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asie

Aung San Suu Kyi pourra se présenter aux législatives partielles

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 06/01/2012

La Ligue nationale pour la démocratie, le parti de l'opposante Aung San Suu Kyi, a été définitivement approuvé, ce jeudi, par les autorités du pays. Cela lui permettra de se présenter aux législatives partielles du 1er avril 2012.

AFP - L'opposante Aung San Suu Kyi a reçu jeudi le feu vert définitif du régime birman pour se présenter aux élections d'avril, témoignant de son espoir de voir émerger dans son pays, de son vivant, une véritable démocratie.

La lauréate du prix Nobel de la paix devait s'entretenir en fin de journée avec le chef de la diplomatie britannique, William Hague, en visite officielle un mois après son homologue américaine Hillary Clinton, pour tenter de conforter des réformes politiques spectaculaires.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND), co-fondée par Suu Kyi il y a plus de vingt ans mais dissoute en 2010 par la junte alors au pouvoir, a été autorisée comme parti politique au terme d'un marathon administratif qui durait depuis plusieurs mois mais dont l'issue ne faisait plus de doute.

"Maintenant, nous avons une chance de participer officiellement au processus démocratique", s'est réjoui le porte-parole du parti, Nyan Win.

Suu Kyi a passé la majorité de son temps privée de liberté depuis 1990. Mais son rapport avec le pouvoir a beaucoup changé après les élections de novembre 2010 et sa libération, une semaine plus tard.

Le gouvernement, dit "civil" quoique dominé par d'anciens militaires, a entamé un dialogue avec celle qui était il y a peu considérée comme leur pire ennemi. Elle avait déjà indiqué récemment qu'elle se présenterait, pour la première fois de sa vie, aux législatives partielles du 1er avril prochain.

Sur la sincérité des réformes en cours, la "Dame", 66 ans, s'est montrée très optimiste.

"Je pense qu'il y aura une élection pleinement démocratique de mon vivant, mais je ne sais pas combien de temps je vais vivre", a-t-elle déclaré à Rangoun lors d'une interview avec la télévision britannique BBC.

Interrogée sur le fait qu'elle brigue personnellement la fonction suprême, elle a en revanche répondu: "je ne suis même pas sûre que c'est quelque chose que j'aimerais faire".

"Je fais confiance au président mais je ne peux pas faire confiance à tout le gouvernement car je n'en connais pas tous les membres", a-t-elle ajouté. "Le plus important (...), c'est que (Thein Sein) est un homme honnête (...), capable de prendre des risques s'il estime qu'ils en valent la peine".

A Naypyidaw, William Hague effectuait de son côté la première visite de ce niveau d'un responsable de l'Union européenne depuis l'avènement du nouveau régime. Et il a mis le doigt sur l'une des principales revendications des Occidentaux ces derniers mois: le dossier des prisonniers politiques.

Quelques jours après une nouvelle amnistie qui n'en a concerné aucun, le ministre souhaitait "encourager le gouvernement à continuer sur la voie des réformes et évaluer ce que la Grande-Bretagne pourrait faire de plus pour soutenir ce processus", selon un communiqué.

Après un entretien avec son homologue Wunna Maung Lwin, il a indiqué que ce dernier avait "réaffirmé ses engagements déjà prononcés sur la libération des prisonniers politiques".

"Il a dit que les changements étaient irréversibles et je salue cette façon de penser", a ajouté le Britannique selon la BBC. "J'ai souligné que le monde jugerait le gouvernement sur ses actions".

Hague a pris ensuite un avion pour Rangoun où il devait s'entretenir avec Suu Kyi. Tous deux devaient dîner ensemble à la résidence de l'ambassade avant de se revoir vendredi matin pour une réunion de travail.

L'Occident manifeste un engouement très fort, quoique teinté de prudence, à l'encontre du nouveau gouvernement, arrivé au pouvoir en mars 2011 dans un pays où les militaires ont tenu le pays en coupe réglée depuis un demi-siècle.

William Hague a entendu un discours dont nul n'aurait osé rêver il y a seulement un an, qui plus est à l'encontre de l'ancienne puissance coloniale.

Shwe Mann, président de la chambre basse, considéré comme un des hommes les plus puissants du pays, lui a demandé des "critiques constructives" sur le processus d'ouverture. "Nous espérons en particulier que vous nous donnerez de bons conseils pour la transition démocratique".
 

Première publication : 06/01/2012

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