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Les députés adoptent une résolution anti-prostitution
L'Assemblée a voté une résolution réaffirmant sa position abolitionniste en matière de prostitution. Cette proposition de loi a été dénoncée par l'association Act-Up, qui s'inquiète de la politique "répressive" à l'égard des travailleurs du sexe.
AFP - Droite et gauche ont voté mardi à l'Assemblée, avec un rare consensus, en faveur d'une résolution réaffirmant "la position abolitionniste" de la France en matière de prostitution.
Présentée par tous les présidents de groupes politiques à l'Assemblée, cette déclaration de principe devait être suivie dans la soirée du dépôt d'une proposition de loi, très concrète celle-là, sur la pénalisation des clients, à l'image de ce qui se fait en Suède depuis 1999.
Cette proposition de loi est cependant loin encore d'être inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée et pourrait même ne pas l'être d'ici la fin de la législature.
Les associations comme Act-Up et le Strass (Syndicat du travail sexuel) sont venues manifester, à quelques dizaines de personnes, devant le Palais-Bourbon, peu avant l'ouverture des débats, pour dire "non" à des "politiques répressives" à l'égard des travailleurs du sexe.
La résolution, qui n'a donc aucune valeur contraignante, "réaffirme la position abolitionniste de la France dont l'objectif, à terme, est une société sans prostitution". "La prostitution ne saurait, en aucun cas, être assimilée à une activité professionnelle", souligne encore le texte.
Pour Guy Geoffroy (UMP) qui a préparé la résolution avec Danielle Bousquet (PS), "non, la prostitution n'est pas le plus vieux métier du monde. Il faut désormais l'envisager sous l'angle des violences faites aux femmes". "Notre pays est abolitionniste depuis 50 ans et on doit entrer maintenant dans le concret et notre proposition de loi aura des incidences très concrètes".
Les peines encourues par les clients pourraient aller jusqu'à deux mois d'emprisonnement et 3.750 euros d'amende, selon cette proposition de loi déposée par les deux députés et qui a reçu le soutien, "à titre personnel", de la ministre des Solidarités Roselyne Bachelot.
La convergence de vues affichée entre droite et gauche sur la réaffirmation de la position abolitionniste de la France n'empêche cependant pas les divergences de vues dans les deux camps. C'est notamment le cas pour les députés de la Droite populaire.
Ainsi Jacques Myard a ironisé, dans les couloirs de l'Assemblée, sur "la convergence, à la mode en ce moment, avec l'Allemagne". "On a signé les mêmes conventions sur la prostitution mais les Allemands ont des Eros centers! Et si la pénalisation était la solution, il y a longtemps qu'on l'aurait trouvée".
Quant à Lionnel Luca, il trouve que sur ce sujet "on est dans la démagogie la plus complète. La France invente l'eau chaude; par les temps qui courent, on a d'autres sujets à traiter!"
A gauche, la proposition de loi n'a pas encore été discutée en réunion de groupe mais, hors du champ des élus, des personnalités féministes comme Elisabeth Badinter se sont prononcées dans la presse contre l'abolition et la pénalisation.
"Si une femme souhaite gagner en trois jours ce que d'autres gagnent en un mois à la caisse d'un supermarché, c'est son droit", a-t-elle dit mettant comme "seule condition, mais elle est essentielle" que la femme "ne soit pas contrainte".
"Microcosme parisien", rétorque Danielle Bousquet qui observe que "pour une personne qui affirme avoir fait ce choix, il y a des centaines de victimes".
Quant aux écologistes, ils sont partagés à 50/50, selon Yves Cochet. "La moitié d'entre nous est abolitionniste mais l'autre moitié considère que les prostituées sont des travailleuses du sexe pour qui il faut, à court terme, obtenir des droits sanitaires et sociaux".


























Commentaires (12)
Prostitution et clients
La pénalisation des clients ne semble pas la bonne solution.
Pourquoi ne pas revenir au système des "maisons closes" où les femmes seraient protégées, encadrées par une directrice professionnelle, soumise à un contrôle de l'état . Pas de proxénétisme, pas de mafia...
Bousquet & Co : mais quel mépris !
"Le microcosme parisien", ce sont des centaines de travailleurs du sexe, des travailleurs sociaux, des élus, des professionnels de santé et de lutte contre le sida : ActUp Paris, Aides, Acceptéss-T, A.N.A, Avec Nos Ainées, Arcat-Santé, Autres Regards Marseille, A.R.A.P Rubis Nîmes, le Bus des Femmes Paris, Cabiria - Lyon, Association Charonne - Paris, Collectif Droits & Prostitution, Entr’Actes Lille, Grisélidis Toulouse, Strass, Syndicat du Travail Sexuel, Etudions Gayment Nanterre, Elus Locaux Contre le Sida, Médecins du Monde, Solidarité Sida, S.T.S Support Transgenre Strasbourg, Tjembé Rèd !, UNALS Union Nationale des Associations de Lutte contre le Sida.
Tous s'opposent à la pénalisation et dénoncent les risques encourrus par les travailleu(r)ses du sexe sur leur sécurité, leur condition et leur santé..
voir : http://site.strass-syndicat.org/2011/05/travail-sexuel-pourquoi-penalise...
Appui à l'abolition de la prostitution
C'est une bonne chose d'abolir la prostitution pour restaurer la nature sacrée de la femme instituée selon Dieu. Mais malheureusement, le combat est loin d'être gagné dans la mesure où ces Etats qui brandissent aujourd'hui leur penchant abolitionniste vis vis de la prostitution sont les mêmes qui hier ont légalisé l'acte en faisant passer pour des travailleurs de sexe ces prostitués qui ont réussi à s'imposer aux législations en vigueuer. De toutes les façons, parvenir aujourd'hui à mon sans prostitution est un idéal mais une réalité pour la simple et triste raison que prostituées et clients ont désormain presque un contrat puisqu'il est à remarquer que certaines personnes refusent de se marier alors qu'elles sont conscientes que l'acte sexuel est un besoin biologique inévitable. Dieu jugera non seulement ceux qui ont homologué le travail sexuel autant que ceux qui le pratique
quelle belle loie
Chasser le client et plus facile que de chasser les réseaux qui trafiquent les êtres humains que l'on force à se prostituer.
Comme d'habitude cette piteuse majorité réactionnaire choisit la facilité, l'hypocrisie et l'intolérance comme réponse à un phénomène qui est aussi vieux que l'humanité...
Il faut, tout au contraire, légaliser la Prostitution, dans tous les sens du terme, offrir aux prostituées en contre partie de cotisations sociales et d’impôts, une couverture sociale, une retraite, des droits, un endroit ou travailler à l'abri des proxénètes et des fous, un suivi médical, une reconnaissance sociale et non pas de la stigmatisation. C'est un métier comme un autre qui n'est pas plus honteux qu'un autre. C’est un métier qui a son utilité, ce n’est peut être pas pour rien qu’il est aussi vieux ce métier !
Les proxénètes doivent se frotter les mains en voyant cette belle loi. c'est du pain béni pour eux!!! C'est le retour de la prohibition "du sexe", du moralisme bas de gamme et sans envergure de la droite populiste. C’est pour ces réseaux la promesse de lendemains qui chantent. Car cette loi va pousser les prostituées encore un peu plus dans leur griffes.
De plus toutes les prostituées (hommes et femmes) ne sont pas contraintes. Et celles qui sont contraintes de se prostituer, car sous la tutelle d'un réseau mafieux, si elles bossaient pour elles même, rien est moins sûr qu'elles arrêteraient de le faire.
J'ai lu des réactions religieuses indignées... Mais ce que le Christ nous a enseigné : c'est la tolérance, c'est de ne pas jeter la première pierre, c'est d'accepter les autres tels qu'ils sont...
Escort de luxe
La question est de savoir si nos parlementaires moralistes vont appliquer leur loi abolitionniste à leurs amis de la jet-set, hommes d'affaire etc qui se payent des escort girls à 400 euros de l'heure ou plus. Ou si cette loi ne s'adresse qu'au pékin moyen en situation de misère sexuelle...
loie pour abroger la prostitution
franchement je pense que vous ne pourrez jamais, empêcher un homme d'aller voir une femme pour se soulager. Je pense au contraire quelle devrait être tolérer et envisager comme travail salarial déclarer comme les autres avec les mêmes droits et avec une sécurité sociale pour les prendre en charge en cas de maladie.Si cela existait cela mettrait probablement fin à la prostitution clandestine sans aucun contrôle.
@nouveau
faut pas s'emporter car c vrai que la prostitution ne date pas d'aujourdhui..et l'on sait que meme certaines maisons ont ete frequentees par des hauts responsables !!
c dommage que lorsque l'on parle de religion certains s'emportent et reagissent comme si on les insultait mais permettez moi juste de vous dire qu'aucune personne croyante et pratiquante sans parler de religion precise,ne se prostiturait!!
ayez un peu la foi tout simplement!!
a qui a ecrit " le probleme n'est pas nouveau"
je voudrais savoir d'ou Monsieur qui a parle des eveques a obtenu ses informations SVP arretez de hair et d'insulter les religieux " je suis cretien et je sais bien ce qui est dans l'Evangile (la prostitution n'est pas permise)si ce monsieur n'est pas cretien qu'il laissent tranquiles les cretiens et s'il est cretien qu'il nous donne les references de ses informations ....
Fourrer son nez dans les "affaires" des autres
Indiscutablement, aucune femme, aucun homme ne devrait être contraint de faire ce métier, que ce soit par contrainte physique, moral ou financière. Maintenant pour celles ou ceux qui veulent exercer cette activité de leur plein gré ainsi que pour leurs clients, je ne vois pas comment l’État peut se donner le droit d'intervenir dans la vie intime et sexuelle d'adulte responsable et consentant. C'est quoi la prochaine étape, les positions sexuelles interdites et la bonne couleur de mon slip? On est pas dans une république théocratique!
Ils feraient mieux de se concentrer sur les proxénètes qui continueront leur ignoble trafique car ils n'ont déjà strictement rien à faire des lois et une de plus ne les troublera pas.
2X
Il va falloir payer 2 fois! Et l'Etat n'est pas un peu proxo avec ces amendes, l'une à la prostitué et l'autre au client, plus les impôts du délit?
Le problème n'est pas nouveau
Au moyen âge, les évêques pour limiter la prostitution et protéger les prostituées avaient organiser des maisons spécifiques!
Le problème n'est pas nouveau
Au moyen âge, les évêques pour limiter la prostitution et protéger les prostituées avaient organiser des maisons spécifiques!
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