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FRANCE

François Hollande fustige l'immobilisme de l'État face aux difficultés de Pétroplus

Texte par Dépêche

Dernière modification : 05/01/2012

Alors que la raffinerie Pétroplus, en Seine-Maritime, connaît de sérieuses difficultés financières, François Hollande, en visite sur le site, a appellé l'État à prendre ses responsabilités et à "rechercher" un éventuel repreneur.

AFP - Le candidat PS à l'élection présidentielle François Hollande a demandé jeudi à l'Etat de prendre ses responsabilités pour trouver une solution aux difficultés de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, près de Rouen (Seine-Maritime).

"Où est l'Etat, où est le gouvernement, où est le président de la République", a-t-il déclaré lors d'une visite sur le site à l'invitation de l'intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC. D'une voix forte, le candidat s'est exprimé durant une demi-heure dans le restaurant de l'entreprise devant de nombreux journalistes et des dizaines de salariés, le visage grave.

"C'est un enjeu local mais c'est aussi une responsabilité nationale", a ajouté François Hollande, qui était accompagné de Laurent Fabius, député PS de Seine-Maritime. Il a demandé en particulier que l'Etat se mette en situation de "rechercher" un repreneur si Petroplus devait être défaillant.

Le candidat en a appelé aussi à l'Europe "pour qu'elle nous mette dans les mêmes conditions de concurrence que les produits qui sont importés" et pose des "règles" notamment sur le plan des normes environnementales, moins contraignantes dans les pays émergents.

Le député de Corrèze a par ailleurs fustigé le comportement du groupe suisse Petroplus "qui n'investit pas" et celui des banques "renflouées à bien des occasions et qui se désengagent ou se mettent aux abonnés absents".

Avant de partir pour Caen pour une visite prévue de longue date, François Hollande a salué la juste cause du personnel de cette raffinerie qui emploie 550 salariés. "Vous défendez bien plus que votre emploi aujourd'hui, vous défendez une industrie nationale", a-t-il souligné.

L'intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC de la raffinerie a invité tous les candidats à l'élection présidentielle, à l'exception de Marine Le Pen (Front national), à venir s'exprimer devant les salariés. Elle estime que les difficultés du site sont une "bonne illustration" de la question de la "désindustrialisation", au coeur de la campagne.

De leur côté, Hervé Morin (Nouveau Centre) et Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) prendront la parole vendredi. La candidate de Lutte Ouvrière Nathalie Arthaud est attendue le 16 janvier. "Pour Hervé Morin et Jean-Luc Mélenchon, il n'a pas été possible de trouver des dates séparées, il faudra donc gérer, mais cela ne posera pas de problème", a affirmé Yvon Scornet, délégué CGT du site.

Le premier candidat à avoir fait le voyage de Petit-Couronne a été, le 2 décembre, le candidat du NPA, Philippe Poutou, qui a défendu devant les salariés la création d'un "grand service public de l'énergie". Quelques jours plus tard, l'intersyndicale a reçu Nicolas Dupont-Aignan, candidat soutenu par Debout la République, qui a plaidé en faveur d'un "protectionnisme intelligent".

Fin décembre, les banques ont gelé la ligne de crédit d'un milliard de dollars qui servait au groupe pétrolier pour acheter du brut. Depuis, le groupe a décidé l'arrêt "temporaire" des raffineries de Petit-Couronne, Anvers (Belgique) et Cressier (Suisse) et le placement en "débit minimum" de celles de Coryton (Grande-Bretagne) et Ingolstadt (Allemagne).
 

Première publication : 05/01/2012

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