho au credo du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, qui a promis de s’attaquer à l’immigration légale. Interrogé dimanche 27 novembre sur la radio Europe 1, il a répété son objectif affiché depuis plusieurs mois : la réduction de 200 000 à 180 000 personnes chaque année. "C'est plus facile de s'intégrer si on est un peu moins nombreux que si on est plus nombreux, c'est tout simple, a-t-il argumenté. Il faut une meilleure maîtrise des flux migratoires. Pour que l'intégration se fasse [...], il faut qu'il y ait moins d'immigrés accueillis chaque année."

"Durcissement progressif"

Cette mesure sera notamment appliquée grâce à la circulaire du 31 mai relative à la maîtrise de l’immigration professionnelle, qui vise à durcir les conditions d’obtention du permis de travail, y compris pour les étudiants, mais aussi par la réforme du droit d’asile annoncée la semaine dernière. Celle-ci prévoit notamment une réduction du budget dédié à l'asile (qui sert à financer 21 500 places en centres d'accueil des demandeurs d'asile, 20 000 places d'hébergement d'urgence et une allocation temporaire d'attente pour 37 000 demandeurs), un raccourcissement des délais de dépôt de candidature et un allongement de la liste des pays d’origine classés comme "sûrs", dont les ressortissants ne peuvent demander le droit d’asile en France.

Pour Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion de l'institut de sondage Ifop, il s’agit d’un "durcissement progressif" de la politique d’immigration des autorités françaises depuis le début du mandat de Nicolas Sarkozy.

L'immigration en chiffres

Selon l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFFII), la France a accueilli 203 017 immigrants légaux d’un pays hors Union européenne en 2010. Le regroupement familial est le plus grand contingent (84126 entrées), suivi des étudiants étrangers (65 842), des immigrés économiques (31 532 entrées) et enfin des refugiés au titre du droit d’asile (8447).

Depuis son arrivée à l’Élysée, le chef de l’État s’attache à promouvoir "l’immigration choisie" au lieu de "l’immigration subie", fondée sur le travail. Il a alors promu une loi en limitant le regroupement familial et durci le nombre de reconduites à la frontière (29 000 en 2009 et objectif de 30 000 pour 2011, selon le ministère de l'Intérieur). Aujourd’hui, Claude Guéant, fidèle du président, va plus loin en affirmant qu'il faut désormais diminuer l'immigration légale en diminuant l’immigration du travail.

"Ce nouveau tour de vis est aussi une façon pour le gouvernement de répondre aux mauvais chiffres du chômage", estime Paul Vallet, professeur à Sciences-Po. En octobre, le nombre de demandeurs d’emploi a battu un record depuis douze ans en s’élevant à 2 814 900 chômeurs.

"Un sujet tabou dans les sondages"

Pour Jérôme Fourquet, "l’UMP reprend en fait la stratégie de campagne de 2007 en retournant chasser sur les terres du Front National (FN)". Lors de la précédente campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait posé la question de l’immigration comme une priorité en proposant un nouveau ministère de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale, faisant réagir toute la classe politique. Le candidat UMP est dans "un flirt poussé avec les thèses du Front national", avait alors lancé François Hollande.

Cette stratégie consistant à remettre sur la table cinq ans plus tard celle qui lui avait permis d’accéder à la présidence de la République peut-elle s’avérer payante ? Selon les derniers sondages, les Français ne semblent guère sensibles à ce dossier. Selon une étude CSA publiée le 17 novembre, l'emploi est en effet le sujet qui préoccupe le plus les Français (45%), loin devant l'immigration qui se classe en avant-dernière position (10 % des personnes interrogées seulement). "Il ne faut pourtant jamais minimiser ce sujet qui apparait encore tabou dans les sondages", nuance Bruno Jeanbart, directeur des études politiques à Opinion Way.

"Si les priorités des Français restent la réduction du chômage et la relance de l’économie, l’immigration est aussi une préoccupation pour une certaine catégorie d’électeurs, comme les personnes âgées et les classes populaires", nuance toutefois Jérôme Fourquet. Sans compter que le contexte, lui aussi, a changé : contrairement à 2007, le président est aujourd’hui comptable d’un bilan", poursuit le directeur adjoint du département opinion de l'Ifop.

Marine Le Pen en embuscade

Un bilan justement très critiqué par Marine Le Pen, candidate du FN à la présidentielle. "Merci à Claude Guéant qui par ses déclarations permet aux Français de connaître l’effroyable bilan de la politique d’immigration de Nicolas Sarkozy", a-t-elle déclaré lundi 28 novembre dans un communiqué à la suite des propos tenus par Claude Guéant concernant sa volonté de réduire de 10 % en un an l’immigration légale.

Créditée de 16 à 20% des intentions de vote dans les sondages, Marine Le Pen demeure en effet en embuscade à six mois de la présidentielle et se montre très dure envers le bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy. "200 000 étrangers réguliers entrent chaque année en France. Ce chiffre historique est 80% plus élevé qu’en 2000 sous Lionel Jospin [114 000 ndlr]", rappelle-t-elle encore.

Conscient d’être attendu sur la question, l’UMP a justement modifié son discours. "S’il y a cinq ans, Nicolas Sarkozy disait ‘oui, il y a un problème et on va s’en occuper’, aujourd’hui les Claude Guéant et Jean-François Copé optent pour la ligne : ‘on est conscient du problème et on s’attèle à le régler’." Reste à savoir si l’électorat saura se satisfaire de cette réponse.

Première publication : 30/11/2011

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