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Le parti Russie unie de Poutine en tête des législatives
Selon des résultats partiels, le parti Russie unie de Vladimir Poutine arrive en tête des législatives de dimanche avec près de 50% des voix. Ces résultats marquent une surprenante baisse de popularité.
AFP - Le parti Russie unie de Vladimir Poutine arrive en tête des élections législatives dimanche en dépit d'une surprenante baisse de popularité avec un peu moins de 50% des voix, à l'issue d'un scrutin marqué par de multiples accusations de fraudes et des arrestations d'opposants.
Selon des résultats portant sur 51,3% des bureaux de vote annoncés par la commission centrale électorale, Russie unie obtient 49,7% des voix et pourrait toutefois conserver sa majorité absolue en sièges grâce à un système complexe de répartition des voix lié au mode de scrutin proportionnel.
Mais le score du parti au pouvoir affiche une baisse de près de 15 points par rapport aux législatives de 2007. Il avait alors obtenu 64,3% des suffrages et décroché une écrasante majorité des deux tiers à la chambre basse du Parlement (Douma), qui permet si nécessaire d'amender la Constitution.
"C'est la démocratie en action", a déclaré à la télévision le président Dmitri Medvedev, tête de liste de Russie unie, après l'annonce des premiers résultats partiels.
"On disait que le parti (...) chercherait à conserver sa position dominante en se livrant à des machinations, des manipulations", mais il a "prouvé qu'il avait le droit moral de poursuivre dans la voie que nous avons choisie", a-t-il.
"C'est ça le parlementarisme, c'est ça la démocratie", a insisté M. Medvedev.
"C'est un résultat optimal qui reflète la situation réelle dans le pays", a déclaré à son côté le Premier ministre Vladimir Poutine, les deux dirigeants balayant ainsi les accusations de fraude lancées tant par l'opposition libérale, des ONG, que le Parti communiste.
"En nous appuyant sur ce résultat, nous pourrons assurer le développement stable du pays", a ajouté l'homme fort du pays, président de 2000 à 2008, pour lequel ces élections étaient un test avant la présidentielle de mars 2012 lors de laquelle il compte revenir au Kremlin.
Le Parti communiste, principal mouvement d'opposition à la Douma, obtient 19,7% des voix, le parti Russie juste (centre-gauche) 12,9% et le parti libéral-démocrate (nationaliste) 12,2%.
Le parti libéral Iabloko ne passe pas le seuil des 7% nécessaire pour avoir une fraction représentative à la Douma, selon ces résultats.
L'un des dirigeants de Russie unie, Boris Gryzlov, s'est d'ailleurs lui aussi félicité de la "victoire", estimant que son parti conserverait "la majorité à la Douma".
Les sondages avaient révélé une baisse de popularité ces derniers mois de la formation présidée par Vladimir Poutine.
"Autant que je sache, il n'y a pas eu d'infractions", a affirmé le chef de la commission électorale centrale, Vladimir Tchourov, estimant que la participation avait été d'"au moins 60%".
Le Parti communiste a de son côté dénoncé des fraudes "massives".
"Nous avons reçu des milliers de plaintes des états-majors régionaux, confirmant le caractère massif des infractions et des falsifications", a déclaré, dans un communiqué, Ivan Melnikov, membre du comité central du PC.
Le Parti communiste s'est joint ainsi aux accusations lancées par l'opposition libérale, les défenseurs des droits de l'homme, des médias indépendants et des ONG qui ont dénoncé une campagne de pressions commencée bien avant le scrutin.
Plusieurs sites de médias indépendants et ceux d'une ONG recensant ces infractions étaient inaccessibles dimanche en raison de cyber-attaques orchestrées, selon eux, pour empêcher la diffusion d'informations sur les fraudes.
Il s'agit notamment des sites de la radio Echo de Moscou, du quotidien Kommersant, de l'hebdomadaire New Times, de l'ONG Golos ainsi que son site interactif "La carte des fraudes", qui était dans le collimateur des autorités depuis une semaine.
A Saint-Pétersbourg, Alexeï, un électeur de 23 ans, a affirmé à l'AFP avoir voté dix fois pour Russie unie contre une prime de 2.000 roubles (près de 50 euros) grâce à un système permettant à un électeur de voter en dehors de son bureau de vote avec un certificat reçu à l'avance.
"On m'a donné 30 certificats à mon nom. J'ai eu le temps de faire dix bureaux. Russie unie va de toute façon falsifier les résultats et moi j'ai besoin d'argent avant Noël", a-t-il expliqué.
Zoïa Svetova, journaliste et observatrice indépendante, a affirmé qu'entre 20.000 et 30.000 représentants des jeunesses pro-Kremlin Nachi se livraient à la même pratique à Moscou.
"Ils vont d'un bureau à l'autre avec ces certificats et votent pour Russie unie. Il est très difficile de les prendre en flagrant délit", a-t-elle déclaré à l'AFP.
"Ce sont les élections les plus scandaleuses de l'histoire (russe, ndlr)", a déclaré le politologue Dmitri Orechkine, à l'origine du mouvement "Observateur citoyen", associé à l'ONG Golos.
Au moins 170 opposants ont été interpellés dans des manifestations à Moscou et Saint-Pétersbourg, où des rassemblements avaient été organisés malgré l'interdiction des autorités.
Le mouvement des jeunesses pro-Kremlin Nachi a annoncé qu'il réunirait de dimanche à mardi jusqu'à 15.000 militants à Moscou pour "neutraliser" toute action visant à contester le scrutin.


























Commentaires (1)
Le parti
La vie politique en Russie est devenue une sinistre mascarade.A cela il faut ajouter une pauvreté endémique qui ne cesse d'aller croissant depuis 20 ans.Nous serions en mesure de dresser un premier bilan après 20 ans de "transition démocratique".Quant est-il de cette panacée universelle alliant économie de marché et démocratie représentative qui aurait été instaurée en Russie?Est-ce que les médias français pourraient diffuser les principales données sociales,économiques,démographiques et politiques concernant le plus grand pays du monde?Il apparaîtrait alors que ce pays est en réalité soumis à une double sujetion:celle d'un pouvoir autoritaire peu respectueux des libertés individuelles et publiques et celle d’une organisation économique néolibérale qui a entrainé pour la population un bond en arrière comme rarement il s’en est produit dans l’histoire.Le bilan risquerait de s’avérer globalement négatif.Celles et ceux qui ont soutenu d’une façon ou d’une autre Gorbatchev ainsi qu’Andreï Sakharov dans leur tentative de perestroïka souhaitaient exactement l’inverse de ce que ce régime impose au peuple russe.
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