- Justice internationale
Fatou Bensouda, une Africaine procureure de la CPI
La Gambienne Fatou Bensouda a été désignée pour succéder à Luis Moreno Ocampo au poste de procureur de la Cour pénale internationale. Cette juriste africaine, forte d’une solide expérience, semble faire consensus à La Haye.
"Calme", "mesurée", "diplomate", "à l’écoute"… Chez les ONG de défense des droits de l’Homme, le nom de la Gambienne Fatou Bensouda, qui succèdera en juin à Luis Moreno-Ocampo au poste de procureur de la Cour pénale internationale (CPI), provoque un concert d’éloges. Des critiques dithyrambiques que les quelques voix discordantes qui estiment qu’elle ne possède pas assez de compétences juridiques pour une telle fonction ne parviennent pas à ternir.
"C’est une personne chevronnée, très posée, très calme et qui sait garder son sang-froid", affirme ainsi Brigid Inder, directrice de The Women’s Initiative for gender justice, une association de défense du droit des femmes basée à La Haye, aux Pays-Bas. "C’est une femme de qualité, qui aime le travail bien fait. Elle est très à l’écoute, très ouverte et très pragmatique", renchérit, pour le moins enthousiaste, Ali Ouattara, coordinateur en Côte d’Ivoire de la coalition pour la CPI, un groupement d’associations de la société civile soutenant la juridiction internationale. "Fatou Bensouda est une très fine juriste, estime pour sa part Patrick Baudouin, président d’honneur de la FIDH, la Fédération internationale des droits de l'Homme. S’il y a un si large consensus autour de son nom, ce n’est pas pour rien."
"Fatou Bensouda a évolué en même temps que la CPI"
À 50 ans, la Gambienne, jusqu'alors procureure adjointe au sein de l'institution depuis près de sept ans, peut se targuer d’une longue et prestigieuse carrière juridique. Première spécialiste de droit maritime international dans son pays, elle entre au ministère gambien de la Justice à la fin des années 1980. Elle en gravit rapidement les échelons jusqu’à devenir ministre de la Justice en 1998. En 2002, elle se rend au Rwanda, où elle entre au service de la justice internationale pour le compte du Tribunal spécial pour le Rwanda (TPIR).
À l'époque, le Rwanda est encore meurtri par une guerre fratricide qui, en 1994, a provoqué la mort de quelque 800 000 personnes. Sur le terrain, la juriste accompagne les enquêteurs, observe, interroge, analyse. Pendant deux ans, Fatou Bensouda se familiarise avec l’horreur, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide. De substitut du procureur du TPIR, elle devient conseillère principale et chef de la section des avis juridiques. "C’est une dame vraiment déterminée à veiller à ce que ceux qui ont commis des crimes contre des peuples du monde soient punis", témoigne sur RFI Bernard Mouna, ancien procureur du TPIR.
En 2004, l’Assemblée des États parties l’élit au poste de procureur adjointe en charge de la division des poursuites du bureau du procureur, fonction qu’elle occupe encore aujourd’hui. "Elle a évolué en même temps que la CPI, estime Patrick Baudouin. La Cour a démarré prudemment, trop peut-être. Mais depuis deux-trois ans, elle est passée à la vitesse supérieure, notamment avec les inculpations d’Omar el-Béchir [le président soudanais ndlr] et de Laurent Gbagbo [l'ancien président de la Côte d’Ivoire ndlr]. Fatou Bensouda s’est affirmée en même temps que l’institution."
En sept ans, les enquêtes de la CPI mènent la Gambienne dans les pays d’Afrique les plus instables : Guinée, République démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Ouganda… "Elle a su tenir tête aux potentats africains qui refusaient l’autorité de la CPI, poursuit Patrick Baudouin. C’est une femme de caractère qui a su s’imposer."
Un portrait que nuance pourtant sensiblement l’une de ses anciennes collaboratrices de la division des poursuites de la CPI, qui souhaite garder l’anonymat. "Fatou Bensouda possède de grandes qualités humaines : c’est une personne très intelligente - sûrement plus brillante que Luis Moreno-Ocampo - et très consensuelle. Mais c’est un mauvais manager. Or, le travail du procureur de la CPI relève en grande partie de la gestion managériale - avec les enquêteurs, dans la communication avec les médias, etc., témoigne-t-elle. Quand je travaillais avec elle, elle avait tendance à fuir ses responsabilités dans les moments de crise alors que son rôle aurait été de remettre de l’ordre. Ce n’est pas quelqu’un de solide. À mon sens, elle est trop lisse pour pouvoir assumer la fonction de procureur." À la Cour, explique la juriste, différents intérêts s’affrontent : le procureur est tiraillé entre des pressions politiques, diplomatiques et purement juridiques. "C’est un poste où il faut avoir de la poigne. Moreno-Ocampo est capable d’en faire preuve, il peut remuer ciel et terre pour obtenir ce qu’il veut. Pas Bensouda", résume-t-elle.
Un atout de Bensouda : être Africaine
Mais dans le contexte géopolitique actuel, Fatou Bensouda, quelles que soient ses qualités et ses défauts, possède un atout majeur : celui d'être Africaine. "Il y avait une opinion largement partagée sur le fait que le prochain procureur devait être originaire d'Afrique", affirme ainsi Christian Wenaweser, l'ambassadeur du Liechtenstein à l'ONU, qui préside le processus de sélection du procureur.
Sur ce continent en effet, la Cour pénale internationale n’a pas toujours bonne presse. Elle est accusée d’incarner une justice néocolonialiste : celle des Blancs sur les Noirs. C'est pourquoi Ali Ouattara veut croire que la nomination d’une Africaine à la CPI permettrait d'apaiser les relations tendues entre la Cour et les pays d’Afrique. "Bensouda apportera un peu de légitimité à la CPI en Afrique. C’est un message fort qui est envoyé aux Africains, estime-t-il. D’autant qu’elle parle français et anglais : il y aura moins de barrières linguistiques qu’avec Moreno-Ocampo [qui ne parle pas le français ndlr]." Un optimisme que Lovemore Madhuku, professeur de droit constitutionnel à l’université de Harare, ne partage pas. "Ce n’est pas une question de nationalité, rétorque-t-il. Dans toutes les institutions où il y a l’Occident développé et les pays africains, les rapports seront toujours faussés."
Fatou Bensouda, elle, a tranché : elle a d’ores et déjà affirmé qu’elle ne changerait pas d’attitude à l’égard des criminels de guerre en Afrique. "Je ne pense pas aux dirigeants que nous poursuivons, a-t-elle déclaré à l’AFP. Je travaille pour les victimes d’Afrique, elles sont Africaines comme moi, voilà d’où je tire ma fierté et mon inspiration."
La Gambienne entrera en fonction en juin prochain pour une durée de neuf ans. Les défis qui l’attendent sont légion : "Sa principale tâche sera de faire de la CPI une juridiction véritablement universelle, estime Patrick Baudouin. Car beaucoup de grands pays, comme les États-Unis, la Chine, l’Iran ou la Russie, n’ont toujours pas ratifié la création de la CPI et échappent à la justice internationale."


























Commentaires (25)
fatou bensouda
Enfin on est débarassés de ce léches bottes des américains qui lançait des mandats d'arret quand les americains le lui demandait.bon débarras OKAMBO de mes deux...
cpi fatou bensouda
l'afrique a eu sapart non parce que il ya competance dans la femme mais juste parce que jusque la cpi est ce que on peut appeler le tribunal internationl pour l'afrique,eet il s'en sont rendu compte et on proposer une seule candidate; tout est politique question de mettre nous africain en confiance quand il demande nos chef et frere com etant les seules a comettre des crimes.
cpi fatou bensouda
l'afrique a eu sapart non parce que il ya competance dans la femme mais juste parce que jusque la cpi est ce que on peut appeler le tribunal internationl pour l'afrique,eet il s'en sont rendu compte et on proposer une seule candidate; tout est politique question de mettre nous africain en confiance quand il demande nos chef et frere com etant les seules a comettre des crimes.
felicitations
mes felicitations à madame Fatou.vous faite l'honneur pour tout un continent que Dieu vous accompagne durant tout votre mandat.
Etre africaine ou pas ne
Etre africaine ou pas ne changera rien du Tribunal colonial<,que pour récolonisé les africains,surtout le franc-afrique.Elle vient de quel Pays?Pourquoi pas un sud africain(e)?Même Union africaine,elle ne sert plus rien là ou les pays de Francafrique vont recevoir les ordres de Paris.Nous voulons une Afrique regionale,dehors les pays Francafrique.Pas de haine,mais une réalité.
felicitation vraiment
felicitation vraiment
reaction
Bien fait de mettre une femme dans de pareil place,et puis africaine,il y a beuacoup de mal en afrique,et la procureur fatou le sait tres bien,il est tres propre de prendre en gare tous les sujets de l'afrique pour en mettre a table,je souligne,la crise en RDC,je demande en haute voix l arrestation imediate de Mrs hypollyte alias jose kabila,le type ici a vole la legitimite de peuple congolais.
Très encourageant.
Désigner une africaine pour diriger la CPI, ne dénote pas simplement si j'ose croire une manière déguisée que ce serve ces puissances pour assoir leur hégémonie dans le continent Africain, c 'est encourageant mais tout ceci sert à voiler la face des africains sur le pire qui leur ai déjà réservé. C'est un sentiment de joie et en même temps de tristesse quand l'Afrique ne reçoit rien sans contrepartie. Bravo madame Fatou Bensouda
Très encourageant.
Désigner une africaine pour diriger la CPI, ne dénote pas simplement si j'ose croire une manière déguisée que ce serve ces puissances pour assoir leur hégémonie dans le continent Africain, c 'est encourageant mais tout ceci sert à voiler la face des africains sur le pire qui leur ai déjà réservé. C'est un sentiment de joie et en même temps de tristesse quand l'Afrique ne reçoit rien sans contrepartie. Bravo madame Fatou bensouda
reaction
c'est une fierte pour la femme africaine aujourd'hui nous sommes fier d'etre dans la chaine internationale une femme comme fatou cmme procurere de CPI je t'encourage fatou et de punire les crimenels a commencer par DADIS CRA BOURCHE....
Remerciement
Au nom du Comité Congolais Contre la Torture C.C.C.T en sigle, Organisation Non Gouvernementale de défense des Droits Humains en République Démocratique du congolais a l'insigne honneur de présenter à Madame FATOU actuelle Procureur de la CPI pour sa nomination à la tête d'une grande Institution, plein succès dans toutes tes activités, nous sommes de coeur avec vous. Notre Organisation est disposée à travailler en synérgie avec la CPI afin que triomphe la justice pénale internationale en vue de mettre fin à l'impunité qui grangrene le monde d'aujourd'hui.
Fatou Bensouda, une Africaine procureure de la CPI
C'est déjà bien qu'on choisisse un femme à ce poste de haute responsabilité et surtout une africaine, donnons lui seulement le temps de travailler et accompagnons là, tout en espèrant qu'elle saura faire de la CPI une vraie Cour Pénale Internationale de Justice.
Tous ce qu'elle est ne
Tous ce qu'elle est ne représentera rien si elle sera comme d'aucuns le constatent, au service de l'impérialisme qui se cache derrière le CPI
DE LA POUDRE AUX YEUX, OUI!
De la diversion pure. Ca changera quoi au fait que la CPI est une justice coloniale? Elle ne fera qu’exécuter ce que les 'maîtres' du monde lui dicteront, ce n'est un secret pour personne.
L'ONU de Kofi Annan a changé quoi pour l'Afrique? A-telle empêcher la destruction de l'Irak? N'est-elle pas et de demeure t'elle pas une organisation dans l’étau de l’impérialisme? Le cas de la Cote d'Ivoire, de la Libye et de la Syrie d’actualité en disent long.
L'Occident a domine....
L'Occident a domine l'Afrique sous Boutros Boutros, et Koffi Anan. Sous Abdou Diouf, la france continue a malmener nos langues. Une Afrique a la tete de la CPI, ca change quoi a la domination du Nord sur le Sud? C'est pas comme si c'est elle qui prenait les decisions dans leurs associations de malfrats!
CPI
Grande dame, t'as pour mission d'arrêter tes propres frères. C'est connu de tout le monde.
Fatou Bensouda, une Africaine bientôt à la tête de la CPI
moi meme je prefere mr ocampo mais pourquoi pas donner la chance pour une africane pour muter les voix des autorites africane qui acusent le CPI comme un atout de new coloniale ,, vive la justice Internationale, vive fatou
@William tout a fait d accord
On a pas besoin que le procureur vienne d afrique, lorsqu Obama fut vote je presentais une mauvaise ere pour l afrique surtout avec la chine qui passait par derriere manger. Maintenant on nous parle d Aqmi et autres des choses qui ne passent pas avec la culture africaines mais qui fleurise depuis quelque temps pour justifier la creation de base militaire en Afrique.
JUSTICE DE DIEU LE PLUS GRAND
la justice appartient à DIEU le plus sage, le plus juste, le plus fort, le plus grand. Arrêtée de distraire les africains pour placer une africaine à la tête de la CPI, c'est la faute à nos dirigeants qui ont signés ce traité de malheur avec soit disant la CPI. c'est très dommage.
Fatou Bensouda
Mettez finà ce rêve utopique, otez vous de l'esprit cette idée que la nomination d'un africain (e) va apaiser ou apporter un changement aux relations tendues entre la CPI et les pays africains. Elle fera comme ses prédécesseurs ou ce qu'on lui dira de faire, en matière d'interêt de certains pays elle n'aura pas le dernier mot et ne fera qu'exécuter. Le monde dans lequel nous sommes actuellement est dirigé par un groupe d'individu qui décide à qui le tour sur tous les plans. Ce que moi je louerais c'est si elle parvient pendant son mandat à la tête de la CPI, si cela est confirmé d'amener les Etats Unis d'Amérique à ratifier à la création de la CPI...... Les Etats Unis pays qui se permet de vouloir instaurer la paix, le respect des droits de l'homme dans d'autres pays n'a pas encore ratifier à la création de la CPI, MAIS POURQUOI, de quoi on t'il peur eux qui doivent sevir d'exemple
Affaire Gbagbo et les autres Africains à la "CPI"
La triste réalité est que la "CPI" est une cour de ségrégation. plus que la majorité de ceux qu'elle poursuit sont Africains.
Dites moi quel sort vous réservez aux présidents qui ont tué des innocents parfois des enfants qui viennent à peine de naitre (en Palestine,en Afghanistan,en Irak,en Tchechenie et tout récemment en Libye...) Est-ce que le fait de ne pas reconnaitre la "TPI" me donne tous les droits d'attaquer les autres peuples? JUGES de la "TPI" faites honneur à la justice et au droit tout cour.
Toute justice qui n'est pas équitable et sociale n'est pas justice et son erreur c'est de croire qu'elle est toujours juste.
Méditez!
Pourquoi les pays africains ont-ils adhéré à la CPI ?
Que les africains arrêtent de pleurnicher. Qu'est-ce qui les a obligé à accepter de faire partie de la CPI ?
comme mobutu a fini avec
comme mobutu a fini avec Lumumba,
comme compaoré a fini avec Sankara,
celle-ci finira avec l afrique entière
pauvre de nous !
Wait and see
Pourvu qu'elle ne se laisse pas manipuler(comme Ocampo) par Sarko et Obama. Alors elle aura le soutien de toute l'Afrique et du reste du monde.
Justice internationale ?
On sait désormais en tant africain à quoi sert votre justice internationale...? juste un instrument pour faire valoir une autre forme d'emprise sur les politiques de ce monde. Et comme par hasard, pour le procès du président Gbagbo un/une africain(e) pour diriger les débats...Sans intérêt particulier pour nous, sinon que de voir paraitre une véritable justice non dirigée à répondre des gouvernements ou des organismes..
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