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Moyen-orient

Des dizaines de morts dans une série d'attentats en Irak

©

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 22/12/2011

Alors que la crise politique entre les chiites et leurs rivaux sunnites s'aggrave, au moins 67 personnes ont péri ce jeudi en Irak lors d'une série d'attentats à la bombe et de fusillades. On dénombre également une centaine de blessés.

AFP - Une série d'attentats à la bombe a frappé Bagdad jeudi, faisant 60 morts, au moment où une crise politique paralyse les institutions et menace le fragile équilibre entre chiites, majoritaires dans le pays, et sunnites.

Au total, les violences ont fait au moins 67 morts en Irak jeudi, quelques jours après le départ des troupes américaines.

Dans une attaque apparemment coordonnée, plus d'une douzaine de bombes ont explosé, pour la plupart en pleine heure de pointe matinale, faisant au moins 60 morts et 183 blessés, selon un bilan du ministère de la Santé.

Au même moment près de Baqouba (60 km de Bagdad) une famille de cinq personnes, dont le père et le fils étaient membres de la milice tribale sunnite Sahwa, qui combat Al-Qaïda, a été abattue par des insurgés, ont annoncé des responsables de la sécurité et de la santé.

Et à Mossoul, deux militaires ont été tués lorsqu'un point de contrôle tenu par l'armée a été pris pour cible par balles, a-t-on indiqué de source policière.

Il s'agit des premières attaques depuis le début de la crise politique qui fait craindre un retour des violences confessionnelles.

Le vice-président sunnite Tarek Hachémi est accusé d'avoir financé des attentats, et le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki a menacé de cesser de partager le pouvoir au sein du gouvernement d'union nationale laborieusement mis sur pied il y a un an.

Dans la capitale, "ils n'ont pas visé des institutions ou des postes de sécurité" mais plutôt "des écoles, des travailleurs, l'agence anti-corruption", a affirmé à l'AFP le général Qassim Atta, porte-parole de la sécurité de Bagdad, précisant qu'il était encore "trop tôt" pour savoir qui était derrière cette attaque.

La plupart des attentats ont touché des quartiers majoritairement chiites.

Le plus meurtrier a été mené par un kamikaze au volant d'une voiture piégée qui a explosé devant les bureaux de l'agence anti-corruption, tuant 23 personnes, dont cinq enquêteurs de haut-rang, a indiqué un responsable du ministère de l'Intérieur.

Des ouvriers du bâtiment dans le quartier d'Allaoui, dans le centre de Bagdad, ont été touché par plusieurs engins qui ont fait 16 morts.

Le président du Parlement irakien, le sunnite Ossama al-Noujaifi, a appelé à une réunion d'urgence des dirigeants des blocs politiques vendredi.

Le Premier ministre a promis que "les criminels et ceux qui sont derrière eux" seraient punis "tôt ou tard", estimant que "le moment et les lieux choisis pour ces crimes prouvent une nouvelle fois à ceux qui en douteraient la nature politique" des attentats.

La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, et le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague ont appelé les protagonistes irakiens au dialogue.

La Maison Blanche a condamné ces attentats mais estimé que les forces de sécurité du pays étaient "capables de faire face" à de telles violences, appelant les dirigeants irakiens à "faire preuve de solidarité".

Ces cinq derniers jours, un mandat d'arrêt a été lancé à l'encontre du vice-président sunnite, le bloc parlementaire Iraqiya, soutenu par les sunnites, a décidé de boycotter l'Assemblée et le gouvernement, et M. Maliki a réclamé le limogeage du vice-Premier ministre sunnite.

Deuxième groupe parlementaire, Iraqiya accuse M. Maliki d'accaparer le pouvoir.

Le Premier ministre a menacé mercredi de remplacer les neuf ministres d'Iraqiya s'ils continuaient de boycotter le gouvernement.

Il a aussi appelé les autorités du Kurdistan irakien à remettre à la justice M. Hachémi, qui se trouve actuellement à Erbil, la capitale de cette région autonome.

Le vice-président est soupçonné d'avoir financé et soutenu des attentats menés par ses gardes du corps. Il a rejeté ces accusations, mais s'est dit prêt à être jugé au Kurdistan.

Cette crise intervient quelques jours après que les derniers soldats américains ont quitté le pays, laissant derrière eux un Irak "souverain, stable, autosuffisant, avec un gouvernement représentatif", selon les termes du président américain Barack Obama.

Le chef d'état-major américain Ray Odierno a rencontré jeudi M. Maliki sur des questions de coopération militaire, a indiqué le bureau du Premier ministre, sans plus de précision.

Première publication : 22/12/2011

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