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EUROPE

Nick Clegg s'inquiète du "non" de David Cameron au sommet de Bruxelles

Vidéo par Shona Bhattacharyya

Texte par Dépêche

Dernière modification : 12/12/2011

Le numéro 2 du gouvernement britannique craint que le refus de modifier le traité européen ne nuise aux intérêts de ses concitoyens. Vendredi, le Premier ministre David Cameron s'était opposé à l'adoption d'un nouveau texte à 27.

AFP - La décision du Premier ministre britannique conservateur David Cameron de s'opposer à un changement de traité à Bruxelles, trouve un large écho populaire mais ravive les divisions dans le gouvernement de coalition, où les libéraux-démocrates expriment ouvertement leur désaccord.

Le vice-Premier ministre Nick Clegg, qui avait dans un premier temps assuré que la coalition était "unie" derrière la position de David Cameron, a changé de ton dimanche, en déclarant qu'il craignait de voir le pays "marginalisé".

"Je suis amèrement déçu par le résultat du sommet de cette semaine parce que je pense qu'il y a maintenant un vrai danger de voir le Royaume-Uni isolé et marginalisé dans l'Union européenne", a jugé Nick Clegg, un libéral-démocrate, pro-européen, sur la BBC.

"Je ne pense pas que cela soit bon pour les emplois, à la City ou ailleurs, je ne pense pas que ce soit bon pour la croissance, je ne pense pas que ce soit bon pour les foyers du pays", a ajouté M. Clegg.

Alors que la position britannique a galvanisé la frange eurosceptique du parti conservateur, le vice-Premier ministre a indiqué qu'il se battrait "bec et ongles" contre une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, qui ferait du pays "un pygmée" dans le monde.

Il a fustigé l'"intransigeance" de certains conservateurs et affirmé que Londres devait au contraire se "réengager davantage" dans l'UE. Mais il a aussi dénoncé l'"intransigeance de la France et de l'Allemagne", qui selon lui ont mis David Cameron dans une "position difficile".

"J'avais prévenu ces dernières semaines que le risque du sommet était la division et qu'il était clair que le gouvernement français par exemple ne verserait pas de larme si la Grande-Bretagne était écartée", a-t-il poursuivi.

Malgré ses critiques, Nick Clegg a jugé essentiel le maintien de ce gouvernement de coalition, qui fait cohabiter depuis 19 mois conservateurs, pour certains eurosceptiques, et libéraux-démocrates, pro-européens. Un "mariage de raison" qui a déjà connu de nombreuses dissensions.

"Ce serait encore plus dommageable pour notre pays si la coalition devait se disloquer, cela créerait un désastre économique", a-t-il jugé.

Côté conservateur, le ministre des Affaires étrangères William Hague a lui aussi jugé que ce maintien du gouvernement de coalition était dans "l'intérêt vital du pays".

"Bien sûr il y a des différences entre les partis sur un sujet tel que celui-là (l'Europe) mais comme nous l'avons toujours fait (...) nous oeuvrons à trouver des positions communes", a assuré le ministre, rejetant une fois encore l'idée que son pays soit désormais isolé.

"Nous ne sommes pas marginalisés, je peux vous l'assurer", a-t-il dit.

Alors que David Cameron doit s'exprimer devant le Parlement lundi pour un discours particulièrement attendu, il est conforté dans sa position par le soutien de l'opinion.

Selon un sondage paru dimanche dans le Mail on Sunday, une forte majorité de Britanniques (62%) estime qu'il a eu raison s'opposer à un changement du traité de l'UE au sommet de Bruxelles, alors que seulement 19% d'entre estiment qu'il a eu tort.

Une proportion encore plus importante, 66% de personnes interrogées, déclare vouloir un référendum portant sur les liens entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne, comme le réclament de nombreux responsables au sein du parti conservateur. Le même nombre estime que Londres devrait renégocier ses relations avec Bruxelles.


Première publication : 11/12/2011

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