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EUROPE

Le FMI ne discutera pas d'un nouveau prêt avec Athènes

Texte par Dépêche

Dernière modification : 13/12/2011

Alors que le déficit budgétaire de la Grèce continue à se creuser malgré la politique de rigueur mise en place, le Fonds monétaire international exclut tout nouveau prêt d'envergure.

AFP - Le Fonds monétaire international a affirmé mardi qu'il n'était pas prêt pour le moment à négocier une augmentation de son soutien financier à la Grèce, éventualité largement envisagée en Europe.

Le chef de mission du FMI en Grèce, Poul Thomsen, a indiqué lors d'une conférence téléphonique depuis Athènes que les discussions avec le gouvernement grec commencées lundi ne portaient pas sur un nouveau prêt.

"La mission n'est pas ici pour discuter d'un nouveau programme", a-t-il dit.

La veille, le ministre des Finances Evangélos Vénizélos disait qu'il voulait poser les bases d'un engagement de la "troïka" (FMI, Banque centrale et Commission européennes) sur un nouveau plan de financement de la Grèce "d'un montant de 89 milliards d'euros d'ici à fin janvier".

Il ajoutait que les discussions formelles commenceraient "après les fêtes" de fin d'année.

Mais à en croire le représentant du FMI, le Fonds continue à travailler dans le cadre du prêt de 30 milliards d'euros accordé en mai 2010. "Nous avons un programme en place, et nous prévoyons toujours de continuer à soutenir la Grèce. Il n'y a pas de demande de nouveau programme", a déclaré M. Thomsen.

Il a rappelé qu'Athènes pouvait compter sur ses partenaires européens.

"Les dirigeants européens ont dit, lors de leur précédent sommet en juillet, qu'ils continueraient à soutenir la Grèce aussi longtemps qu'il le faudrait pour qu'elle retrouve un accès au marché, à supposer bien sûr que le programme reste sur les bons rails", a-t-il rappelé.

"Je pense que [...] cet engagement à apporter un soutien du secteur officiel au taux de financement triple A du FESF [le fonds de secours de la zone euro], avec cette participation globale du secteur privé, est une amélioration essentielle des perspectives de viabilité de la dette", a-t-il souligné.

Les créanciers privés de la Grèce, représentés par l'Institut de la finance internationale (IIF), ont offert en octobre d'effacer la moitié de la dette du pays qu'ils détiennent. Les détails de l'offre sont en cours de négociation.

Le FMI se tient depuis des mois à cette ligne selon laquelle il n'y a "pas de demande" de la Grèce pour obtenir un nouveau prêt. Toutes ses projections se basent sur une poursuite du prêt actuel jusqu'à son terme prévu en 2013.

Celui-ci est déjà le plus grand que l'institution ait jamais versé, avec 20,3 milliards d'euros à ce jour. Mais il n'a pas permis à l'économie du pays de renouer avec la croissance, ni dissipé les craintes sur l'état de ses finances publiques.

Le budget 2012 élaboré en novembre par le gouvernement en collaboration avec la "troïka" prévoit un recul du produit intérieur brut de 5,5% en 2012 puis de 2,8% en 2013. Dans son rapport d'étape publié mardi, le FMI table sur une récession encore pire: 6,0% en 2012 puis 3,0% en 2013.

"Le programme est clairement entré dans une phase difficile", écrivent ses économistes, citant le manque de confiance qu'inspire le pays aux investisseurs.

Le FMI a enregistré de multiples déconvenues en Grèce: le rapport relève "le ralentissement du rythme des réformes structurelles cette année", la croissance plus faible que prévu, le déficit budgétaire plus élevé que prévu. Pour autant, le Fonds a dressé un nouveau catalogue, sur 36 pages, de réformes à mener.

L'un des objectifs est de tirer plus de 30 milliards d'euros des privatisations en 2012. L'objectif final reste de 50 milliards d'ici à 2015.

Mais le Fonds n'exclut pas que la crise grecque tourne encore plus mal qu'aujourd'hui. "Il y a un risque croissant que l'économie évolue vers un ajustement macroéconomique encore plus accéléré", ont écrit ses économistes, décrivant une éventuelle "spirale d'austérité budgétaire, une baisse des revenus disponibles, et un moral déprimé".

Selon eux, "une intensification de la pénurie de crédit ne peut être exclue".
 

Première publication : 13/12/2011

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