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Moyen-orient

Le blogueur Maïkel Nabil condamné à deux ans de prison

Texte par Dépêche

Dernière modification : 14/12/2011

Le blogueur Maïkel Nabil, qui est en grève de la faim depuis le mois d'août pour protester contre sa détention, a été condamné en appel par une cour militaire à deux ans de prison pour avoir critiqué les forces armées.

AFP - Une cour militaire a condamné mercredi en appel le blogueur Maïkel Nabil, en grève de la faim pour protester contre sa détention, à deux ans de prison pour avoir critiqué les forces armées.

"Au nom du peuple, Maïkel Nabil a été condamné à deux ans de prison et à une amende de 200 livres égyptiennes", a affirmé la cour dans son verdict.

La cour d'appel a déclaré dans son arrêt que la condamnation de Michael Nabil ne relevait pas de "la liberté d'opinion et d'expression mais des délits d'insulte et de diffamation envers les forces armées".

Maïkel Nabil, 26 ans, avait été condamné en avril à trois ans de prison ferme par un tribunal militaire pour avoir "insulté" l'armée sur son blog, lors du premier procès d'un blogueur depuis la chute en février du président Hosni Moubarak.

Le jeune homme avait entamé en août une grève de la faim. Son frère, Mark, a affirmé à l'AFP que Maïkel Nabil "va durcir sa grève de la faim. Jusqu'ici il buvait du lait et des jus, désormais il ne boira que de l'eau".

Sa condamnation avait suscité de nombreuses campagnes de soutien au niveau international.

Amnesty international avait appelé les autorités égyptiennes à le libérer sans délai.

"Il est profondément inquiétant que le traitement par l'Egypte des dissidents ne semble avoir que peu changé par rapport à la période du président (Hosni) Moubarak", avait déploré en septembre l'organisation de défense des droits de l'Homme.

Reporters sans frontières avait estimé de son côté que Maikel Nabil ne devait "pas devenir le symbole d'une Egypte post-Moubarak où sévit la répression et l'injustice".

Des membres du Conseil suprême des forces armées, qui dirige l'Egypte depuis la chute de M. Moubarak, chassé par un mouvement de contestation populaire, avait affirmé en septembre que M. Nabil n'était pas un "prisonnier d'opinion".

"Ce que M. Nabil a écrit ne relève pas de (la liberté) d'opinion, cela dépasse toutes les limites de l'insulte et de la diffamation et propage des mensonges contre les forces armées", avait rapporté un responsable cité par l'agence officielle Mena.

Depuis, l'armée est vivement critiquée pour avoir traduit des milliers de civils devant des tribunaux militaires pour des chefs d'agression ou de viol, mais aussi d'insultes envers les généraux au pouvoir.

Première publication : 14/12/2011

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