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L'opinion de
Roselyne FEBVRE

Roselyne FEBVRE
Chroniqueur politique intérieure

Le retour de Monte-Cristo

Le 12-12-2011

Il y a des hommes comme ça qui ont une vision romanesque de la politique. En déclarant sans prévenir sa candidature à la présidentielle dimanche soir chez Claire Chazal au 20 heures de TF1, il y avait là chez Dominique de Villepin une certaine beauté du geste qu’il voulait indissociable d’une vertu cardinale : le courage. Qualité qu’il a soulignée pour, sans doute, mieux en faire applaudir la grandeur ! Et il prétend en avoir. C’est même son argument massue.

On l’imagine prendre le gant et crier à la France entière que lui ne s’appelle pas Jean-Louis Borloo. C’est ainsi donc qu’il va défier Nicolas Sarkozy avec pour seule arme ses 1% d’intentions de vote, le score qu’avait magistralement réalisé en 1981 Michel Debré qui cherchait des noises à Valery Giscard d’Estaing. Cependant l’histoire peut réserver des surprises, il reste encore cinq mois de campagne et la messe n‘est pas dite, comme aiment d’ailleurs à le souligner les conseillers de l’Elysée qui minimisent le mauvais score du chef de l’État dans les enquêtes d’opinion.

Bref l’homme du "non" à la guerre en Irak manie le panache comme d’autres maniaient autrefois l’épée. Il déclame, il pourfend, il pique, il affronte. Mais qui donc ? Quelles sont les réelles motivations et le moteur de celui que l’on surnomme le comte de Monte-Cristo, le héros d’Alexandre Dumas qui aura mijoté pendant vingt ans sa vengeance du fond de son cachot du château d’If ? Se croit-il obligé d’occuper l’espace médiatique de peur de tomber dans l’oubli ? Souhaite-t- il réellement porter le flambeau de ses idées, une posture à la Chevènement ? Ou enfin veut-il se venger des humiliations de l’affaire Clearstream et jouer "les emmerdeurs" ?

En attendant, Dominique de Villepin se lance dans l’aventure seul et sans soutien. Celui à qui l’on a reproché la tragique dissolution de 1997 et que l’on traitait de "pyromane de la droite", celui qui voulait imposer le CPE à coup de menton à l’image d’un cavalier monté sur le cheval sans l’avoir scellé ira vaille que vaille…

Ainsi va Villepin : fougueux, impétueux et kamikaze. Lui-même appellera cela le courage. En d’autres temps, un certain Francois Bayrou lâché par tous les siens avait tenté l’aventure bien seul... Addict à la présidentielle, le Béarnais tente un troisième tour de manège. Une stratégie solitaire qui pourrait payer. En quelques semaines, Francois Bayrou a pris plus de 6 points dans les sondages. De quoi donner de l’espoir à Villepin !

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