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Afrique

Vives tensions au lendemain de la victoire contestée de Joseph Kabila

©

Vidéo par Nicolas GERMAIN

Texte par Dépêche

Dernière modification : 10/12/2011

Les forces de sécurité se sont déployées dans les rues de Kinshasa, au lendemain d'incidents qui ont suivi l'annonce de la réélection contestée de Kabila par son rival Étienne Tshisekedi. Dans la capitale, la tension est toujours palpable.

AFP - Les forces de sécurité étaient déployées en force samedi à Kinshasa au lendemain d'incidents qui ont accompagné l'annonce de la réélection du président Joseph Kabila, contestée par son rival Etienne Tshisekedi.

Selon des journalistes de l'AFP, la capitale de la République démocratique du Congo --"Kin", pour ses habitants-- ressemblait à une ville morte, tôt dans la matinée, et restait sous haute surveillance policière et militaire.

Tension palpable dans les rues de Kinshasa



Certains quartiers portent encore les stigmates des violences qui ont suivi l'annonce par la Commission électorale (Céni) de la victoire du président sortant Kabila (48,95%) sur l'opposant Tshisekedi (32,33%).

M. Tshisekedi qui s'est proclamé "président élu", a écarté toute contestation par la voie légale.

Dans le centre de la ville, à Bumbu, des civils armés de battes de base-ball ont été vus prêter main forte à des policiers qui procèdent à des interpellations musclées. Et, parfois, la police tire en l'air pour disperser des regroupements.

Selon des sources hospitalières, une personne a été tuée par balle vendredi soir dans un quartier de la capitale, sans que l'on ne sache rien des circonstances de ce décés, qu'une source policière a toutefois démenti.

Aucun taxi ou véhicule ne circulait samedi et les rares habitants qui se sont aventurés hors de chez eux ont été contraints de marcher. Les stations d'essence sont resteées fermées comme de nombreux magasins, dont quelques-uns ont été pillés vendredi soir.

Sur la Radio télévision nationale congolaise (RTNC), un bandeau déroulant donne quatre "numéros vert", qui permettent d'appeler la police en cas d'incidents.

Des habitants ont cependant accusé les policiers de les voler, comme ce vendeur de pain qui assure que sa recette lui a été dérobée: "Le gouvernement nous a dit de travailler calmement. Mais comment ils peuvent nous piller comme ça?", dit-il excédé.

A Limete (est), où l'opposant Tshisekedi a son QG, un témoin a affirmé à l'AFP que des militants de son parti, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), étaient armés de kalashnikov.

C'est depuis ce quartier populaire que M. Tshisekedi s'est auto-proclamé vendredi "président élu", rejetant "en bloc" les résultats de la Céni et donnant son propre score: "54% des voix qui me sont attribuées contre 26% pour Monsieur Kabila".

Il a exhorté les Congolais "à rester soudés" derrière lui "pour faire face aux évènements qui vont suivre", tout en demandant à la population de "rester calme et sereine".

Samedi matin, aucun incident grave n'était signalé dans le reste du pays, notamment à Lubumbashi (sud-est), la capitale de la province du Katanga toujours sous haute surveillance.

Depuis vendredi, la Cour suprême de justice a pris le relais de la Céni et devra proclamer officiellement le vainqueur de la présidentielle le 17 décembre. Les 11 candidats ont ensuite 48h pour déposer des contestations.

M. Tshisekedi a exclu tout recours devant la CSJ. "Je ne le ferai jamais", a-t-il dit en qualifiant la cour d'"institution privée de M. Kabila".

Depuis vendredi en fin de journée, la Céni a affiché sur son site internet les résultats de la présidentielle, souvent incomplets. Ainsi, le détail par bureaux de vote ne mentionne jamais le nombre d'inscrits.

Inquiète des violences, la communauté internationale a appelé les responsables politiques au dialogue et à l'apaisement, et à utiliser "les moyens légaux" en cas de contestation des résultats.

Le Royaume-Uni s'est dit "préoccupé" par des soupçons d'"irrégularités" et a appelé la CSJ à examiner tous les recours "rapidement et de façon transparente".

La CSJ a déjà l'objet de critiques. Fin novembre les missions de l'Union Européenne (UE) et du Centre Carter ont dénoncé son "manque de transparence" en matière de contentieux électoraux. Jusqu'au 28 octobre, la Cour suprême comptait sept magistrats, mais le président Kabila en a nommé de nouveaux pour arriver à un total de 27.


 

Première publication : 10/12/2011

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