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FRANCE

Les députés adoptent une résolution anti-prostitution

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/12/2011

L'Assemblée a voté une résolution réaffirmant sa position abolitionniste en matière de prostitution. Cette proposition de loi a été dénoncée par l'association Act-Up, qui s'inquiète de la politique "répressive" à l'égard des travailleurs du sexe.

AFP - Droite et gauche ont voté mardi à l'Assemblée, avec un rare consensus, en faveur d'une résolution réaffirmant "la position abolitionniste" de la France en matière de prostitution.

Présentée par tous les présidents de groupes politiques à l'Assemblée, cette déclaration de principe devait être suivie dans la soirée du dépôt d'une proposition de loi, très concrète celle-là, sur la pénalisation des clients, à l'image de ce qui se fait en Suède depuis 1999.

Cette proposition de loi est cependant loin encore d'être inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée et pourrait même ne pas l'être d'ici la fin de la législature.

Les associations comme Act-Up et le Strass (Syndicat du travail sexuel) sont venues manifester, à quelques dizaines de personnes, devant le Palais-Bourbon, peu avant l'ouverture des débats, pour dire "non" à des "politiques répressives" à l'égard des travailleurs du sexe.

La résolution, qui n'a donc aucune valeur contraignante, "réaffirme la position abolitionniste de la France dont l'objectif, à terme, est une société sans prostitution". "La prostitution ne saurait, en aucun cas, être assimilée à une activité professionnelle", souligne encore le texte.

Pour Guy Geoffroy (UMP) qui a préparé la résolution avec Danielle Bousquet (PS), "non, la prostitution n'est pas le plus vieux métier du monde. Il faut désormais l'envisager sous l'angle des violences faites aux femmes". "Notre pays est abolitionniste depuis 50 ans et on doit entrer maintenant dans le concret et notre proposition de loi aura des incidences très concrètes".

Les peines encourues par les clients pourraient aller jusqu'à deux mois d'emprisonnement et 3.750 euros d'amende, selon cette proposition de loi déposée par les deux députés et qui a reçu le soutien, "à titre personnel", de la ministre des Solidarités Roselyne Bachelot.

La convergence de vues affichée entre droite et gauche sur la réaffirmation de la position abolitionniste de la France n'empêche cependant pas les divergences de vues dans les deux camps. C'est notamment le cas pour les députés de la Droite populaire.

Ainsi Jacques Myard a ironisé, dans les couloirs de l'Assemblée, sur "la convergence, à la mode en ce moment, avec l'Allemagne". "On a signé les mêmes conventions sur la prostitution mais les Allemands ont des Eros centers! Et si la pénalisation était la solution, il y a longtemps qu'on l'aurait trouvée".

Quant à Lionnel Luca, il trouve que sur ce sujet "on est dans la démagogie la plus complète. La France invente l'eau chaude; par les temps qui courent, on a d'autres sujets à traiter!"

A gauche, la proposition de loi n'a pas encore été discutée en réunion de groupe mais, hors du champ des élus, des personnalités féministes comme Elisabeth Badinter se sont prononcées dans la presse contre l'abolition et la pénalisation.

"Si une femme souhaite gagner en trois jours ce que d'autres gagnent en un mois à la caisse d'un supermarché, c'est son droit", a-t-elle dit mettant comme "seule condition, mais elle est essentielle" que la femme "ne soit pas contrainte".

"Microcosme parisien", rétorque Danielle Bousquet qui observe que "pour une personne qui affirme avoir fait ce choix, il y a des centaines de victimes".

Quant aux écologistes, ils sont partagés à 50/50, selon Yves Cochet. "La moitié d'entre nous est abolitionniste mais l'autre moitié considère que les prostituées sont des travailleuses du sexe pour qui il faut, à court terme, obtenir des droits sanitaires et sociaux".

 

Première publication : 07/12/2011

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