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Afrique

L'islamiste Hamadi Jebali chargé de former le nouveau gouvernement

Vidéo par Anthony SAINT-LÉGER

Texte par Dépêche

Dernière modification : 14/12/2011

Le président tunisien Moncef Marzouki a désigné le nouveau chef du gouvernement, Hamadi Jebali. L'actuel numéro deux du parti Ennahda a passé 15 ans en prison, sous l'ère Ben Ali, pour "appartenance à une organisation illégale et complot".

AFP - Personnalité historique du mouvement islamiste tunisien, Hamadi Jebali, chargé mercredi de former le gouvernement, passe pour le visage modéré du parti Ennahda et pour un homme de compromis mais ses longues années dans les geôles de Ben Ali lui ont forgé un caractère d'acier.

Actuel numéro 2 d'Ennahda, M. Jebali, 62 ans, a été officiellement désigné par le nouveau président tunisien Moncef Marzouki.

Petite barbe blanche, lunettes à fine monture et "tabaâ" (la marque de prosternation des musulmans pieux) sur le front, Hamadi Jebali, fait partie des figures historiques du mouvement islamiste tunisien, qui ont vécu la politique en prison ou dans la clandestinité.

Né en 1949 à Sousse, la "perle du Sahel" sur la côte orientale tunisienne, cet ingénieur en énergie solaire et ancien journaliste est un des co-fondateurs du MTI (Mouvement de la tendance islamique) en 1981, qui deviendra Ennahda (Renaissance, en arabe) en 1989.

"C'est un islamiste du cercle historique. Il a notamment dirigé la confrontation armée contre le régime de (Habib) Bourguiba en 1986", note Sofiene Ben Fahrat, journaliste et écrivain.

Ancien rédacteur en chef du journal d'Ennahda Al Fajr (l'Aube), M. Jebali est condamné une première fois en 1991 à un an de prison pour diffamation. Un an plus tard, alors que la répression anti-islamiste bat son plein sous le régime du président Zine El Abidine Ben Ali, il est condamné à 16 ans de prison, et passera une bonne partie de sa peine à l'isolement, avant d'être gracié en 2006.

Décrit comme détendu et souriant, très bonne plume et parfaitement francophone, M. Jebali est "un homme qui a toujours eu très bonne presse, il a une vaste panoplie de relations, un bon carnet d'adresse", selon Sofiene Ben Fahrat.

Vitrine d'un islam politique rassurant, il a cependant commis un premier faux pas après la victoire de son parti aux élections du 23 octobre, en évoquant lors d'un meeting "le califat", terme connoté faisant référence à un système de gouvernement basé sur la charia (loi islamique). Cette sortie avait suscité un tollé et renforcé les inquiétudes des adversaires du parti islamiste, qui dénoncent son "double langage".

Toutefois M. Jebali se positionne dans le courant réformiste d'Ennahda, un parti tiraillé entre plusieurs tendances, selon M. Ben Fahrat.

M. Jebali s'était rendu à Washington après la révolution de janvier en compagnie de deux autres cadres "modernes" du mouvement, le jeune avocat Samir Dilou et Nourredine Bhiri, tous deux membres de l'exécutif du parti.

Invités dans le cadre d'un think-tank proche des islamistes, les trois hommes auraient eu des contacts "au plus haut niveau" avec des responsables américains et leur auraient donné un message rassurant, selon la presse tunisienne.

"Il est bien connu des Américains", confirme une source diplomatique, en confiant avoir été "fortement impressionné" par le responsable islamiste.

"Il est très calme, très sûr de lui, a un discours très construit. Mais ce n'est pas un tendre, ses années de prison lui ont forgé le caractère", selon cette source.

Ces dernières semaines, M. Jebali s'est employé à rassurer investisseurs et hommes d'affaires, répétant à l'envi que son parti n'est pas théocratique mais "civil et politique", et "engagé dans un processus démocratique irréversible".

 

Première publication : 14/12/2011

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