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FRANCE

Condamné à perpétuité, Carlos annonce son intention de faire appel

Vidéo par Sandrine GOMES

Texte par Dépêche

Dernière modification : 16/12/2011

Carlos, Ilich Ramirez Sanchez de son vrai nom, a été condamné à la réclusion à perpétuité avec 18 ans de sûreté pour quatre attentats meurtriers commis en France, dans les années 1980. Il a annoncé qu'il ferait appel.

AFP - Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, a été condamné jeudi soir à la réclusion criminelle à perpétuité, avec 18 ans de sûreté, par la cour d'assises spéciale de Paris qui l'a jugé coupable de quatre attentats meurtriers commis en France il y a près de 30 ans.

Son avocate Isabelle Coutant-Peyre a annoncé qu'il allait faire appel, qualifiant ce verdict

de "scandale". Vladimir Ramirez, l'un des frères de Carlos, a estimé qu'il était "jugé d'avance".

C'était la peine maximale que pouvait prononcer la cour et c'était la peine requise par le parquet contre le Vénézuélien de 62 ans jugé depuis le 7 novembre pour quatre attentats qui ont fait 11 morts et près de 150 blessés en 1982 et 1983.

Blessé dans l'un de ces attentats, Alain Poupaux s'est dit "soulagé" par la mesure de sûreté "qui le fera rester en prison".

L'Allemande Christa Fröhlich, jugée pour un seul de ces attentats, a été acquittée. Quinze ans de réclusion avaient été requis contre cette femme de 69 ans qui vit à Hanovre (nord de l'Allemagne) et n'a pas assisté au procès.

Deux autres peines de réclusion à perpétuité ont été prononcées à l'encontre de deux co-accusés de Carlos jugés en leur absence: l'Allemand Johannes Weinrich, ancien bras droit de Carlos, est détenu en Allemagne pour d'autres faits et le Palestinien Ali Kamal Al Issawi est en fuite.

Le procès de Carlos a duré six semaines. Son soliloque, avant la clôture des débats, s'est étiré durant cinq heures et la cour a délibéré durant quatre heures.

Carlos avait conclu son intervention en sanglotant sur la lecture d'un document présenté comme "le testament de Mouammar Kadhafi", un "homme qui a fait plus que tous les révolutionnaires comme nous dans le monde".

"Vive la révolution!", "Allah Akbar!", a-t-il lancé, poing levé, imité par une quinzaine de ses soutiens dans le public.

Dans son monologue erratique, mêlant considérations géopolitiques et personnelles, Carlos s'est livré à une revue critique de son procès "bâclé", une "comédie de série B", décortiquant chaque intervention des avocats des parties civiles et des avocats généraux, ses bêtes noires.

Il a déclaré "assumer la responsabilité politique et militaire pour tous les attentats commis par l'Organisation des révolutionnaires internationalistes (ORI) et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP)", pour la "cause palestinienne".

Tout en réaffirmant: "Il n'y a rien qui me lie" aux quatre attentats sanglants dont il est accusé.

De cet inventaire à la Carlos ont émergé quelques considérations sur son parcours.

Ses fiertés: "je n'ai honte de rien, j'ai jamais trahi, j'ai jamais dénoncé". Ses regrets: "pour ma famille, mes enfants, mes épouses, pour le prix qu'ils ont payé pour être avec moi". Ses ambitions: retourner au Venezuela. "Je ne vais pas recommencer à détourner des avions, ce n'est plus de mon âge, mais j'ai des chose à faire dans mon pays". "Le combat continue".

Cette figure du terrorisme international était accusée d'avoir organisé une campagne d'attentats pour obtenir la libération de sa compagne allemande Magdalena Kopp et du Suisse Bruno Breguet, tous deux membres de son groupe, arrêtés à Paris en février 1982 avec des armes et des explosifs.

Le 29 mars 1982, une bombe explosait dans un train Paris-Toulouse; le 22 avril 1982, c'était au tour d'une voiture piégée devant le siège du magazine Al Watan Al Arabi, rue Marbeuf à Paris. Les deux autres attentats ont été perpétrés le 31 décembre 1983 en gare Saint-Charles de Marseille et contre un TGV Marseille-Paris.

Carlos purge déjà une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de trois hommes, dont deux policiers, à Paris en 1975. Il est incarcéré en France depuis son arrestation au Soudan par la police française en août 1994.

Première publication : 16/12/2011

  • FRANCE

    Carlos, figure du terrorisme international, de retour aux assises

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