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L'opinion de
Stanislas DE SAINT HIPPOLYTE

Stanislas DE SAINT HIPPOLYTE
Correspondant à Washington

Retour d'Irak : quand l'armée américaine déferle sur les États-Unis

Le 08-12-2011

C'est un phénomène qui n'a pas été vu depuis la Seconde Guerre mondiale : un afflux massif et rapide sur le territoire américain de dizaines de milliers de soldats démobilisés par la fin d'une guerre. Le retrait en cours d'Afghanistan (jusqu'en 2014) et celui d'Irak, qui prendra fin dans quatre semaines, vont profondément changer la donne pour l'armée américaine.

Nous revenons tout juste du Texas. Nous étions à Fort Hood, un temps qualifié de "plus grande base militaire du monde libre". Nous avons assisté au retour de 350 soldats après de longs mois en Irak. Pour beaucoup, c'était leur deuxième ou troisième "rotation" sur ce terrain. Un à un, nous les avons vu défiler devant nous, serrer la main de leurs officiers. Des visages sur une guerre que l'on a souvent raconté par des chiffres.

Nous les avons vu serrer dans leurs bras leur mère, leur femme, leurs enfants. Et après?

Très bientôt, pour la première fois depuis 2001, les Etats-Unis ne seront plus engagés dans aucun conflit majeur. Au plus fort de la guerre en Irak, 170 000 soldats américains étaient en Irak. Il n'en restera plus un seul à la fin du mois de décembre, mis à part les quelques centaines d'hommes chargés de la protection de l'ambassade américaine à Bagdad (la plus grande du monde tout de même, avec près de 16 000 employés).
Ceux d'Afghanistan reviennent peu à peu aussi.

D'ici l'été prochain, la base de Fort Hood sera plus peuplée qu'elle ne l'a jamais été depuis le début de ces deux conflits. Près de 20 000 hommes seront rentrés. Que faire d'eux ? Comment les motiver pour l'entrainement quand ils ont connu la guerre, la vraie, pendant si longtemps ? Selon un de leurs officiers, ils ne connaitront "aucune opération extérieure" dans les années qui viennent.

Et l'armée, qui a recruté à tout-va ces dernières années pour nourrir cette guerre coûteuse en hommes... Devra-t-elle réduire la voilure pour ne pas se retrouver en sureffectif en temps de paix ? Le Pentagone est déjà sous la menace de 1 200 milliards de dollars de coupes budgétaires pour permettre de réduire le déficit fédéral.
Que deviendront alors ces soldats démobilisés ? Les vétérans sont déjà frappés par un taux de chômage bien supérieur à la moyenne (12% en moyenne et jusqu'à 30% pour les jeunes vétérans).

Depuis le 11 septembre 2001, les Etats-Unis se définissent comme un pays en guerre. "War on terror", tel est le nom de ces conflits. Avec les retraits d'Irak puis d'Afghanistan, le pays va devoir changer d'imaginaire collectif pour se construire, si possible, la conscience d'une Amérique en paix.

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