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FRANCE

SeaFrance : La SNCF prête à reclasser les salariés en cas d'échec de la Scop

Vidéo par France 2

Texte par Dépêche

Dernière modification : 05/01/2012

Les salariés de l'entreprise de transport maritime ayant refusé d'utiliser leurs indemnités de licenciement pour créer une coopérative ouvrière (Scop), la SNCF s'engage à reclasser les salariés en cas d'échec d'une reprise de SeaFrance.

AFP - Les artisans du projet de coopérative ouvrière (Scop) pour SeaFrance ont renvoyé mercredi la balle dans le camp du président Nicolas Sarkozy, jugeant que sa proposition de racheter la compagnie de ferries en Manche avec des indemnités de licenciement n'était "pas faisable".

Mercredi soir, le président de la SNCF Guillaume Pepy s'est pour sa part dit prêt à proposer un reclassement dans l'entreprise à "l'ensemble des salariés" de SeaFrance en cas d'échec du projet de reprise de la Scop, porté par la CFDT.

M. Pepy a déclaré que les 880 salariés de SeaFrance menacés de perdre leur emploi pourraient retrouver une place à la SNCF "sans une journée de chômage", même si seul "un petit nombre" de salariés pourraient retrouver un emploi "sur place". Les emplois proposés ne seraient en outre "pas dans les mêmes métiers", a-t-il dit.

Les leaders de la CFDT, qui défendent le projet de la Scop, ont écrit que la solution esquissée lundi par le président de la République "ne peut être envisagée en raison de l'insécurité juridique qu'elle engendre", dans une lettre ouverte recensant toute une série d'obstacles juridiques, commerciaux et techniques.

"On ne refuse pas l'offre de Sarkozy, on le remercie même, mais on dit que ce n'est techniquement pas faisable", a dit à l'AFP Didier Cappelle, l'un des partisans de la Scop.

"Etant donné que ce qu'il a proposé n'est pas possible, on lui demande de faire une table ronde pour qu'il puisse sauver les emplois" en urgence. Le dossier de la Scop, pour laquelle il manque 50 millions d'euros, doit être rendu vendredi soir, avant une ultime audience lundi devant le tribunal de commerce de Paris.

Nicolas Sarkozy, qui suit de très près la question de l'emploi et des restructurations à trois mois de la présidentielle, a pris tout le monde de court lundi en décidant d'aider les SeaFrance, alors que ses ministres étaient peu optimistes.

Le président a demandé à la SNCF d'apporter son aide en versant des indemnités exceptionnelles aux salariés pour leur permettre de les réinjecter dans la coopérative.

Il a par ailleurs proposé que la SNCF rachète les bateaux afin de les relouer par la suite pour une somme modique à la Scop, seule offre en lice pour reprendre la compagnie qui emploie 880 personnes en CDI à Calais (Pas-de-Calais) et qui génère au moins autant d'emplois indirects.

En préalable à ces mesures, M. Sarkozy jugeait toutefois "inéluctable" la liquidation définitive de SeaFrance.

Candidat du PS à la présidentielle et rival de M. Sarkozy, François Hollande a dit "comprendre" la réaction de la CFDT : "Comment demander à des familles des salariés de mettre leurs indemnités de licenciement, fussent-elles abondées par une prime (...) pour devenir exploitants d'une entreprise dont ils n'auraient en définitive aucun actif en pleine propriété?".

Le ministre des Transports Thierry Mariani a au contraire fustigé "une très grosse impréparation" de la CFDT. "Ce que le gouvernement propose, c'est ce que les syndicats demandaient il y a trois semaines. On ne peut pas avoir sans cesse un partenaire qui change de position", a-t-il dit sur BFMTV.

Pour sa part, la présidente du Medef Laurence Parisot a reproché au tribunal de commerce d'avoir écarté l'offre de reprise de la compagnie déposée par le groupe Louis Dreyfus Armateurs (LDA).

Selon la Scop, les propositions du président Sarkozy engendrent "l'incertitude". "S'il y a liquidation, la SNCF ne pourra peut-être pas racheter les navires qui seront vendus aux enchères", a souligné M. Cappelle.

Les défenseurs de la Scop affirment toutefois que "des solutions existent" pour financer leur projet, par le biais d'un prêt remboursé en vendant un navire à une société d'économie mixte.

Depuis la mi-novembre, les quatre navires de Seafrance sont retenus à quai en raison de craintes pour la sécurité. Ses clients ont été récupérés par le concurrent britannique P&O ainsi que par Eurotunnel.

Première publication : 05/01/2012

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