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Amériques

2011, une année en demi-teinte pour Barack Obama

Texte par Jon FROSCH

Dernière modification : 27/12/2011

Entre succès sur la scène internationale et revers en politique intérieure, le président américain a connu une année difficile et n'est pas au mieux dans les sondages. Revue de détails à moins d'un an de l'élection présidentielle.

Sans nul doute, Barack Obama vient de passer l’année la plus difficile de son mandat, sinon la plus mouvementée : le président américain a oscillé entre succès sur la scène internationale et échecs en politique intérieure, le tout dans un contexte économique plus que morose. Retour sur une année ponctuée de hauts et de bas déterminants pour le locataire de la Maison Blanche, qui se prépare à faire campagne pour un second mandat.

"Diriger en coulisses"

En mars 2011, quand l’intervention militaire s’apprête à être lancée en Libye, Barack Obama choisit de ne prendre la tête des opérations. Pour cause, mener un nouveau conflit uniléralement serait très mal perçu par les Américains, déjà démoralisés par deux guerres - en Afghanistan et en Irak - et une économie en berne. Le président américain préfère donc se reposer sur les alliés de l’Otan et finit par donner son aval au Royaume-Uni et à la France pour lancer des attaques aériennes. L’occasion pour les républicains d’accuser le président de “diriger en coulisses” l’opération, au lieu d’être au premier plan. Il faudra attendre la chute puis la mort de Mouammar Kadhafi pour que la classe politique américaine juge la stratégie multilatérale de Barack Obama satisfaisante.

Compromis sur le budget

En avril, après d’âpres négociations, un accord de dernière minute a finalement été trouvé entre Barack Obama et le Congrès. Il vise à réduire de 38 milliards de dollars les dépenses fédérales pour l’année fiscale 2011, la plus grosse réduction budgétaire de l’histoire des États-Unis, selon les termes du président américain. Si le compromis a permis d’éviter le pire pour les fonctionnaires, le chef d’État a toutefois perdu des plumes dans ce dossier. Il a été vivement critiqué pour ne pas avoir eu le dernier mot dans les pourparlers entre l’opposition républicaine et s’est également mis à dos les anciens de son parti pour les avoir exclu des tractations finales.

Victoire de l’anti-terrorisme

Toutes les tentatives des républicains pour pointer du doigt les faiblesses de Barack Obama en matière de sécurité nationale ont été vaines, surtout après la mort d’Oussama Ben Laden, tué le 1er mai 2011 lors d’une opération secrète de haut vol menée par des commandos au sol et ordonnée par le président américain. La réussite de cette intervention, reléguant George W. Bush dans les oubliettes de l’Histoire, a valu à Barack Obama tous les honneurs sur la scène internationale, ainsi qu’un  - bref - rebond dans les sondages. Par la suite, Barack Obama a continué d’engranger des points dans sa chasse aux terroristes avec l’assassinat du très charismatique prédicateur Anwar al-Awlaki, tué en septembre lors d’une attaque de drone de la CIA au Yémen.

Compromis, acte II

Autre accord obtenu dans la douleur, en août, entre Barack Obama et les députés républicains : l’augmentation du plafond de la dette - afin d’éviter un défaut de paiement. Le scénario de la bataille du budget se répète et le locataire de la Maison Blanche sort de nouveau affaibli des négociations sans fin. Car, selon l’opinion publique, le président n’arrive pas à exercer son autorité. Sans compter que le compromis suscite l’ire de tous  : la gauche reproche à Obama de lâcher du lest en matière de réduction des dépenses fédérales sans pour autant obtenir la moindre hausse d’impôt sur les hauts revenus ; les conservateurs, eux, jugent les coupes insuffisantes.

La création d’emplois : mission impossible ?

Pour lutter contre le chômage, Barack Obama annonce à l'automne 2011 vouloir débloquer une enveloppe très attendue de 447 milliards de dollars. Objectif : relancer la création d’emplois grâce à une série de programmes d’investissements dans l’éducation et les infrastructures, d’aides à l’embauche et de réduction des charges patronales. Mais les républicains rejettent la proposition dans son ensemble, estimant que taxer les plus riches tuerait l’emploi plutôt que d’en créer. Ils s’opposent également au maintien des aides aux chômeurs en fin de droits.

Les républicains ont finalement la bataille au Congrès, au terme d'un compromis fiscal entériné juste avant Noël sur une prolongation des allégements fiscaux pour les salariés. Le 9 décembre, Barack Obama avait quant à lui déclaré à la télévision que le taux de chômage pourrait descendre à 8% d’ici la prochaine élection présidentielle en novembre 2012. Si ce n’est pas le cas, ses chances de rester à la Maison Blanche seraient considérablement réduites…

Mettre un point final aux guerres

En juin, Barack Obama avait à peine annoncé que les troupes américaines déployées en Afghanistan rentreraient à la maison d’ici l’été 2012 que des critiques se faisaient jour. Les républicains accusent le président américain de précipiter le retrait avant même la fin de la mission alors que des hauts officiers le mettent en garde contre les risques encourus en cas de retrait trop rapide après une guerre longue de 10 ans.

Les dernières troupes américaines ont finalement quitté l'Irak en décembre, mettant fin à une guerre coûteuse et impopulaire. Les sondages indiquent d’ailleurs que malgré les avertissements républicains du risque d’instabilité pour le Moyen-Orient, la population soutient l’initiative présidentielle. Barack Obama a donc tenu sa promesse de 2008. Mais la politique étrangère s’annonce d’ores et déjà comme un enjeu mineur de l’élection en 2012 par rapport aux sujets économiques.

Première publication : 22/12/2011

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