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Amériques

L’Irak devra manœuvrer serré pour se reconstruire

Texte par Yann BUXEDA

Dernière modification : 21/12/2011

À quelques jours du retrait total des troupes américaines, l’Irak est toujours convalescent. Ravagé par un conflit qui aura duré près de neuf ans, le pays doit ménager la chèvre et le chou pour assurer son retour sur la scène internationale.

D’ici à la fin de l’année 2011, les derniers soldats américains quitteront l’Irak, mettant un terme à un conflit entamé en 2003. Pour Bagdad comme pour Washington, les mois qui vont suivre ce retrait auront un impact majeur sur les enjeux stratégiques régionaux.

Le départ des troupes américaines constitue autant un obstacle qu’une opportunité pour la reconstruction de l’Irak, alors que le pays peine à se relever depuis le début des combats. Mais à Washington, où Barack Obama recevait lundi 15 décembre le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, le discours est optimiste.

"Au moment où l'Irak fait face à son avenir, les Irakiens doivent savoir qu'ils ne sont pas seuls. Vous avez avec les États-Unis, un partenaire solide et fiable", a assuré le président américain à son hôte, lundi.

Un optimisme qui a trouvé écho auprès de Nouri al-Maliki. "Le nombre actuel de compagnies américaines en Irak n'est pas suffisant. Nous en voulons de plus en plus", a expliqué le Premier ministre irakien, mardi, lors d’une allocution devant la Chambre de commerce de Washington.

Un partenariat économique mineur

Pourtant, au-delà de cette complicité de façade, à plus long terme Bagdad travaille bien à s’affranchir du rapport de vassalité qui s’est installé avec Washington depuis la chute de Saddam.

À Washington, Maliki a, lui aussi, insisté sur l’importance de la souveraineté de son pays. "L’Irak mène une politique étrangère qui n’intervient pas dans les affaires des autres et n’autorise pas les autres à intervenir dans ses propres affaires", a-t-il déclaré.

Au plan commercial, les deux dirigeants ont eu beau signer un accord de principe pour la livraison de 18 avions de chasse F-16, il reste symbolique. En coulisses, le partenariat commercial entre les États-Unis et l’Irak n’a encore rien de pharaonique.

Après cinq années de collaboration, les transactions militaro-industrielles et commerciales entre les deux pays ont rapporté aux États-Unis quelques centaines de millions de dollars, selon un colonel américain interrogé par l’hebdomadaire L’Express. Un montant à mettre en perspective avec les 770 milliards de dollars dépensés par le Pentagone pour soutenir l’effort de guerre depuis 2003. Dans les faits, ce chiffre pourrait être réévalué à la hausse, notamment en raison du coût des soins de santé qui seront alloués aux vétérans de guerre rentrés au pays.

L’exploitation de la manne pétrolière irakienne pourrait néanmoins rééquilibrer la balance des pertes et profits américains. Les sols irakiens recèlent la troisième plus importante réserve d’or noir dans le monde. Bagdad sait qu’il devra monnayer son principal atout habilement afin de bénéficier, au maximum, de l’aide américaine à la reconstruction économique.

Émancipation politique, militaire et diplomatique…

Sur le plan militaire, le gouvernement irakien s’efforce de réaffirmer sa souveraineté, dédaignant la main tendue des Occidentaux. Et la partie s’annonce particulièrement serrée pour les Américains.

L’Otan a annoncé lundi la fin de sa mission de formation des forces de sécurité, après que les autorités irakiennes ont refusé de prolonger l’accord sur l’immunité du personnel de l’Alliance jusqu’à 2013. L’accord actuel garantit que les militaires et formateurs de l’Otan ne sont responsables que devant les autorités judiciaires des pays membres et celle de l’organisation.

C’est d’ailleurs sur ce point que les négociations entre l’Irak et l’armée américaine ont échoué. Les militaires américains avaient demandé à maintenir des troupes, invoquant l’incapacité des forces irakiennes à assurer la défense de leur espace aérien. Bagdad, en refusant d’accorder l’immunité juridique à ces soldats, s’est assuré d’un retrait total.

L’Irak ambitionne de retrouver une voix au concert des nations - comme en témoignent ses récentes prises de position sur le dossier syrien. En refusant de soutenir les sanctions de la Ligue arabe à l’encontre de Damas, elle a prouvé que son processus d’émancipation était entamé.

Mais l’Irak est surtout une zone d’influence avec laquelle l’Iran, voisin proche, doit impérativement renouer.

Dans son discours de lundi, Barack Obama n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler, dans une allusion à peine masquée à Téhéran, qu’il était essentiel "que la souveraineté [du pays] soit respectée".

Car c’est justement l’Iran qui pourrait sortir grand gagnant de ces huit années de conflit.

L’Iran, un partenaire naturel ?

Depuis l’éviction du parti Baas, les relations diplomatiques entre les deux voisins se sont considérablement réchauffées, notamment depuis 2006 et l’accession de Maliki, un chiite, à la tête du gouvernement irakien.

Si les populations conservent les stigmates de la guerre Iran-Irak des années 1980, les intérêts des deux pays convergent de plus en plus. Pour l’Irak, un partenariat renforcé avec l’Iran constituerait aussi l’occasion rêvée de s’affranchir de son image de satellite régional des États-Unis.

"Depuis la révolution islamique de 1979, l’Irak était le principal danger de l’Iran. Mais les choses ont changé depuis la chute de Saddam Hussein et les deux gouvernements chiites dont développé des réseaux diplomatiques et des chambres de commerce bilatérales. Aujourd’hui, l’Irak est le principal marché des exportations non pétrolières de l’Iran", explique Thierry Coville, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et enseignant à Novancia.

Une série d’intérêts stratégiques régionaux pourraient leur faciliter un rapprochement à moyen terme. Au Moyen-Orient, Irak et Iran sont les deux seules nations à forte majorité chiite. Et elles ont toutes les deux intérêt à nouer une alliance solide pour contrebalancer l’influence de leurs voisins sunnites.

La résolution de la problématique kurde pourrait également constituer un cheval de bataille commun. L’implantation du PJAK (un groupuscule armé rattaché à l’organisation séparatiste PKK), dans le nord de l’Irak, pose problème aux deux pays et les forces armées iraniennes mènent, depuis plusieurs mois, des opérations militaires dans la région. Une forme d’ingérence qui n’a pas entaché les relations diplomatiques irano-irakiennes.

Entre deux eaux

Lundi, Maliki était d’ailleurs reçu à la Maison Blanche en compagnie de l’actuel ministre des transports irakien, Hadi al-Amiri. Un personnage qui fut, du temps de Saddam Hussein, commandant des brigades Badr, une organisation soutenu par les Pasdaran iraniens et exilé en Iran.

Une manière d’afficher ostensiblement le lien renforcé entre les deux pays chiites. Malgré tout, dans les mois qui viennent, Bagdad n’aura d’autre choix que de ménager la chèvre et le chou.

Un numéro d’équilibriste d’autant plus complexe qu’entre Washington et Téhéran – qui se seraient entretenus de façon informelle sur le retrait des troupes d’Irak – les relations diplomatiques sont délétères.

Première publication : 15/12/2011

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