La communauté internationale peut-elle éviter une grave crise humanitaire dans le camp irakien d'Achraf qui abrite des réfugiés iraniens devenus indésirables ? Comme le gouvernement irakien l’avait annoncé, le site sera démantelé le 31 décembre 2011 au plus tard. Une décision synonyme de dispersion pour les 3 300 "Achrafiens", qui comptent une majorité de membres de l'Organisation iranienne des Moudjahidines du peuple (OIMP), principal groupe de résistance contre le régime théocratique iranien, honni par Téhéran.
L'ex-otage franco-Colombienne Ingrid Betancourt en appelle au président Nicolas Sarkozy | |
| Paris, le 10 décembre 2011. | |
Traqués et réprimés dans leur pays, ils sont installés dans ce camp situé dans la province de Diyala, à 60 kilomètres au nord de la capitale irakienne, depuis le milieu des années 1980. Une implantation qui a toujours été considérée comme une provocation par Téhéran alors en guerre contre l’Irak (1980-1988). En 2003, après la chute de leur protecteur de l’époque, Saddam Hussein, ils ont été progressivement désarmés par les forces américaines. Lesquelles ont assuré la sécurité du camp de fortune avant d’en céder la responsabilité au pouvoir irakien en 2009. Un pouvoir aux mains de la communauté chiite, plus encline à entretenir de bonnes relations avec ses coreligionnaires iraniens.
Bain de sang
Or, depuis, les habitants du camp sont la cible régulière d'attaques menées par leurs hôtes. La plus récente a eu lieu en avril 2011, lorsqu’une opération de l’armée irakienne a fait 34 morts, selon les Nations unies. "Au vu des précédents dramatiques qui ont eu lieu dans le camp, ses habitants, désarmés, peuvent s’attendre au pire, c'est-à-dire à un nouveau bain de sang, si Bagdad applique sa décision", prévient Afchine Alavi, porte-parole du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), composé essentiellement de membres de l’OIMP. À de nombreuses reprises,
l’ONG Amnesty International a exhorté Bagdad de s'abstenir d'expulser de force les résidents qui risqueraient d'être victimes de graves violations de leurs droits fondamentaux s'ils étaient renvoyés en Iran.
Une inquiétude largement relayée au cours d’une conférence internationale sur le camp d’Achraf organisée, samedi 10 décembre, à Paris, dans le cadre de la Journée internationale des droits humains. À cette occasion, le CNRI, rejoint par d'anciens hauts responsables militaires et politiques américains, dont l'ex-ambassadeur à l'ONU Bill Richardson, et de défenseurs des droits de l'Homme, a appelé à "une action urgente de la communauté internationale" pour intervenir auprès des dirigeants irakiens.
| Maryam Radjavi, la dirigeante du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), plaidant la cause du camp d'Achraf, à Paris le 10 décembre 2011. | |
Ces derniers sont accusés de vouloir fermer le camp dans l’unique but de complaire au pouvoir iranien. "Aucun calendrier, aucun intérêt irakien ne justifie la fermeture du camp d’Achraf, souligne Afchine Alavi. Il s’agit plutôt d’une volonté iranienne qui dicte la marche à suivre au Premier ministre, Nouri al-Maliki."
Lettre à Barack Obama
À l’issue de la conférence, un appel au président américain, Barack Obama, a également été lancé par les participants dont l'ancienne sénatrice, candidate à la présidentielle colombienne de 2002 et otage Ingrid Betancourt. "À la veille d'une visite du Premier ministre irakien aux États-Unis [prévue ce lundi 12 décembre], nous vous écrivons pour vous appeler à une intervention immédiate pour empêcher une grave crise humanitaire au camp d'Achraf en Irak", écrivent ces responsables.
Ce n’est pas un hasard si la pression est mise sur Washington. Car les États-Unis ont accordé, au regard des conventions internationales, le statut de "personnes protégées" aux réfugiés d’Achraf tout en maintenant l’inscription du mouvement islamo-marxiste des Moudjahidines sur sa liste des organisations terroristes. À l’instar du Canada et de… l’Iran. Une décision prise par l’administration de Bill Clinton (1992-2000), qui tentait alors de se rapprocher du régime iranien. L’Union européenne (UE) a de son côté retiré l’OIMP de sa "liste noire" en 2009, à la suite de plusieurs décisions de justice. Mais la réputation du mouvement est remise fréquemment en question. Ainsi, selon l’ONG Human Rights Watch, l'OIMP
contrôle le camp irakien d'une main de fer et musèle les résidents qui contestent son autorité. Des accusations rejetées en bloc par le mouvement.
Afchine Alavi, porte-parole du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) | |
| Paris, le 10 décembre 2011. | |
"Je souhaite que le nom des Moudjahidines du peuple soit retiré de la liste du Département d’État, et j’espère que l’administration Obama agira rapidement contre cette injustice afin que ceci ne puisse servir d’excuse au Premier ministre Al-Maliki", a déclaré à FRANCE 24 Andrew Card, chef de cabinet du président George .W. Bush, entre 2001 et 2006.
"Organisation terroriste", selon Bagdad
Car pour justifier la décision de son gouvernement, le Premier ministre irakien argue en effet que l’OIMP est une organisation "terroriste". Dans u
ne tribune publiée le 6 décembre par le Washington Post, il affirme que "les résidents du camp appartiennent à un mouvement classé comme terroriste par plusieurs pays et que, par conséquent, ils n’ont aucune justification légale pour rester en Irak". Et d’ajouter : "Aucun pays n’accepterait la présence d’insurgés étrangers sur son sol, mais nous allons œuvrer pour trouver une solution pacifique."
Toujours est-il que la question du camp d’Achraf est jugée "préoccupante" par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui a précisément consacré, au début de décembre, une partie de son rapport sur l’Irak au camp d’Achraf. Le patron de l’ONU a notamment insisté sur "la nécessité de trouver d’urgence une solution pacifique et durable" avant la date butoir fixée par Bagdad. Et ce non sans rappeler que "la responsabilité du bien-être et de la sécurité de tous les résidents du camp incombe au premier chef au gouvernement irakien". De son côté, l’UE a exprimé le souhait d’une issue "convenable et satisfaisante" concernant le camp irakien d'Ashraf, tandis que la décision des autorités irakiennes
a été dénoncée par plus d'une centaine de députés européens, qui ont mis en garde contre "un massacre" si Bagdad persiste.
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(10) Réactions
OIMP
Clair, ces réfugiés iraniens sont foutus : leur dénomination n'a rien pour nous plaire en Occident et chez les Iraniens ils sont condamnés à mort...Bon, passons ! On paiera de plus en plus gravement la chute de SADDAM par la grâce du Grand Intellectuel du Texas ! Où est le barrage à l'Iran à présent dans la région ? Une voie royale est en train de s'ouvrir tous azimuts aux Iraniens !! Manquait plus qu'un axe Iran-Irak-Syrie dans le secteur !!!! La Totale !
les pauvres refugiés
L'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI) (سازمان مجاهدين خلق ايران, Sāzmān-e Mojāhedin-e Khalq-e Irān, Mujaheddin-e-Khalq, MeK) est un mouvement de résistance armée au régime de la République islamique d'Iran. Fondée en opposition au chah, l'OMPI est demeurée active en Iran et à l'extérieur, durant et après la Révolution islamique de 1979. Elle a été notamment dirigée par Massoud Radjavi et demeure conduite en exil par son épouse, Maryam Radjavi.
L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada1 et des États-Unis d'Amérique2 et l'a été par le Conseil de l'Union européenne de 2002 à janvier 20093 et par le Home Office jusqu'en juin 20084.
L'OMPI est membre du Conseil national de la résistance iranienne, qui déclare lutter pour l'instauration d'un régime démocratique et laïque en
très intéressant !! je ne
très intéressant !! je ne savais même pas qu'il y avait des opposants iraniens aussi connus ?! encore une fois vive FRANCE 24 ! :-))
Achraf
Je suis choqué et je mesure mes mots , alors quels sont les intérêts des différentes nations et pourquoi tant de temps avant d'agir ?
Il faut sauver le "camp ACHRAF"
Bien que ce mouvement, comme d'autres en particulier des palestiniens , avait fait le choix de s'aligner totalement sur l'ex régime de Bagdad sur sa politique interne et régionale mais rien ne justifie de vouloir son extermination de la part du pouvoir actuel en Irak.Il faut tout faire pour empêcher une telle issue particulièrement de la part des USA, bien que la question est complexe: Comme opposants au régime iranien lesdits moujahidins du peuple,ne peuvent retourner en Iran et aucun pays n'a jusqu'à présent manifesté des dispositions à offrir l'asile politique à un certain nombre d'entre eux, plus bien que désarmé le mouvement est répertorié comme terroriste.Espérons que l'appel du secrétaire général de l'ONU soit entendu.
Merci
Merci les Etats Unis D'Amerique d'avoir liberé l'Irak de la dictature et d'en avoir fait un cadeau a l'Iran.J'adore L'Iran et les molah.Encore une fois merci.
Ashraf
L'espoir renaît lorsque l'on voit une presse qui s'engage à donner l'information simplement point par point. C'est ce genre de presse qui donne envie de croire à une presse libre.
C'est rassurant. Si les gouvernement ne prennent pas leur responsabilités, au moins , nous devons respecter une presse qui les prends. Josseline
Ashraf
Merci pour ce reportage qui pose bien le danger de massacre à Ashraf et la nécessité d'agir. Je suis d'accord avec Ingrid Bettancourt que c'est aussi le rôle de la France d'agir pour la cause des opposants iraniens à Ashraf, le symbole de la résistance au régime des mollahs. La France a toujours déclaré son soutien à la démocratie en Iran. Mais sur le sort de 3400 opposants elle reste sans voix. Les sanctions contre le régime des mollahs ne suffiront jamais, il faut soutenir ceux qui se battent pour un changement de régime. C'est urgent de se réveiller et de voir le talon d'Achille des mollahs....
Achraf
Information intéressante, je vous en félicite.
Je me demande par ailleurs, comment le Premier Ministre Irakien
Al Maliki peut-il faire face à l'opinion internationale et vouloir organiser un pays démocratique en violant les droits fondamentaux d'asile des réfugiés reconnus par la Convention de Genève et s'alignant à la même ligne politique du régime iranien responsable de la persistance des conflits du Moyen Orient, du terrorisme international et des menaces nucléaires.
C'est à nous solidaires avec la résistance iranienne et à la communauté internationale de dénoncer les crimes commis et ceux à commettre.
Nous savons que le silence est complicité, se taire est laisser faire donc, complicité. Agissons ensemble pour que l'injustice
soit bannie
La petite table à signer des pétitions "anti-régimes" :
Et maintenant voici la réserve centrale pour semeurs de troubles occasionnels à l’intérieur du pays et ce depuis 1979,du genre à faire parler BHL,ou irriguer le flot d'insanités publiés ici et là chez nos désœuvrés islamophobes primaires...
- Quoi qu'il arrive, désormais, quoi qu'il arrive !...
http://www.dailymotion.com/video/x9oa52_bhl-s-exprime-sur-la-crise-iranienn_news