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Afrique

Peine capitale requise contre l'ancien président Hosni Moubarak

Texte par Dépêche

Dernière modification : 05/01/2012

Le procureur requiert la peine de mort par pendaison contre l'ex-président égyptien, accusé d'être impliqué dans des meurtres de manifestants lors de la révolte au mois de février. Agé de 83 ans, Hosni Moubarak est détenu dans un hôpital militaire.

REUTERS - Le président égyptien déchu Hosni Moubarak, au delà d'ordres qu'il a pu donner, ne pouvait ignorer les tirs contre la foule lors la révolte contre son régime, a estimé jeudi à son procès le procureur Moustafa Souleimane.

"Le président de la République est responsable de la protection du peuple, la question n'est pas seulement de savoir s'il a donné ou non des instructions de tuer les manifestants, mais au delà de ça de savoir pourquoi il n'est pas intervenu pour arrêter la violence contre ces manifestants", a-t-il déclaré.

"Comment se peut-il que le président de la République ne soit pas au courant des manifestations qui ont éclaté le 25 janvier en douze endroits dans plusieurs gouvernorats?", a-t-il ajouté en cours de l'audience qui s'est ouverte en milieu de journée, réfutant l'idée que M. Moubarak n'était pas informé de la gravité de la situation.

Le procureur a également souligné que le ministre de l'Intérieur de l'époque, Habib el-Adli, jugé en même temps que l'ancien chef d'Etat, "ne pouvait pas donner des ordres de tirer sur les manifestants sans avoir obtenu des instructions de Moubarak".

Il a souligné que deux ministres de l'Intérieur en fonction après la chute de M. Moubarak ont témoigné du fait que "le ministre de l'Intérieur n'a pas les prérogatives lui permettant de donner des ordres de tirer, et qu'il ne peut prendre une telle décision qu'après avoir consulté la direction politique".

Le procureur Souleimane avait estimé mercredi avoir des preuves solides de l'implication de Hosni Moubarak dans le meurtre de manifestants, mais avait aussi dénoncé le manque de coopération "délibéré" des nouvelles autorités avec l'accusation.

"L'accusation a confirmé que Moubarak, Adli et six hauts responsables de la sécurité avaient aidé et incité à tirer" contre la foule qui manifestait contre l'ancien dictateur, avait-il déclaré.

Mardi, il avait décrit M. Moubarak, qui a régné sur l'Egypte pendant trois décennies, comme "un dirigeant tyrannique" qui a "répandu la corruption" et "ruiné le pays sans rendre de comptes".

Agé de 83 ans, M. Moubarak est en détention préventive dans un hôpital militaire de la banlieue du Caire. Il a une nouvelle fois comparu jeudi allongé sur une civière.

Le raïs déchu est jugé depuis le 3 août dans le cadre des poursuites après la répression du soulèvement contre son régime début 2011, qui a fait officiellement quelque 850 morts. L'ancien ministre de l'Intérieur, Habib el-Adli, et six de ses conseillers sont jugés en même temps que lui pour ces accusations.

L'ancien président est également inculpé de corruption, des accusations qui visent aussi ses fils Alaa et Gamal, jugés en même temps que lui.

M. Moubarak, dont le procès se déroule sous la protection d'un important dispositif de sécurité, est le premier dirigeant victime du "Printemps arabe" à comparaître en personne devant la justice.

M. Moubarak et les avocats qui assurent sa défense plaident non-coupable.
 

Première publication : 05/01/2012

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