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FRANCE

L'ex-patronne d'Areva Anne Lauvergeon et son mari portent plainte pour espionnage

Texte par Dépêche

Dernière modification : 20/12/2011

Soupçonnant d'avoir été les cibles d'écoutes illégales en 2011 pratiquées par une société privée suisse, Anne Lauvergeon (photo), l'ancienne patronne d'Areva, et son mari, Olivier Fric, ont porté plainte.

AFP - L'ex-patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, et son mari, Olivier Fric, ont porté plainte, soupçonnant d'avoir été illégalement écoutés par des enquêteurs privés, en arrière-plan d'un rachat en 2007 par le groupe nucléaire d'une société d'extraction d'uranium en Namibie, UraMin.

La plainte a été déposée lundi à Paris notamment pour "complicité et recel de violation de secret professionnel" à la suite d'écoutes présumées ayant visé M. Fric, a déclaré à l'AFP l'avocat du couple, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, qui confirmait une information du Canard Enchaîné.

"Les écoutes, faites par des agences d'intelligence privées suisses, ont duré plusieurs mois en 2011", a précisé Me Versini-Campinchi. "Quels sont les fonds qui ont permis une telle enquête?" s'interroge l'avocat, qui se demande "s'il n'y a pas également de documents" attestant d'une écoute de Mme Lauvergeon.

Il n'a pas précisé qui le couple soupçonnait d'avoir diligenté ces écoutes présumées, ni le nom de la société suisse d'enquête privée.

Sollicité par l'AFP, le groupe Areva n'a souhaité faire aucun commentaire.

Le Canard Enchaîné révèle l'existence d'un rapport d'enquête datant du 26 septembre, réalisé par cette société et relatif à l'achat par Areva d'UraMin. Cette enquête détaille, selon Me Versini-Campinchi, l'agenda, les comptes en banques et les données téléphoniques de M. Fric.

Selon Le Canard, figurent également dans le rapport "une centaine de numéros joints par le mari d'Anne Lauvergeon de février à juin 2011".

L'hebdomadaire cite un extrait selon lequel "les recherches préliminaires menées sur M. Fric n'ont pas permis d'obtenir d'informations laissant penser qu'il aurait pu bénéficier de manière illégitime du rachat d'UraMin par Areva".

"Pas de soupçons"

Une autre enquête de l'officine privée a visé le directeur du développement d'UraMin, Daniel Wouters.

En 2007, Areva avait déboursé 2,5 milliards de dollars, soit environ 1,8 milliard d'euros pour UraMin, société canadienne créée deux ans auparavant et qui ambitionnait d'exploiter des gisements prometteurs dans plusieurs pays africains (Namibie, Afrique du Sud et Centrafrique).

Mais la société vaut aujourd'hui près de cinq fois moins que la mise de départ, la pépite s'étant transformée en gouffre financier, l'exploitation des gisements chèrement acquis ayant été repoussée compte tenu d'un prix de revient trop élevé.

Récemment, un comité interne a été mis en place pour vérifier dans quelles conditions UraMin avait été acquise et exploitée.

Le 13 décembre sur Europe 1, le ministre de l'Industrie, Eric Besson, avait expliqué qu'il ne s'agissait pas de "jeter l'opprobre, mais simplement (d')essayer de comprendre et faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais".

M. Besson avait également affirmé qu'une enquête administrative était en cours: "J'ai demandé la même chose à mes services, une étude sur les conditions de cette acquisition", alors que l'Etat est actionnaire d'Areva à 87%. "Je n'ai pas de soupçons", avait-il ajouté.

Après plus de 10 ans à la tête d'Areva, le mandat "d'Atomic Anne" était arrivé à échéance à la fin juin et sa candidature à un troisième mandat n'avait pas été retenue, se heurtant à ses mauvaises relations notoires avec le président Nicolas Sarkozy et avec le patron d'EDF, Henri Proglio.

Le chef de l'Etat avait toutefois balayé les accusations de "limogeage" venues de la gauche et défendu un choix de "continuité" dans la promotion du numéro deux du groupe, Luc Oursel.

Première publication : 20/12/2011

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