Dernière modification : 05/12/2011 

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Pour la presse allemande, la germanophobie n'a pas de couleur politique

Pour la presse allemande, la germanophobie n'a pas de couleur politique

Alors que la polémique enfle au sujet d’une supposée germanophobie rampante au sein de la gauche française, la presse allemande commence à s'emparer du sujet. Si elle estime qu’un tel sentiment existe bel et bien, il ne se limite pas au PS.

Par Sébastian SEIBT (texte)
 

François Hollande aurait dû être accueilli lundi sous les huées des socialistes allemands. De Berlin à Munich, les médias auraient dû multiplier les éditoriaux cinglants contre le Parti socialiste français. Mais il n’en est rien. Pourtant le PS, à entendre certains ténors de la majorité hexagonale, aurait sombré dans une grave dérive germanophobe.

C'est ainsi que le Premier ministre François Fillon en personne a appelé, dimanche, François Hollande à de la “fermeté” contre “les relents germanophobes” de ces derniers jours. Le chef du gouvernement visait, sans le dire, les propos d'Arnaud Montebourg qui avait évoqué mercredi un retour du “nationalisme allemand au travers de la politique à la Bismarck” d'Angela Merkel.

En Allemagne, les propos d’Arnaud Montebourg et la polémique qui enfle en France ont certes été traités par les agences comme la Deutsche Presse-Agentur (DPA), mais n’ont rencontré que très peu d’écho auprès des grands titres nationaux. Seul - ou presque - le magazine Focus s’est-il interrogé jeudi sur la “haine hystérique de l’Allemagne” après les propos de l’ex-candidat à la primaire socialiste. Mais cet hebdomadaire populaire conclut qu’à travers ces déclarations, Arnaud Montebourg vise davantage Nicolas Sarkozy que la chancelière. “Cette agressivité verbale est coutumière en période de campagne électorale, comme en France”, peut-on lire dans Focus. Les autres journaux se sont depuis bornés à reprendre brièvement les déclarations de François Fillon.

Sans couleur politique

Pour autant, les Allemands sont conscients de la montée d’un sentiment anti-allemand en Europe, plus particulièrement en France. Seulement, cette tendance de daterait pas des déclarations d'Arnaud Montebourg. Les principaux articles qui analysent cette évolution remontent à la dernière quinzaine de novembre. “La peur française d’une Europe allemande”, titrait ainsi le 28 novembre Die Welt. Le quotidien de gauche Sueddeutsche Zeitung évoquait le 27 novembre “la peur du fantôme allemand” et l’influent blog “Flatwelt” - qui dépend du quotidien Die Welt - estimait le même jour que “les Allemands sont en train de devenir les nouveaux punching-balls européens”.

Autant d’articles où le “germanosceptiscisme” ne revêt aucune couleur politique. La Sueddeutsche Zeitung évoque, sur un même plan, les déclarations de Jacques Attali sur la “nouvelle menace que l’Allemagne fait peser sur l’Europe” et celles d’un “éminent collaborateur de l’Élysée” qui estime : “L’Allemagne domine tout.”

Cette résurgence d’un sentiment de suspicion à l’égard de l’Allemagne, Berlin se le serait infligé à lui-même, estime Clemens Wergin, auteur du blog Flatwelt. “L’Allemagne est en train de devenir pour l’Europe ce que les États-Unis sont au monde”, écrit-il. Selon l'éditorialiste, Berlin est l’autorité vers laquelle tous les pays européens se tournent pour trouver une sortie à la crise. Mais les membres de l'Union européenne, France en tête, n’apprécieraient pas particulièrement ce nouvel état de fait.

 

Commentaires (4)

Germanophobie

Comment peut-on remettre d’actualité cette haine-là ! N’a-t-elle déjà pas tant coûté à des millions d’Allemands et de Français ? C’est très choquant de la part d’un homme qui prétendant aux plus hautes fonctions. Les Allemands sont devenus nos alliés et nous les leurs. Des générations des deux pays ont rêvés de cela et nos hommes politiques d’aujourd’hui sont prêts remettre cela en question pour quelques points de plus dans un sondage !? C’est à vomir.

honte de vous autant que d'eux

On peut réagir mainte façon sur les propos de Montebourg. Mais ce qui est encore pire , ce sont les gens qui écrivent comme dans le commentaire précédent "Honte d'être français".....C 'est un grand problème en France maintenant, les gens qui ont honte de leur pays pour tout et pour rien, pour un "oui" ou pour un "non".Les mots ont une signification et le mot "honte" est un mot qui pèse. Si vous avez vraiment honte d'être français , pourquoi rester?je ne suis pas en train de dire que Montebourg a raison, mais les réflexion "citoyen-paillasson" ca va peut être suffire.....

la politique, une cour d'école?

Un premier ministre tenant ce genre de propos fait honte à la France.
Germanophobie? j'appelle ça une incitation à la haine. Tout homme politique quel qu'il soit, tenant ce genre de propos de gauche comme de droite devrait être radié à vie du milieu politique. On en a assez de cette levée populiste qui n'arrive même plus à entendre ses propres conneries, on a une politique qui du coté gouvernemental passe son temps à tenter de résoudre tous les problèmes du monde sans en régler un seul, et en plus en se plaignant que c'est toujours de la faute des autres s'ils n'y arrivent pas, et de l'autre, une opposition fantôme qui passe son temps à critiquer le gouvernement parce qu’il fait de la merde sans jamais proposer quoi que se soit. En attendant les VRAIS problèmes s'empilent, encore et toujours... Autant ne pas avoir de politique du tout, ça fera au mois quelques économies, et surtout permettra de ne pas entendre ce genre de mot sortir de la bouche d'un premier ministre, surtout pour appuyer une accusation sur des propos tout aussi mal sain. Et la surenchère, ça sera quoi???

de la honte d'être français...

et meme pire... pour qui voter ? pour la gauche ?
Ils ont perdu quatre voix au moins dans ma famille !

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