Dernière modification : 14/12/2011 

- Belgique - Fusillade


Liège toujours sous le choc de la fusillade

Au lendemain de la fusillade intervenue dans le centre de Liège, les habitants de la ville tentaient mercredi de reprendre une vie normale. Des hommages ont été rendus aux quatre victimes de l'homme qui a ouvert le feu sur la foule.

Par Achren VERDIAN (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - La vie a lentement repris son cours mercredi à Liège, en Belgique, où quatre personnes ont été tuées la veille par un homme de 33 ans bien connu de la justice, mais de nombreux habitants choqués avaient du mal à "digérer" cet événement vécu comme une tragédie.

Les bus circulent à nouveau sur la place Saint-Lambert, la plaque tournante des transports en commun de la ville, 24 heures après que Nordine Amrani, un soudeur, grand amateur d'armes, et déjà condamné pour des affaires de moeurs et de drogue, a lancé quatre grenades et tiré sur la foule au fusil automatique, faisant trois morts et 125 blessés, selon un bilan officiel qui pourrait encore s'alourdir.

Condoléances officielles et recueillement en Belgique

Une quatrième victime du tireur, une femme âgée de 45 ans, tuée par balle, a par ailleurs été découverte dans un hangar attenant à son domicile, qu'il utilisait notamment "pour la culture de cannabis".

L'homme, qui s'est suicidé sur place, avait choisi l'un des endroits les plus fréquentés de la ville, à une heure de pointe qui plus est.

Sous une pluie battante et froide, des Liégeois de tous âges attendent, plus calmes que d'habitude, dans des abribus dont les vitres ont été soufflées par les explosions de la veille.

Des bouquets, des peluches, des bougies et des petits mots ont été déposés à proximité des arrêts de bus et sur une palissade montée par les autorités.

"On est choqué, triste, un peu perdu", expliquent Sabine, Nadège et Anne-Sophie, trois collégiennes qui se trouvaient dans le centre de Liège mardi à la mi-journée et qui racontent avoir "eu très peur" lorsqu'elles ont entendu les coups de feu.

"On ne sait pas comment réagir, on est très énervé contre cet homme, on est triste pour les familles... les émotions sont mélangées, on a encore du mal à croire que c'est arrivé ici", confie Sabine.

Là où des foules paniquées couraient en tous sens la veille, lorsque des rumeurs évoquaient la présence de plusieurs tueurs, des chasses à l'homme ou la présence de "snipers" sur les toits, les gens vaquaient à nouveau à leurs activités habituelles, se rendant au travail ou dans les magasins.

Les échoppes du marché de Noël, qui occupe une partie de la place Saint-Lambert et qui était fermé mardi en raison d'un avis de tempête, ont rouvert, mais étaient peu fréquentées. Le ciel gris, la pluie et les événements de la veille, dans toutes les conversations, contribuaient à rendre l'atmosphère maussade, comme dans un roman de Simenon dont la maison natale est située à seulement 200 mètres de la place.

Un registre de condoléances a été mis à la disposition de la population dans la salle des pas perdus de l'Hôtel de ville, mais seule une demi-douzaine de personne l'avaient signé à la mi-journée.

"Je ne savais pas quoi écrire. J'ai présenté mes condoléances aux familles. Des choses comme ça, ça ne devrait pas arriver, non, vraiment, ça ne devrait pas", explique l'une des signataires, Anna Pellegrini, en se disant que "ça aurait pu lui arriver".

"Les gens sont toujours assez hagards. Il leur faut du temps pour digérer ce qui s'est passé", relève l'échevin (adjoint au maire) chargé des affaires sociales, Benoît Drèze.

La ville a dès mardi soir mis sur pied une cellule d'accompagnement psychologique, où une trentaine de personnes se sont présentées.

Elles "viennent ici avant tout pour parler, pour vider leur sac. Un garçon de 10 ans, qui l'a échappé de peu - il a été protégé des éclats par un bus qui passait- s'est présenté à la première heure ce matin avec ses parents, qui étaient presque aussi choqués que lui", ajoute M. Drèze.

Au collège Saint-Barthélemy tout proche, dont un des élèves a été tué et de nombreux autres blessés, les lourdes portes sont fermées. Après une minute de silence en début de matinée, les examens prévus ont été annulés. Là aussi, une cellule d'aide psychologique a été mise en place.

Commentaires (2)

Odieux!!!

Je n'arrive pas à comprendre ce qui s'est passé dans la tête de ce belge d’origine marocaine Nordine Amrani pour qu'il passe à l'acte et sorte de l’anonymat odieusemnt par cette tuerie de la place Saint-Lambert!

tragédie à Liège

Une petite précision qui contredit ce que vous répétez ce matin sur l'antenne. Il y a eu 3 morts immédiats (un couple de jeunes de 17 ans sortant de l'école; une dame âgée de plus de 75 ans) mais un bébé (17 mois)touché gravement est décédé dans le transport à l'hopital. Ajoutez le suicide du forcené et l'assassinat de la femme d'ouvrage des voisins... et plus de 120 blessés dont une vingtaine disait ce matin la ministre sont dans un état grave... Beaucoup de questions plus que de réponses. La personnalité du tueur, la gestion de sa liberté conditionnelle, la circulation d'armes de toutes sortes chez nous et pas seulement aux USA, mais aussi le chaos de la communication (rumeurs fausses, réseaux sociaux, et même journalistes professionnels dont notre envoyée RTBF sur place qui a répété les fausses rumeurs (4 tueurs...) sans doute perturbée et paniquée, le problème de certaines forces de l'ordre armées mais en civil qui ont fait peur à la population.
Tout cela peut être confirmé par votre envoyé à Liège.

Guy Biart, conservateur honoraire; professeur aux Universités de Cotonou et Kinshasa

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